P2P, Torrent : souriez, la NSA vous surveille

Depuis au moins 2005, la NSA suit attentivement l’activité des réseaux peer-to-peer (P2P), rapportent des documents détenus par Edward Snowden, ex-membre de l’agence de sécurité américaine, actuellement en exil en Russie.

KaZaA, eDonkey, LimeWire ou eMule, autant de logiciels qui avaient le vent en poupe au début des années 2000. Tous étaient connus pour servir de plateforme au partage illégal de films, musiques ou jeux vidéo. Ce que l’on sait moins, c’est que certains les utilisaient pour faire transiter des données sensibles et « pas simplement pour des fichiers inoffensifs de musique ou cinéma », rapporte un document d’Edward Snowden. À des fins d’espionnage, ils ont tous été passés au crible par les agents de la NSA. « Nous avons développé la capacité de déchiffrer et décoder le trafic KaZaA et eDonkey pour savoir quels fichiers ont été partagés et quelles requêtes ont été envoyées », ajoute le rapport.

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En ressortaient de nombreuses informations privées telles que « des adresses email, des codes pays, des noms d’utilisateurs, des lieux où les fichiers ont été téléchargés et une liste de recherches récentes ». Autant de données qui permettaient de former des fiches plutôt complètes des utilisateurs et potentielles cibles de la NSA. Le document de Snowden précise que l’agence ne se limitait pas aux réseaux P2P et qu’elle s’intéressait également aux services légaux comme MSN Messenger, Windows Messenger ou encore Yahoo Briefcase.

Des démarches qui ont été copiées de notre côté de l’Atlantique par Quartier général gouvernemental des communications britannique (GCHQ), comme le rapporte un Wiki publié en 2010 par The Intercept. Ceux-ci sont même allés plus loin, ne se contentant pas d’un rôle passif. Ils ont mis au point un système (Plague Rat) permettant de « délivrer du contenu sur mesure à une cible ». Juste retour des choses, c’est ensuite la NSA qui s’est inspirée de cet outil pour créer son programme Grimplate, lequel surveille les activités BitTorrent des employés du Department of Defense. En extrapolant un peu, on imagine sans peine que les Newsgroups et le direct download ne doivent pas être épargnés par la surveillance accrue des gouvernements.

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