Presse en ligne : encore une histoire d'éthique ?

Internet donne la parole à tous, du plus grand quotidien national au plus analphabète des skybloggers, et il semble que cela pose problème. La presse s’estime attaquée sur son terrain et l’Etat se sent très concerné par la question. Aussi le ministère de la culture s’est lancé dans la recherche d’une solution, juste après la déferlante DADVSI. Le rapport rendant compte de celle-ci vient de tomber et semble bien parti pour lancer un nouveau débat vrombissant, ce dont RDDV a maintenant l’habitude.

De mauvaises solutions...

La bonne nouvelle c’est que le cadrage juridique est jugé "impossible" en raison de la "réalité du fonctionnement d’Internet". On aurait sans doute préféré que la raison avancée soit que cela était démocratiquement dangereux, seulement quand il s’agit du quatrième pouvoir, on marche sur des œufs. Mais le point vraiment important est le rejet de la solution initialement proposée, à savoir la mise en place d’un "mode de reconnaissance des sites gérés par des entreprises de presse". Marc Teissier, signataire du rapport, expose en effet qu’une telle mesure serait "méconnaître le fait que l’information sur Internet n’est pas seulement l’apanage" des entreprises de presse. L’information de qualité n’est pas réservée aux majors de la presse, on respire.

... au mauvais problème ?

Le rapport reste toutefois ambiguë sur certains points, proposant que le gouvernement s’appuie sur un tel label pour attribuer les aides publiques à condition qu’il soit "gérée au niveau des acteurs eux-mêmes en couvrant un champ le plus large possible". Cette proposition implique de partir du principe que le journalisme citoyen est un problème, ce qui irrite les principaux défenseurs de la liberté numérique. Ainsi la ligue Odebi estime qu’un tel projet de label "n’a tout simplement pas lieu d’être dans une démocratie", ne faisant qu’exprimer "les menaces que le gouvernement fait peser sur la liberté d’expression et d’information".

Enfin, il faut savoir qu’il existe déjà une séparation entre les organes de presse officiels et les alternatifs : la carte de presse. Les vendeurs d’information qui disposent de cette facilité ont un avantage certain, ayant accès à des sources plus récentes et fiables, plus rapidement et aisément. Si l’internaute va malgré tout trouver ce qui lui convient le mieux sur les pages d’un autre site, ne serait-il pas temps de se remettre en cause ?

Posez une question dans la catégorie News du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
12 commentaires
    Votre commentaire
  • derfull
    Un label, qui donnerait droit a des subventions...

    Ça ma rappelle l'histoire des radios libre, enfin pas toutes, mais certaines !

    Contrôlons, contrôlons, et si pas satisfait, oh bah plus de subvention, donc arrêt subite de tout ou parties des activités
    0
  • H-hich
    J'aime le ton de l'article :) Ca va deplaire aux skyblogers par exemple et c'est ca qui est bien :)
    0
  • cool0
    D'autant plus qu'un organe officiel d'information n'est, aujourd'hui, plus gage d'une fiabilité et d'une crédibilité sans faille, loin sans faut ! (l’affaire Enderlin et France 2, cette même chaîne qui avait repris sans vérifications, un fake sur Internet concernant un suicide massif en Asie par ingestion de poche en silicone tout comme libé d'ailleurs)...

    Ce pays dégage de plus en plus une atmosphère nauséabonde, avec cette ponte permanente de nouvelles lois censées dicter au citoyen ce qu'il a le droit de dire ou de penser...
    0