Yahoo!, moteur de recherche judiciaire

Infos-du-Net.comYahoo! prouve qu'il peut vraiment aider à tout trouver puisqu'il permettrait depuis au moins trois ans à la police chinoise de mettre la main sur des dissidents politiques. Le marché asiatique étant parcouru de remous plus ou moins démocratiques, le débat sur la limite entre la sécurité et la liberté est plus que jamais mis en avant par les actions des plus gros brasseurs d'information du monde.

Je vois tout, je sais tout

De nos jour un moteur de recherche n'est plus juste un champ pour taper son mot clé et un bon gros serveur derrière qui vous sert les résultats. Aujourd'hui on aurait plutôt à faire des portails d'accès qui offrent de multiples services : flux RSS, boîtes e-mail, messageries instantanées... Une source incommensurable de données qui, même en France, peut être examinée sur la demande d'un juge.

Dans le cas de la sino-version de Yahoo!, avoir fourni le moyen d'identifier Shi Tao condamné l'année dernière à 10 ans de prison pour « divulgation de secrets d'Etat » était apparement loin d'être une première. Cette révélation nous vient tout droit des avocats de Li Zhi, autre dissident condamné à 8 ans de prison en 2003 pour «tentative de subversion du système socialiste». En effet son chef d'accusation contient la mention de trois tentatives d'adhésion au Parti Démocratique Chinois (interdit par loi), action qu'il a commise par e-mail et ne peut donc être connue qu'au travers d'une aide du géant américain.

Mary Osako, porte-parole de la marque, affirme n'avoir aucun contrôle sur la question : «Les gouvernements ne nous informent pas de l'usage qu'ils feront des informations fournies à leur demande, nous ignorons s'il s'agit d'une affaire de meurtre, de kidnapping ou d'un autre crime.» Un argument que Reporters sans Frontières à du mal a approuver : «Yahoo! savait certainement qu'il contribuait à l'arrestation de dissidents politiques et de journalistes, et pas seulement de criminels ordinaires». Difficile de nier en effet, puisque le monde entier suit l'évolution des pratiques totalitaires d'un des concurrents commerciaux les plus dynamiques de cette dernière décennie.

Une marge de manoeuvre limitée

Et il est vrai que si les compagnies veulent s'implanter, elles n'ont pas d'autre choix que de se conformer à la législation locale. Si une entreprise chinoise s'implentait en France, on crierait au scandale si elle ne se pliait pas aux obligations européennes. Dans tous les cas, les investisseurs peuvent difficilement se soustraire à l'emprise du pouvoir. Google, pour ne pas le citer, avait bien tenté d'esquiver la demande de censure du gouvernement de l'Empire du Milieu, mais avait finalement cédé. Une censure d'ailleurs (volontairement ?) inefficace puisque taper les requêtes en majuscule rendait caduque le filtre, ce qui lui a valu les foudres des dirigeants.

Aux Etats-Unis on voit d'ailleurs aussi de très nombreux capitaux partir vers l'Ouest, impliquant une collaborations avec les autorités communistes : Cisco a vendu matériel et programmes de contrôle pour Internet tandis que Microsoft a supprimé un blog jugé dissident il y a trois mois. Un débat sur les «responsabilités éthiques» des compagnies traitant avec la Chine doit amener le Congrès américain à se réunir dans les prochaines semaines. Passer a côté d'un marché d'un milliard de consommateurs appartenant à une des futures grandes puissances mondiales, c'est mauvais pour les affaires...

Sources : Liberation.fr
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4 commentaires
    Votre commentaire
  • calfou
    décidement on arretera jamais le progrès..
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  • adilelgh
    Laissons faire ce que la Chine veut faire...
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  • Zupi
    Democratie quand tu nous tiens :)

    Un ange passe ...
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