Alien: Covenant : la geek critique

En 2012, Ridley Scott nous faisait la surprise d’étendre la franchise d’Alien, laissée en suspens depuis la sortie du quatrième film en 1997 (si on ignore ces étranges expérimentations qu’étaient les Alien vs Predators). C’est dans ces conditions que sort Prometheus, une préquelle qui ne s’assumait pas totalement, et dont le scénario un peu bancal apportait plus de questions que de réponses. C’est pour répondre à ces questions, et faire enfin le lien avec le film de 1979, que Ridley Scott a passé ces dernières années à travailler sur Alien: Covenant. Ce nouveau film parviendra-t-il donc à réconcilier les fans d’Alien, déçus par le film de 2012, avec une des franchises les plus acclamées des années 80 ?

5 raisons d’aller voir (ou pas) Alien: Covenant

Le pitch : Le Covenant est un vaisseau colonisateur en route pour la planète Ominae-6, à plusieurs années de voyage de la Terre. À son bord : 2000 colons accompagnent l’équipage en vue de créer une colonie sur la planète inhabitée. Mais un incident en cours de route poussera l’équipage à dévier sa course : un message qui semble être d’origine humaine a été capté sur une planète à proximité, qu’ils décident d’explorer. Une fois sur place, ils vont rapidement découvrir que ce décors paradisiaque héberge en réalité une des menaces les plus mortelles de l’univers.

Oui - Parce qu’on a enfin un vrai film Alien

Les spectateurs sont prévenus dès le titre : Alien: Covenant assume pleinement son statut de film à inscrire dans l’univers d’Alien. Cette fois, les différentes références aux précédents films de la franchise sont très bien amenées, et surtout, on retrouve avec grand plaisir tout ce qui a fait le succès et le sel de la saga Alien : un monstre dangereux et effrayant, une mythologie complexe, des rebondissements permanents et une tension constante, le tout rythmé avec une précision d’horloger. Sur ce dernier point, Ridley Scott avait déjà montré tout son talent dans la maîtrise de l’action et des temps morts dans le premier Alien en 1979, et confirme en 2017 qu’il ne s’agissait pas d’un coup de chance : passé un démarrage assez calme, on ne n’ennuie jamais, et le scénario se déroule en nous laissant juste ce qu’il faut de temps pour reprendre notre souffle.

Si l’absence de vraie prise de risque de la part du réalisateur pourrait passer pour un défaut, les fans ne pourront que saluer ce retour aux sources tant attendu, et se trouver rassurés par le fait que la franchise Alien est toujours au top, et que Prometheus n’était finalement qu’un faux pas sur la route.

Oui - Parce que ça réhabilite Prometheus…

Si Ridley Scott a pu limiter les risques côté action et mise en scène, il était en revanche plus périlleux de raconter une bonne histoire pour relier Prometheus à Alien. La difficile tâche a été confiée à Michael Green (Green Lantern, Logan, Blade Runner 2049) et John Logan (Star Trek : Nemesis, Skyfall, Spectre), entre autres. Le pari n’était pas gagné d’avance, et pourtant une fois à l’écran, l’histoire parvient à créer un lien cohérent entre les deux films, racontant à la fois l’histoire d’Elizabeth Shaw et de David, derniers survivants du Prometheus, et de l’équipage tout frais du Covenant.

Alien: Covenant réussi donc à apporter un certain nombre de réponses aux questions posées par Prometheus tout en racontant sa propre histoire sur une nouvelle planète. La crédibilité de cette histoire n’est d’ailleurs pas gâchée par le jeu d’acteur assez convaincant proposé par les différents membres de l’équipage qui, à l’exception de Michael Fassbender, assument parfaitement le rôle de victimes inéluctables d’une bête sanguinaire.

Oui et Non - …Mais qu’on aurait aimé en savoir plus

Alien: Covenant clos donc le chapitre Prometheus, mais il ne manque évidemment pas d’ouvrir le sien au passage, avec ses propres questionnements et ses propres problèmes. Certes, les fans d’Alien seront ravis d’en apprendre (beaucoup) plus sur leur monstre préféré et la création de celui-ci, mais cette qualité intrinsèque ne doit pas éclipser un certain défaut du film.

Alien: Covenant n’est en effet que le premier film d’une trilogie dont la chronologie s’inscrira entre Prometheus et l’Alien de 1979. Il reste donc encore deux films à paraître avant que Ridley Scott ait fini (pour l’instant) de raconter son histoire, et la conséquence logique, c’est qu’Alien: Covenant se garde bien d’apporter toutes les réponses possibles à ses spectateurs. Pour tout savoir, il faudra donc faire preuve de patience, une patience que le cliffhanger final très réussi met à rude épreuve.

Non - Pour l’overdose de Michael Fassbender


Alien: Covenant
a une petite particularité dans son casting, à savoir que les deux androïdes Walter et David, provenant respectivement des expéditions Covenant et Prometheus, sont tous les deux joués à l’écran par Michael Fassbender. Il n’est pas question de remettre en cause ici les qualités d’acteur de Fassbender, dont il n’a plus à faire les preuves, et qui est d'ailleurs très bon pour la majeure partie du film. Mais le voir jouer le rôle de deux androïdes face à face donne lieu à quelques scènes assez étranges.

On assiste à la découverte des deux androïdes à l’histoire et aux buts différents et à la relation complexe qu’ils vont développer. Au final, Michael Fassbender a l’air aussi mal à l’aise à devoir jouer en face de lui-même que nous le sommes dans notre siège à regarder le spectacle.

Oui - Parce que les monstres ont toujours la classe

La saga Alien ne serait certainement pas aussi emblématique sans son fameux xénomorphe, créature issue du cerveau génial de H.R. Giger. Alien: Covenant ne fait évidemment pas exception, et nous offre donc de découvrir une nouvelle espèce de monstre, à mi-chemin entre l’Alien brutal et animal des premiers films, et les créatures plus esthétiques de Prometheus. Celles-ci ne sont pas dépourvues de violence, et jouent très bien leur rôle de prédateurs terrifiants.

Ceci dit, le véritable adversaire de nos héros n’apparaîtra pas tout de suite, et présentera une apparence beaucoup plus proche de celle que nous connaissions jusqu’à maintenant. Comme un clin d’oeil de plus aux fans de la première heure, ce dernier alien ressemble ainsi beaucoup plus à la création originale de H.R. Giger, pour qui il s’agit du premier film montrant sa créature depuis son décès en 2014. Un clin d’oeil qui passe également pour un hommage de la part de Ridley Scott à destination du dessinateur qui lui a fourni un des monstres les plus marquants du cinéma.

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2 commentaires
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  • Alienous11
    Cet article est une blague ?

    "Le monstre, toujours aussi beau et effrayant" : non justement, le monstre est à 98% du film un gros CGI qui gesticule de partout et qui ressemble plus à un grosse araignée qu'à un véritable monstre intelligent qui utilise le décor pour se cacher et surprendre sa proie.

    " l’histoire parvient à créer un lien cohérent entre les deux films" : l'auteur veut sans doute parler des 30 secondes chrono consacrées dans le film au destin des ingénieurs ? Joli lien en effet et non un gros foutage de gueule

    "cliffhanger final très réussi" : ... sans commentaire

    "on ne n’ennuie jamais" : c'est vrai que dans la partie centrale, où on assiste pendant 40 minutes à un pique-nique dans une citée en ruine avec des personnages aux réactions toutes plus incohérentes les unes que les autres, on ne s'ennuie pas une seconde
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  • Anonyme
    Alienous11, je crains en effet que cet article soit une vaste fumisterie ! Comment pourrait-il en être autrement vu la médiocrité de ce film sur tous les plans ?
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