Blade Runner 2049 : la Geek Critique

Le pitch : alors qu'en 2019 (époque à laquelle se déroule le premier Blade Runner), la Tyrell Corporation semblait dominer le monde, la Terre a connu un an plus tard un véritable cataclysme. En 2049, c'est désormais une autre compagnie qui tire les ficelles, dirigée par une main de fer par l'inquiétant Neander Wallace (Jared Leto). Son entreprise a repris l'activité de la Tyrell Coroporation en améliorant les androïdes et en décuplant la production. Ils sont désormais partout, mais pour maintenir l'ordre, les Blade Runners continuent à pourchasser et à désactiver les plus rebelles d'entre eux. L'officier K (Ryan Gosling) est l'un de ces Blade Runners, et mène sa mission au quotidien sans trop se poser de question. Jusqu'au jour où, au hasard d'une interpellation avec un Replicant, il découvre un curieux objet près de la ferme de ce dernier...

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5 raisons d'aller voir (ou pas) Blade Runner 2049

Voilà quelques années que l'on parle d'une suite de Blade Runner. Ce devait être Ridley Scott qui devait la réaliser, mais c'est finalement Denis Villeneuve qui s'en est chargé (Ridley Scott était occupé par Alien). Mission impossible pour le réalisateur ? S'il y a un film qui est devenu culte au fil des ans, lui qui n'avait pourtant pas connu le succès à sa sortie, c'est bien Blade Runner. Oser s'attaquer au « mythe » de Ridley Scott en proposant une suite, c'est une hérésie pour ses fans, et c'est un défi auquel très peu de réalisateurs ont voulu se heurter. Alors, Denis Villeneuve a-t-il réussi son pari ou le film promet-il d'être un cuisant échec ?

1 - Oui, parce que le film est magnifique du début à la fin

Blade Runner (le film d'origine), c'est avant tout une ambiance très particulière, un polar avec des décors futuristes, mais aussi crasseux et post-apocalyptiques. La suite transcende le genre et il est quasi-impossible de ne pas s'extasier devant les innombrables séquences tantôt poisseuses, tantôt hyper-technologiques, qui parsèment les 2 heures 30 que dure le film. Blade Runner 2049 est tout bonnement magnifique, chaque plan révélant toujours plus de détails sur ce monde au bord du gouffre et totalement déshumanisé. L'autre tour de force, c'est que le film mêle subtilement images de synthèses, décors désœuvrés et huis clos avec les acteurs. On passe du dehors au-dedans sans s'en rendre compte, se laissant bercer par l'enquête menée par l'agent K et son questionnement sur sa véritable identité. Un époustouflant par sa mise en scène et ses décors, en somme.

2 - Oui, parce que Ryan Gosling est criant de vérité

Pas spécialement habitué aux polars, et encore moins aux films de SF, Ryan Gosling s'en sort avec brio. Si l'on ne peut s'empêcher de penser par moment au rôle tenu par Harrison Ford 35 ans avant lui (même côté « Loup solitaire », même « spleen » face à la société qui l'entoure), la comparaison s'arrête là. Le personnage est bien plus complexe qu'il n'y paraît, et le film va de révélation en révélation. L'acteur n'en fait pas des tonnes, ne tente pas le moindre cabotinage quand il se retrouve face à son aîné et se révèle très juste dans son interprétation. Tantôt très touchant, tantôt d'une froideur implacable, le personnage de l'agent K devient en l'espace d'un film un protagoniste aussi culte et attachant que son prédécesseur.

3 - Oui et non pour les hommages que le film tente de rendre au premier volet

Si 30 ans séparent les histoires de Blade Runner et Blade Runner 2049, impossible pour le second film de faire l'impasse sur le premier. La musique tonitruante rappelle furieusement les synthés de Vangelis, tout comme la surabondance quotidienne de la technologie, des lieux de perdition et des néons publicitaires qui illuminent totalement la ville. Bref, on est plongé une nouvelle fois dans cette vision qu'avait Ridley Scott du futur, un futur qui fait froid dans le dos et dans lequel il ne fait décidément pas bon vivre. Il y a donc une réelle continuité entre le premier et le second volet, et c'est plutôt une très bonne chose. Néanmoins, le film en fait un peu trop et ne parvient pas toujours à trouver sa réelle identité. Non pas qu'il s'agisse d'une pale copie du premier, loin de là. Mais Denis Villeneuve s'appuie parfois un peu trop sur le premier opus dans sa conception linéaire, tout comme dans son personnage principal. Afin de ne pas décevoir les fans, la prise de risque est finalement minimale et l'ensemble trop convenu pour crier au miracle cinématographique.

4 - Non pour les longueurs de la première partie

Si, avec Blade Runner 2049, on est immédiatement plongé dans un univers futuriste et déshumanisé, le film tire parfois en longueurs. Certaines scènes n'apportent aucun élément et se veulent simplement « contemplatives ». Certes, les décors sont splendides et tout est calibré au millimètre près, mais l'intrigue est trop longue à se mettre totalement en place. On se dit que tout ceci permet en réalité de s'attarder sur la psychologie des personnages, mais non. Car en dehors de l'agent K, les autres personnages ne sont guère développés. On aurait par exemple apprécié que le réalisateur se penche sur le cas du méchant de l'histoire, Neander Wallace. Pas de chance : la caméra du réalisateur préfère s'attarder son héros, même quand il ne se passe rien. Enfin, dernier petit reproche : les toutes dernières minutes du film sont pleinement dispensables. Impossible de s'étendre sur le sujet sans vous spoiler l'intrigue, mais on aurait quand même aimé que le réalisateur s'affranchisse totalement des exigences d'Hollywood en matière de blockbuster et nous offre un final tout en suspens... ou en apothéose.

5 - Oui parce que c'est bien de retrouver Harrison Ford, mais non parce qu'il joue un peu trop les figurants

Les fans du grand Harrison Ford seront probablement ravis de retrouver l'acteur dans l'un des rôles les plus marquants de sa carrière, celui de Rick Deckard. Si la présence de l'acteur est une excellente nouvelle, et que la façon dont son personnage est introduit est bien amenée, on regrettera néanmoins qu'il joue un rôle trop secondaire. D'autant qu'une bonne partie du film se déroule sans lui. Mais ne boudons pas notre plaisir, Blade Runner 2049 reste malgré tout un bon film et une belle réussite si l'on considère que faire mieux, ou même aussi bien que le premier, était de toute façon perdu d'avance. Et si vous souhaitez en apprendre davantage sur ce qui s'est passé entre Blade Runner et Blade Runner 2049, jetez un oeil aux trois courts-métrages en libre accès que sont Black Out 2022, 2036 Nexus Dawn et 2048 Nowhere to Run.

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