[Test] Canon 5D MK IV : on a testé le reflex à New York !

Afin de voir ce que la dernière version de la série 5D de Canon a dans le ventre, nous avons décidé de compléter notre batterie de tests habituelle par des prises de vues en conditions de voyage. Pour ce faire, nous avons jeté notre dévolu sur New York où nous avons pu jauger la qualité technique de la réponse apportée par Canon à une concurrence féroce.

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Une très bonne qualité d’image

Nous en avions l’eau à la bouche dès que la nouvelle est tombée : quelques jours à se promener librement dans New York avec pour seul objectif de réaliser des images avec le 5D MkIV, un régal en perspective. Et nous n’avons pas été déçus, car disons-le d’emblée, le petit dernier de chez Canon a de sérieux atouts à faire valoir comme on peut le voir sur ces images :

Pour info, toutes les images de New York utilisées pour illustrer cet article sont issues de fichiers JPEG non retouchés (simplement redimensionnés), à l’exception de l’image d’illustration générale de l’article qui a été l’objet d’un travail de densité global, de contraste et de colorimétrie localisée.

En proposant une définition de 30 mégapixels sur le 5D MKIV, Canon comble enfin le trou dans sa gamme entre 22 mégapixels du 5D MKIII et les 50 des 5DS/5DSR. Il est associé à une puce Digic 6+ et sans surprise le rendu colorimétrique est de très bon niveau.

L’augmentation de la résolution ne s’accompagne pas ici d’une dégradation de la qualité lorsque la luminosité chute par rapport à la très bonne version précédente. En effet, sur les fichiers Raw développés sans correction particulière dans DDP (le logiciel constructeur fourni avec l’appareil), les images sont exemptes de bruit jusqu’à 800 iso. À partir de 1600 iso il devient perceptible uniquement à 100% sur un écran et la montée se fait ensuite progressivement jusqu’à 25600 iso (voir détails en page 2). 

C’est particulièrement appréciable en conditions de voyage, car même en intérieur dans des conditions de luminosité faible comme on peut photographier en JPEG à 2000 iso dans un musée en toute tranquillité voire même à 3200 iso, comme c’est le cas dans cette église :

Prise de vue au Musée d'histoire naturellePrise de vue au Musée d'histoire naturelleIntérieur de la cathédrale St Patrick à New YorkIntérieur de la cathédrale St Patrick à New York

Par ailleurs, nous pouvons également apprécier sur cette image très contrastée la belle dynamique offerte par le nouveau capteur :

Petite nouveauté, grâce à la nouvelle structure des photosites, le 5D MkIV offre à l’utilisateur un nouveau format de fichier, le Dual Pixel Raw, plus lourd et qui utilise le dédoublement des photosites pour permettre à l’utilisateur d’agir en postproduction sur la zone de netteté, sur la perspective du flou d’arrière-plan, sur les images fantômes parasites ou la netteté. En pratique les possibilités de ces différentes corrections sont assez limitées et, à part dans le cas d’un très léger décalage du point de quelques millimètres, leur utilité reste pour le moment assez obscure, mais rien ne dit que certains utilisateurs n’y trouveront pas un intérêt dans certains cas précis.

Des performances de très haut niveau


Comme sur le modèle précédent, l’obturateur du 5D Mk IV autorise des prises de vue d’une durée allant de 30 secondes au 1/8000e, une synchronisation avec les flashes externes au 1/200e et un mode silencieux plutôt efficace (même si les hybrides dépourvus de miroir sont de ce point de vue souvent plus intéressants). La seule évolution véritable vient donc de la vitesse en rafale puisqu’on passe de 6 à 7 images par seconde. Pour une pratique généraliste, la différence n’est pas énorme, mais les professionnels qui couvrent des évènements sportifs de temps en temps devraient être satisfaits. Pour ces spécialistes, par nature très exigeants en la matière, le 1DX MkII ou le 7D MkII constituent les vraies solutions chez Canon.


L’augmentation de la définition à 30 mégapixels pose par ailleurs un autre défi mécanique : les mouvements deviennent de plus en plus visibles à mesure que la définition augmente (à taille de capteur égale). La mécanique interne du boitier (et notamment la cinétique du miroir) doit donc être pensée pour produire le moins de vibrations possible afin de ne pas provoquer de flou lors de prises de vue sans trépied, surtout que le 5D MkIV se veut être un reflex professionnel polyvalent.

Selon nos tests réalisés à main levée avec un 50mm non stabilisé sur une grille, les ingénieurs maison ont réussi leur coup. En effet, nous avons obtenu 100% d’images nettes jusqu’au 1/160e de seconde, 80% d’images nettes et 10% acceptables au 1/125e et 70% d’images utilisables (dont 50% de nettes et 20% d’acceptables) jusqu’au 1/80e. À partir du 1/60e les choses deviennent plus compliquées avec encore une majorité d’images utilisables jusqu’au 1/40e de seconde (20% nettes et 40% acceptables).

Ces résultats ne sont certes pas reproductibles, car ils dépendent beaucoup de la stabilité des mains du photographe. Néanmoins, à objectif et opérateur constants nous avons obtenu de meilleurs résultats au 1/100e de seconde avec le 5D Mk IV qu’au 1/320e de seconde avec le 5DSR (au capteur doté de 50 mégapixels). Même en considérant la différence de résolution, on peut constater une nette amélioration.

À titre d’exemple, voici des exemples d’images nettes, acceptables et floues :

NetNetAcceptableAcceptableFlouFlou

Une conception solide et soignée

Dès le premier contact, la ressemblance avec son illustre aîné le 5D MK III saute aux yeux. Les deux boitiers sont en effet très proches et il faut vraiment être attentif pour remarquer les quelques millimètres de différence qui existe entre les coques des deux versions. Toujours doté d’une très bonne préhension grâce à une poignée bien dimensionnée et recouverte d’un revêtement granuleux antidérapant, le 5D Mark IV réussit tout de même le tour de force d’être à la fois plus léger (d’environ 145g) et doté d’un niveau de protection aux intempéries supérieur grâce à l’adjonction discrète de nombreux joints supplémentaires. En digne représentant de la famille 5D, cette mouture fait l’impasse sur le flash intégré, c’est d’autant plus dommage que certains modèles concurrents (ex : D810) en proposent un.

La visée est un vrai bonheur : claire et spacieuse, elle propose un dégagement oculaire de 21mm pour un grossissement de facteur 0,71 et une couverture à 100%. Nous ne pouvons qu’applaudir.

Du point de vue connectique, là encore c’est du classique et la distinction avec le Mark III est subtile : une prise trois broches pour une télécommande fait son apparition, la sortie USB évolue vers le 3.0, une progression bienvenue vue l’augmentation du poids des fichiers. De même, la conservation du double standard de carte SD et CF est très appréciable.

La sortie vidéo est par contre un motif de reproche : comme sur le modèle précédent elle reste cantonnée au Full HD alors que la 4K est ici proposée, un choix difficilement compréhensible.

Au chapitre des regrets, les petites évolutions ergonomiques rendent incompatible la poignée d’alimentation de la version précédente, et il faudra tout de même débourser près de 400 euros pour acquérir le nouveau modèle BG-20.

La batterie par contre ne change pas, ce que nous saluons, même si une légère baisse d’autonomie due à une consommation moyenne en hausse est à noter.

Une ergonomie éprouvée encore améliorée

Sur le dessus on retrouve exactement la même disposition fonctionnelle des commandes que sur la version précédente, nous ne nous étendrons donc pas dessus si ce n’est pour signaler que les touches permettant d’accéder à deux fonctions ont leurs supporters et leurs détracteurs et que les canonistes ne seront pas dépaysés.

Même remarque pour la face arrière où à la section commandes rien de sensiblement nouveau n’est à signaler si ce n’est une touche placée sous le joystick et qui permet de changer de mode de sélection des zones AF.

L’écran arrière connaît par contre une belle évolution puisqu’en plus d’une augmentation sensible de sa résolution à 1 620 000 points, il est désormais tactile, un vrai avantage pour la sélection du sujet net en liveview comme en vidéo et la navigation dans les menus.

Enfin, signalons la présence d’un module wifi intégré qui permet un pilotage à distance assez complet du boîtier (avec une restriction : l’objectif n’est pas motorisé électriquement contrairement à ce qui existe sur certains hybrides, il n’est donc pas possible de zoomer à distance, mais c’est toujours le cas en plein format) ainsi que d’une puce GPS.

Pour résumer, le 5D Mk IV se place du point de vue de son pilotage dans la continuité de la version précédente en y ajoutant des améliorations bien senties.

Un boitier de très haute qualité, mais à quel prix ?

En effet, si tous les fabricants ont choisi d’augmenter leur marge sur la vente de chaque unité en raison de la chute structurelle des volumes de vente, Canon franchit ici un cap. La baisse très limitée du coût à l’achat du modèle précédent était déjà difficile à accepter, mais proposer ce boitier à plus de 4000 euros sans objectif nous semble difficilement justifiable alors que l’esprit originel de la gamme 5D était de rendre le plein format plus accessible. À moins qu’une réelle évolution tarifaire dans le temps ne soit envisagée, ce que la politique commerciale globale de Canon ne laisse nullement entrevoir, nous ne pouvons que déplorer ce choix.

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