Cigarette électronique : 11 choses à savoir sur le vapotage

Quels risques pour la santé ?

L'OFT indique que la cigarette électronique est moins dangereuse pour la santé que le tabacL'OFT indique que la cigarette électronique est moins dangereuse pour la santé que le tabacLa cigarette électronique suscite énormément de discussions parmi les professionnels de la santé. Si selon certains, les produits utilisés dans le e-liquide ne peuvent pas être plus dangereux que les additifs au tabac, d’autres redoutent un éventuel retour de bâton et préfèrent, en l’absence de recul, appliquer le principe de précaution. Les études se succèdent et se contredisent parfois. Voici un état des lieux des différentes sources sur le sujet.

Rapport de l'OFT : la voix du gouvernement

Un rapport de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT), remis à la ministre de la santé en mai dernier, indiquait que les cigarettes électroniques « semblent réduire les dommages lorsqu’elles remplacent la cigarette ». Les auteurs du rapport regrettent néanmoins qu’aucune étude indépendante de plus de six mois n’ait eu lieu sur l’utilisation de la cigarette électronique et recommandent que « toutes les études concernant l’efficacité de l’e-cigarette dans l’aide au sevrage tabagique et l’innocuité de son utilisation à long terme [soient] encouragées ».

Concernant les risques de la cigarette électronique pour les non-fumeurs, il n'existe aucune preuve de tabagisme passif. Lorsqu'il vapote, le fumeur de cigarette électronique va conserver environ 25 % des produits inhalés et en rejeter 75 %. Néanmoins, la fumée expirée étant essentiellement constituée de vapeur d'eau, de propylène glycol et de glycérine végétale, elle disparaîtra dans la minute suivant son expiration.

La vapeur peut également contenir de la nicotine qui peut être inhalée par les personnes présentes autour du vapoteur. Ainsi, l'Office français de prévention du tabagisme indique dans son rapport que « la nicotine est retrouvée dans le sang et les urines des non-fumeurs non-vapoteurs exposés passivement au vapotage ». Même si le taux de nicotine retrouvé reste inférieur à celui dû à une exposition au tabac, l'office précise que « les études de vapotage passif ne sont pas standardisées et doivent être poursuivies ».

60 millions de consommateurs : « substances très préoccupantes »

D’après une étude de l’association 60 millions de consommateurs publiée fin août 2013, la cigarette électronique serait toutefois loin d’être inoffensive pour la santé. L’association a en effet effectué des prélèvements très précis sur « une dizaine » de produits et de liquides, dont certains sans nicotine, et y a décelé des « substances très préoccupantes ». « L’absence de tabac ne signifie pas que ces produits ne présentent pas, de manière intrinsèque, des risques pour la santé », explique l’association qui affirme avoir découvert dans la vapeur inhalée du formol, une substance cancérigène et polluante, mais également des métaux lourds ou de l’acétaldéhyde. Plus inquiétant encore, les étiquettes des flacons de e-liquide ne semblent pas fiables, indiquant souvent un taux nicotinique supérieur au taux constaté et parfois même du propylène glycol alors qu’il n’est pas mentionné.

Interrogée par Le Figaro, la journaliste rapportant l'étude de 60 Millions de Consommateurs se veut toutefois plutôt rassurante et affirme ne pas remettre en cause le rapport de l'OFT : « On n’a pas de tabac dans une cigarette électronique donc on n’a pas tous les composants toxiques du tabac. Pour autant, jusqu’à présent, on n’avait pas mis au point de dispositif qui permettait de recueillir de manière optimale ce qui est émis dans ces vapeurs »

Par ailleurs, cette étude a été vivement contestée, notamment par deux experts interrogés par Les Échos début septembre 2013 : «  “60 Millions de consommateurs” s’est complètement trompé de cible ». « Passer de la cigarette traditionnelle à la cigarette électronique réduit le risque d’au moins 99 % », affirme ainsi Antoine Flahault, professeur de médecine à l’université Paris Descartes et à l’Hôtel-Dieu.

Plus efficace que le patch d'après une revue scientifique

Une étude scientifique publiée le 8 septembre dernier dans la revue britannique The Lancet conclue que la cigarette électronique est plus efficace que le patch nicotinique pour accompagner les fumeurs souhaitant arrêter de fumer. En effet, l'étude, menée auprès de 657 fumeurs souhaitant arrêter, démontre qu'au bout de 13 semaines, les vapoteurs sont 7,3 % à avoir arrêté de fumer, contre 5,8 % des utilisateurs de patchs. Plus concluant, parmi les personnes ayant testé la cigarette électronique, 57 % ont réussi à diviser au moins par deux leur consommation de cigarettes classique au bout de six mois, contre 41 % des utilisateurs de patchs.

OMS : principe de précaution

Pourtant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de ne pas fumer de cigarettes électroniques. Une recommandation constante depuis un rapport de 2009 dans lequel l’OMS recommande la plus grande prudence aux États membres : « Les affirmations selon lesquelles elle entrainerait des bénéfices sanitaires, des préjudices moindres ou pourrait être utilisée dans l’arrêt de la cigarette classique devraient être interdites tant qu’elles ne sont pas prouvées scientifiquement ».

Des risques de dépendance pour l'Agence nationale de sécurité du médicament

Même son de cloche en mai 2011 en France du côté de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, ex-AFSSAPS). « Même lorsqu’ils sont limités à 2%, les e-liquides peuvent contenir des quantités de nicotine susceptibles d'entraîner une exposition cutanée ou orale accidentelle, avec des effets indésirables graves, notamment chez les enfants. Par ailleurs, comme pour la cigarette classique, consommer des cigarettes électroniques peut induire une dépendance, pour toute quantité de nicotine contenue dans les cartouches », affirme ainsi l’ANSM.