Ghost in the Shell : la Geek Critique

Hollywood s’empare d’une nouvelle oeuvre du cinéma étranger pour l’adapter sur ses bonnes vieilles toiles. Cette fois, il s’agit de Ghost in the Shell. Si le film a fait polémique en choisissant l’américaine Scarlett Johansson pour jouer le rôle de la japonaise Motoko Kusanagi, cela ne l’aura pas empêché d’arriver dans nos salles obscures ce mercredi. À mi-chemin entre le remake et l’histoire originale, ce film n’aura pas manqué d’attirer les curiosités, mais parvient-il à se hisser au niveau du chef d’oeuvre de l’animation sorti en 1995 ?

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5 raisons d’aller voir (ou pas) Ghost in the Shell

Le pitch : Dans un futur proche, les robots font partie du quotidien, et un nombre grandissant d’humains se voient améliorés par des prothèses cybernétiques. Le Major (Scarlett Johansson) fait partie de ces cyborgs et, après la mort de ses parents, a rejoint la Section 9, une unité antiterroriste chargée de traquer les cybercriminels. Accompagnée de son coéquipier Batou (Pilou Asbæk) et sous les ordres de son chef Daisuke Aramaki (Takeshi Kitano), elle va devoir enquêter sur un certain Kuze (Michael Pitt), accusé d’avoir piraté plusieurs robots pour les retourner contre des humains et les tuer. Au cours de son enquête, elle va en apprendre plus sur ce criminel et sur elle-même, jusqu’à remettre en cause la personne qu’elle pensait être.

Non - Parce que les producteurs n’ont rien compris à l’oeuvre de base

Dès le départ, il était assez difficile de discerner si cette édition 2017 et américaine de Ghost in the Shell se voulait comme un remake de l’oeuvre originale, ou plutôt comme un regard différent sur l’histoire écrite par Masamune Shirow, et portée une première fois sur le grand écran par Mamoru Oshii. Le constat après visionnage, c’est que ce film n’est ni l’un ni l’autre, ou plutôt qu’il essaie d’être les deux à la fois. En bref, ce film souffre d’un gros problème d’identité. Il fait en effet le pari risqué de raconter une histoire quelque peu différente de l’originale pour s’en distinguer, mais cherche pourtant trop à ressembler au film de 1995, jusqu’à reprendre plan par plan certaines scènes du film de l’époque, que le film s’efforce de faire entrer au chausse-pied dans son propre scénario, lui-même inspiré des deux premières adaptations cinéma de Mamoru Oshii.

Le problème, c’est que le scénario lui-même souffre de ces mêmes problèmes d’identité. Il veut raconter une histoire différente, mais pioche malgré tout la majorité de ses élements de l’histoire d’origine, ce qui donne une histoire assez fade aux enjeux plutôt faibles. Quand le film de 1995 s’interrogeait avec brio sur les différences et les rapports entre l’homme et la machine, celui de 2017 se prend les pieds dans le tapis et se content d’une simple quête d’identité comme on en a déjà vu des centaines au cinéma.

Non - Parce qu’on s’ennuie ferme

Le scénario de Ghost in the Shell ne manque pas seulement d’originalité, il est somme toute assez plat, et pose un enjeux qui aura assez de mal à surprendre le spectateur, ni même à le pousser à s’attacher aux personnages. Comme dans l’oeuvre d’origine, on suit les aventures du Major et de son coéquipier Batou, et comme dans l’oeuvre d’origine, celle-ci s’interroge sur sa condition de cyborg et sur ce qui la différencie de ses collègues humains. Le film de 2017 va toutefois couper court assez vite à ces interrogations existentielles, et concrétiser ces questions par une véritable crise existentielle lorsque son héroïne comprend qu’elle n’est pas celle qu’elle pensait être. Le problème, c’est qu’à ce stade du film, on n’a pas vraiment eu le temps ou l’occasion de s’attacher vraiment à ce personnage, et que son développement nous est donc relativement indifférent au moment même où l’histoire cherche à nous impliquer émotionnellement. Conséquence logique : les rebondissements tombent à plat et le dénouement de l’histoire n’a finalement que peu d’impact.

Oui - Parce que ça reste un film d’action à peu près potable


S’il passe quelque peu à côté de son histoire, Ghost in the Shell a au moins le mérite d’assurer le minimum sur le reste, ce qui pourra au moins en faire un film certes un peu ennuyeux, mais pas totalement désagréable à regarder. On se retrouve devant un enchaînement assez banal de scènes d’actions pas trop mal mises en scène, et qui éviteront de sombrer dans l’ennui le plus total. C’est au moins l’avantage que tire ce film de ses ainés, dont nous avons vu qu’il reprend beaucoup de scènes plan par plan, et qui nous permet de voir Scarlett Johansson tabasser du hacker, du yakuza ou du robot de seconde zone.

Voilà qui en fera un film assez difficile à supporter pour les fans de la première heure, mais qui pourra servir de découverte comme une autre pour les spectateurs étrangers à cet univers.

Oui - Parce que certains plans sont superbes


Puisqu’il s’agit de ne pas bouder non plus notre plaisir, profitons-en pour saluer certaines bonnes idées de mise en scène et certains plans particulièrement réussi. Si là encore, le film reprend beaucoup de scènes de 1995, il bénéficie d'un énorme travail sur la direction artistique. Les scènes sont parfaitement adaptées avec les techniques actuelles pour nous présenter une ville futuriste assez jolie à regarder, et nous permet de profiter de plans assez impressionnants dans lesquels la caméra se promène au milieu de buildings et d’hologrammes.

Non - Parce que le film de 1995 a très bien vieilli

Vous l’aurez compris, en ne se distanciant pas assez de l’oeuvre originale de 1995, ce Ghost in the Shell américain nous amène à nous poser une question : qu’est-ce qui nous retient de revoir le film de l’époque au lieu de ce nouvel épisode au cinéma ? La réponse est simple : rien, et c’est même plutôt une bonne idée, que vous comptiez voir ce nouveau film ou non. L’oeuvre de 1995, remasterisée en 2008, se regarde encore très bien aujourd’hui et, fait assez rare pour être souligné, son scénario vieux de près de 30 ans n’a pas pris une ride, et est encore plus d’actualité aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque de sa sortie. Et comme nous sommes dans un cas flagrant où il vaut mieux préférer l’original à la copie, nous ne pouvons que vous conseiller de vous replonger dans ce film d’animation.



Ghost in the Shell - trailer

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