Kong Skull Island : la Geek Critique

Trois ans après un Godzilla certes intéressant, mais un peu trop timide, Warner Bros continue sa saga de films de monstres en s’attaquant à un autre géant du cinéma : King Kong. Dans Skull Island, il s’agit donc de raconter les origines du monstre et de sa découverte par une équipe de chercheurs, mais avec cette fois l’idée d’intégrer le gorille dans un univers plus large. Le pari est audacieux, tant Kong a vu son histoire racontée de différentes manières depuis 1933, et le risque de se planter et de répéter les erreurs de Godzilla est donc bien réel.

5 raisons d’aller voir (ou pas) Kong: Skull Island

Le pitch : dans les années 70, alors que les États-Unis s’enlisent dans la guerre du Vietnam, deux scientifiques travaillant pour la société Monarch se présentent au gouvernement avec un projet : explorer une île vierge au milieu du Pacifique pour en étudier la faune et la flore. Les chercheurs se font donc escorter par le capitaine James Conrad (Tom Hiddleston), la photographe Mason Weaver (Brie Larson) et toute une armée de gros bras commandée par Preston Packard (Samuel L. Jackson). Mais toute cette fine équipe va se rendre compte, à peine arrivée sur « l’Île du Crâne », que la faune locale est loin d’être particulièrement accueillante.

1 - Oui : bagarre, bagarre, monstres, explosions, bagarre avec des monstres

Voilà un des principaux défauts de Godzilla qui se retrouve gommé dans ce Kong: Skull Island pour notre plus grand plaisir : le film fait clairement la part belle au monstre qui donne son nom au film, et les premiers coups de pattes partent dès les premières minutes passées sur l’île. Ainsi, le rythme du film est assez soutenu, il y a assez peu de longueurs et on ne s’ennuie presque jamais pendant l’heure et 55 minutes de film. Exit les longs plans fatigants sur une famille sans trop d’intérêt qui gangrenait le rythme du Godzilla de Gareth Edwards, ici place à l’action. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à faire ou à voir, le film se passant en quasi-totalité sur une île peuplée de créatures de la taille d’un immeuble. Les amateurs de monstres géants en ont donc pour leur argent, d’autant que la représentation de Kong à l’écran est particulièrement réussie.

Cette action débridée tient également au parti pris de ce film, qui assume totalement son côté Série B. On se retrouve ainsi avec certaines scènes qui oscillent dangereusement entre le terriblement jouissif et le terriblement ridicule, comme lorsque Tom Hiddleston, t-shirt tendu et muscles saillants, empoigne un sabre japonais pour se frayer un chemin à travers une horde d’oiseaux carnivores, le tout en portant un masque à gaz pour se protéger des effluves toxiques qui l’entourent.

2 - Oui : parce que c’est une histoire originale sur King Kong

Depuis 1933, le gorille Kong est apparu dans 9 films au cinéma, en comptant celui qui nous intéresse aujourd’hui. Et si on excepte un détour au Japon pendant quelques années, tous proposent une réécriture plus ou moins subtile de l’histoire originale qui va bientôt sur ses 100 ans, y compris le remake de Peter Jackson en 2005. Cette histoire, désormais un peu désuète, cette version 2017 de King Kong s’en débarrasse avec joie pour en raconter une nouvelle : celle de la découverte du gorille dans son habitat, où il va obtenir son titre honorifique de roi. Cette fois, pas question d’un retour forcé vers New York, pas d’Empire State Building à escalader, et surtout pas d’amourette improbable avec une vulnérable jeune femme. On en apprend plus sur la genèse du gorille géant ainsi que sur les créatures violentes et voraces qui peuplent son île. Ce changement de cap dans le scénario, certes peu fouillé, mais relativement cohérent dans son univers, est dû à la reprise de la licence par l’équipe qui s’était déjà chargée de Godzilla, et cherche donc à inscrire Kong dans le même univers que le lézard japonais.

Kong: Skull Island ne coupe toutefois pas complètement les ponts avec les films qui ont rendu le gorille célèbre, mais multiplie au contraire les références à ses grands frères dans des scènes qui sont directement tirées de ces anciens films, comme en allant sauver la vie d’une jeune femme, ou en se retrouvant enchaîné à son insu pendant un combat. Autant de codes qui sont repris pour ensuite être détournés avec délice pour le plaisir d’un spectacle encore plus grand.

3 - Oui : parce que la bande-son pose parfaitement l’ambiance

Ce remake de King Kong se déroule dans les années 70, époque bénie du rock aux États-Unis, qui fait donc trembler les quelques enceintes de nos militaires en patrouille sur l’île du crâne. Globalement, le film est empreint d’une ambiance qui ne manque pas de rappeler les films de guerre de l’époque, comme Apocalypse Now, duquel Kong: Skull Island tire beaucoup en matière de photographie et de mise en scène, nous gratifiant même d’une reprise assez libre de « La Marche des Valkyries ». Ajoutez simplement des animaux mortels de la taille d’un immeuble ou un gorille géant qui balance des troncs d’arbres sur des hélicoptères, et vous avez une idée de l’ambiance proposée par le film. L’île inspire presque immédiatement un sentiment d’insécurité assez persistant, devant lequel des militaires surarmés se retrouvent aussi vulnérables que le spectateur dans son siège.

4 - Oui : parce que Kong et ses copains ont la classe

À première vue, il n’y avait pas grand-chose à faire pour que Kong paraisse effrayant : la simple idée de se trouver face à un gorille de 40 mètres de haut suffit à éveiller les peurs les plus primaires. Pourtant, Kong: Skull Island réalise un travail impressionnant pour rendre à l’écran le côté puissant et violent du monstre géant, sans jamais entamer la crédibilité de l’univers qui nous est présenté. Les animations sont parfaites, les monstres sont de toute beauté et le tout s’anime à l’écran sans aucun accroc, notamment les Skullcrawlers, sortes de lézards à deux pattes et ennemis jurés de Kong, parfaitement effrayants. Le tout est renforcé par une volonté constante du metteur en scène de jouer avec les perspectives, comme pour tenter de faire perdre au spectateur ses références en matière d’échelle : après tout, on se trouve sur une île ou des animaux de plusieurs mètres de haut sont monnaie courante. 

5 - Oui : parce que ça promet une suite grandiose

Nous l’avons vu, ce Kong de 2017 n’est plus celui de 1933, et ce sur plusieurs plans. Son histoire est différente, et elle s’inscrit cette fois dans l’univers que Warner Bros tente de mettre en place, où Kong, Godzilla et ses monstres d’adversaires font tous partie d’un même univers. Cela annonce notamment plusieurs suites, y compris un King Kong contre Godzilla qui, s’il s’en tient aux mêmes ficelles que ce Kong: Skull Island, s’annonce dantesque. On en veut encore, et la bonne nouvelle c’est que le film nous en promet encore, pour peu que nous soyons capables d’attendre quelques années.

Kong: Skull Island trailer

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