Interview avec Jean Louis Constanza : Évolution de Ten Mobile

Ten Technologies

Ten mobile conferenceIDN : Comment s’organise l’infrastructure entre Orange et Ten, est-ce que l’on peut comparer cela à Free non dégroupé et France Télécom ?

JLC : Tous les MVNO utilisent le réseau Orange tel qu’il est. Nous y avons en plus ajouté des plateformes techniques et nous sommes les seuls à en avoir parce que nous sommes les seuls à faire d’autres services que la voix. Ces plateformes nous permettent de faire aujourd’hui du mail et Messenger et dans un futur proche Blog ainsi que d’autres services. On les développe de façon à être propriétaire et de façon à avoir de l’avance technologique. Il y a autant de technologies avancées dans Ten aujourd’hui qu’il n’y en avait dans Free lorsqu’ils ont commencé à faire du dégroupage. Cela permet de créer une société qui n’est pas seulement un revendeur, mais aussi un laboratoire.

IDN : Vous parlez de technologies, mais est-ce que l’on peut attendre la 3G sur Ten bientôt ?

JLC : Oui bien sûr, mais ce n’est tellement pas une demande de nos clients que l’on ne l’a pas mis dans la roadmap. On le mettra, Orange est d’ailleurs d’accord avec cela. Notre contrat ne le prévoyait pas à la base, mais il le prévoira bientôt. Cependant, il n’y a pas beaucoup de terminaux 3G très attractifs, l’autonomie de la batterie est un problème et les services ne le nécessitent pas (exemple de Messenger et des Mails). Bref, c’est de la complexité pour rien.

IDN : Allez-vous lancer une offre HSDPA ?

Le HSDPA, tout comme la 3G, permet plus de débit. Aujourd’hui, si on ne croit pas, comme moi, à la télévision sur mobile dans sa forme actuelle, les applications qui ont besoin de débits ne sont pas légion. À part des applications professionnelles très spécifiques ou pour des cartes SIM DATA PC, on en a besoin pour la vidéo, mais on ne voit pas ce genre d’usage pour le grand public. De plus, la vidéo souffre de ce que les spécialistes appellent « l’effet gros pif » qui se caractérise par le fait que les gens n’ont pas envie de se voir. Lorsqu’ils se voient sur l’écran, ils savent qu’ils sont vus comme cela par la personne à l’autre bout. Ce n’est pas un besoin et il y a en plus de nombreuses questions touchant à la vie privée qui font que la vidéo est finalement un inconvénient. Il faut expliquer à son patron, voire à son conjoint, pourquoi on ne met pas en marche l’option vidéo. Par contre, oui dans cinq ans, il y aura du débit, il y aura des besoins pour le HSDPA. Le débit ne va pas s’arrêter dans le mobile.

IDN : Pensez-vous que ce que vous apportez sur le plan technologique est suffisant pour faire de l’ombre aux trois mastodontes qui bénéficient d’une grande aura au sein du public ?

JLC : On est beaucoup à le penser en tout cas. Nos actionnaires, tels qu’AXA Private Equity, qui est le plus gros investisseur privé d’Europe et Orange croient aussi beaucoup dans notre plan. Si Orange fait un MVNO avec Ten qui n’a pas de marque au départ c’est parce qu’il y croit. Nous pensons qu’une marque ou un réseau de distribution ou une base de clients existants avec des offres banales ne suffiront pas à faire des opérateurs mobiles. En revanche quelqu’un qui crée une marque et qui a un bon produit différencié va pouvoir créer un opérateur mobile. La réponse est oui. C’est un pari d’entrepreneur, mais l’on croit pouvoir s’imposer. C’est déjà moins dur que Télé 2 qui a tout de même pris 4 millions de clients en quatre ans.