Amazon Echo 2 : on a testé l’enceinte connectée… En français !

Mise en garde : avant toute chose, signalons que cet article a été réalisé à l’aide de l’Echo 2e génération actuellement en phase de test en France. Certaines fonctionnalités manquent à l’appel, ou sont bien intégrées, mais ne marchent pas encore (Deezer, notamment). Par conséquent, et contrairement à nos tests habituels, nous n’avons pas attribué de note à l’enceinte d’Amazon. Nous ne manquerons pas de remettre ce test à jour dès lors que le fabricant aura officialisé la commercialisation de son enceinte connectée.
Bien qu’elle ne soit pas encore commercialisée en France, nous avons eu l’opportunité de tester l’enceinte connectée Echo 2e génération d’Amazon dans la langue de Molière. Car depuis quelques semaines, Amazon envoie son appareil à quelques bêta-testeurs choisis au hasard… Bêta-testeurs dont l’un de nos collaborateurs fait partie. L’occasion était donc trop belle pour ne pas se jeter dessus et tester comme il se doit l’enceinte connectée d’Amazon, dont la commercialisation est prévue le 14 avril prochain d’après certaines de nos sources.

Alors que Google s’est d’ores et déjà implanté en France avec sa Google Home, Amazon a pris du retard, mais ne devrait pas tarder à lui emboîter le pas avec ses produits Alexa. Rappelons qu’outre-Atlantique, les enceintes Amazon Echo dominent largement le marché des enceintes connectées, avec 69% de parts de marché, contre 25% seulement pour Google Home (source : Edison / NPR). Un poids-lourd comme Amazon qui débarque en France sur le terrain des assistants vocaux, cela pourrait faire beaucoup de tort à Google. Mais ce dernier a-t-il réellement des raisons de s’alarmer face à l’arrivée de cette concurrence tardive dans l’Hexagone ? L’Amazon Echo 2e génération tient-elle réellement toutes ses promesses ou a-t-elle encore beaucoup de chemin à parcourir avant de s’imposer dans les pénates français ? Réponse dans notre grand test du jour.

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Pour les amateurs de design sobre et feutré

L’enceinte se présente sous la forme d’un petit cylindre noir et gris foncé, entouré de tissu. Ce morceau de tissu procure à l’appareil un son légèrement plus étouffé que celui que l’on peut entendre sur une Google Home. La différence n’est pas forcément audible au premier coup d’oreille, mais elle devrait être perceptible aux plus audiophiles qui pourront préférer cet appareil face à la concurrence à cause justement de ce critère.

Côté fonctionnalités matérielles, l’enceinte dispose de quatre petits boutons : deux servent à régler le niveau sonore, un permet d’arrêter la lecture audio en cours, et le dernier permet de bloquer la reconnaissance vocale (en conséquence, il n’est plus possible de donner d’ordre à l’Echo 2). Enfin, l’enceinte est sertie d’un anneau lumineux en son faîte, qui change de couleur en fonction des circonstances : le bleu montre que l’appareil est à votre écoute, le orange qu'il est en train de se connecter au réseau, le rouge que le microphone a été désactivé, etc.

Au final, l’enceinte est plutôt classieuse. Certains lui reprocheront peut-être de ne pas afficher l’heure, comme la LF-S50G de Sony, mais c’est un détail dont on peut très bien se passer au quotidien (on peut toujours demander à l’enceinte l’heure qu’il est, elle s’acquitte pleinement de cette tache).

Une mise en place simple et rapide

Une fois l’appareil déballé et raccordé au secteur, celui-ci se met en marche immédiatement et nous invite à le configurer via une application pour mobile (compatible et Android et iOS). Comme l’appareil n’est pas encore disponible chez nous, l’application ne l’est pas non plus : impossible d’y accéder via le Play Store ou le Store français d’Amazon. Le mail envoyé par Amazon en même temps que l’enceinte permet de récupérer un fichier APK (Android) ou PLIST (iOS), destiné à installer l’application Amazon Echo sur son smartphone ou sa tablette.

L’application demande en premier à l’utilisateur de connecter le smartphone à l’enceinte en Wi-Fi direct, puis de sélectionner le réseau et d’entrer la clé Wi-Fi. Il convient ensuite d’opter ou non pour une liaison Bluetooth entre le mobile et l’Echo 2, ce qui permet d’entendre sur l’enceinte tous les sons produits par le téléphone. Et c’est tout : la configuration de l’appareil est déjà finalisée, il ne reste plus qu’à l’utiliser. Pour l'activer, il suffit de commencer sa phrase par "Alexa..." et voilà que l'enceinte répond à vos questions et vos requêtes.

Sans être un parangon d’ergonomie, l’application Amazon Alexa est suffisamment claire et concise pour être appréhendée en quelques secondes, même par les moins aguerris. Elle est certes moins « colorée » que l’application Home du concurrent Google, mais elle permet de s’y retrouver plus facilement quand il s’agit d’accéder aux réglages du (ou des) appareil(s) connecté(s), ou tout simplement de lancer un service sur l’enceinte depuis son smartphone.

Quelqu’un est mort ?

Quand on connecte pour la première fois l’enceinte, et que l’on est habitué aux assistants vocaux que sont Google Home, Siri ou même Cortana, on ne peut s’empêcher d’être désagréablement surpris par le ton employé par l’appareil. D’un ton robotique et hyper solennel, l’enceinte vous demande de la configurer. On se dit qu’une fois cette étape passée, l’enceinte fera preuve d’un peu plus de spontanéité et de gaieté, comme le font toutes ses concurrentes. Erreur : s’il y a bien une chose à revoir de fond en comble sur l’Echo 2e génération, c’est bien la voix qui a été utilisée pour « doubler » l’assistant vocal. De quoi vous plomber la journée si vous n’êtes pas bien réveillé. Par ailleurs, l’enceinte francise systématiquement tous les termes qui lui tombent sous la main (ou sous la glotte, si vous préférez). Nous avons constaté cette tendance sur l’ensemble des assistants vocaux que nous avons pu tester, mais jamais à ce point. A titre d’exemple, écoutez comment l’enceinte s’exprime quand il faut prononcer le titre, l’album et l’interprète d’un morceau anglo-saxon dans la vidéo ci-dessous.

Un morceau de Def Park, vous êtes sûr ?

Un niveau de compréhension plutôt pertinent

Alors qu’elle est toujours en phase bêta et qu’elle continue à apprendre au quotidien de la part de ses testeurs, l’enceinte répond efficacement à la plupart des demandes de l’utilisateur. Demandez-lui de lancer un morceau de musique et Alexa s’exécutera sans se planter dans 80 à 90% des cas (Google Home est un peu moins efficace avec un taux de réussite allant de 70 à 75% selon nos tests). Demandez-lui la météo, les dernières actualités, une information concernant votre acteur ou actrice préféré(e)... L’appareil ne se trompe que rarement et répond favorablement à toutes les demandes. Demandez-lui également de sonner le lendemain matin à 7h30, et il réglera l’alarme instantanément. En revanche, dès qu’on sort un peu des sentiers battus, c’est un peu plus laborieux : ne lui demandez pas d’entonner une chanson, elle n’en connaît pas. Épargnez-vous ses blagues, elles n’en valent pas la peine (« Bébé nuage s’arrête et dit à Maman nuage : j’ai envie de faire pluie-pluie »).

Des « skills » en devenir

L’intérêt d’Alexa réside dans ses « skills », des extensions permettant de contrôler de nouvelles applications, ainsi que divers matériels dans la maison. Celles-ci permettent par exemple d’accéder à différentes radios (Virgin Radio, RFM, France Info…), d’accéder aux recettes de cuisine de Marmiton, d’écouter de la musique sur Spotify ou Deezer, ou de contrôler certains produits connectés de la maison (ceux de TP-Link, par exemple). Le skill de Marmiton est particulièrement efficace : demandez-lui la recette d’une omelette, et l’application vous demandera le nombre de convives. Vous pourrez revenir sur un point de la recette, redemander les ingrédients, etc.

Ces skills sont répertoriés en différentes catégories, mais malheureusement, beaucoup d’entre eux sont vides (achats, cinéma et télévision, enfants, sport…). En outre, certains skills ont purement et simplement refusé de s’installer au moment de notre test. Impossible par exemple d’accéder à celui de Deezer ou celui de TP-Link, ce qui est plutôt ennuyeux. 

Alors au final, on craque ou pas ?

L’enceinte d’Amazon n’en est qu’à ses balbutiements dans sa version française, et ça se ressent. Quelques bons points sont à retenir, notamment en ce qui concerne le design, le son feutré, la reconnaissance vocale et l’intégration de certains skills. On espère également que le le prix de l'appareil sera aussi petit que celui Outre-atlantique, où l'Echo 2e génération est vendue moins de 80 euros. A titre de comparaison, l'enceinte Google Home est commercialisée 149 euros.

Pour le reste, l’appareil souffre encore de problèmes de taille : la voix féminine est à revoir, le nombre de skills est encore trop restreint, et le champ d’interactivité avec l’enceinte est assez limité. Impossible de « jouer » avec l’appareil par exemple, comme c’est le cas notamment avec l’enceinte Google Home et son quiz de culture générale pour toute la famille. Impossible également de commander une pizza par son intermédiaire ou même d’acheter un article sur le site Amazon.

Bref, si le fabricant a réellement prévu de lancer son enceinte en avril prochain, ses développeurs vont devoir cumuler les heures sup’ avant de parvenir à un résultat satisfaisant.

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