[Test] Antivirus : faut-il craquer pour ESET 2017 ?

6 raisons d’adopter (ou pas) ESET MULTI DEVICE 2017

Cinquième éditeur antivirus mondial selon Gartner, la suite ESET est très appréciée de ses utilisateurs qui la placent régulièrement en tête des sondages de satisfaction menés par des magazines comme SC Magazine. La suite de sécurité est originale et atypique à la fois dans son ergonomie, dans ses fonctionnalités et dans son fonctionnement. Elle est simple d’emploi, mais son HIPS et ses réglages avancés séduisent un public plutôt averti. Elle intègre des modules très originaux, mais garde une approche très classique sans outil d’optimisation ou de console centrale. Et la version « Multi Device » ne s’appuie pas sur la version la plus évoluée (la suite Smart Security), mais vous laisse installer, sur Windows comme sur Mac, au choix soit l’antivirus simple (NOD32/Cyber Security Mac) soit la suite classique (Internet Security/Cyber Security Pro Mac). Bref ESET reste un produit à part qui a du mal à se démarquer dans les tests, mais qui sait pourtant se montrer très efficace au quotidien.

>>> Antivirus : quelle est la meilleure suite de sécurité ?

Oui, pour ses protections originales

On trouve chez ESET des modules de défense peu communs. C’est le cas par exemple du nouveau module de contrôle des périphériques. Il vous permet d’être averti ou de bloquer les tentatives d’accès à vos clés USB (un peu à la manière de ce que G Data propose), mais également les tentatives d’accès à votre Webcam ou à votre Bluetooth. Dans un même ordre d’idée, on apprécie tout particulièrement le nouveau module de surveillance du réseau qui indique l'apparition de nouvelles machines (dès qu’elles se connectent) et qui vérifie que votre routeur n'a pas de failles de sécurité (il vous aide ensuite à les corriger). C'est vraiment rassurant. Et si l’on trouve un module similaire chez Avast, celui d’ESET se révèle plus visuel, plus complet et plus clair. Les appareils apparaissent dans des cercles concentriques : au plus proche du centre ceux actuellement connectés, ensuite ceux perçus récemment et sur le cercle externe ceux qui ont été vus au cours du mois. Pour chaque appareil, vous pouvez avoir son adresse IP, l’état de sa sécurité et le trafic éventuellement dangereux en provenant (et bloquer par le pare-feu).

>>> Windows 10 : les astuces pour améliorer la sécurité


Autre exemple, le bouclier des transactions bancaires virtualise votre navigateur par défaut plutôt que de vous en imposer un (Kaspersky utilise une technique similaire) et empêche le fonctionnement des Banking Trojans ainsi que l’activité des Keyloggers.

Enfin, via le portail MyESET, un module « scanner de réseaux sociaux » permet de protéger votre profil Twitter et d’éviter de retweeter/recevoir des liens malveillants.

Signalons que nous avons testé la version « Multi Device » qui s’appuie en réalité sur « ESET Internet Security » avec une licence qui s’étend aux smartphones et aux Mac. Sachez qu’il existe une version « Smart Security », sans support multi-device, qui incorpore un système antivol pour votre ordinateur portable et deux nouveaux modules : un gestionnaire de mots de passe et un outil de chiffrement de données.

Oui, pour les fanatiques de contrôles avancés

Ces protections originales, et il est vrai un peu techniques, sont à l’image de la suite. Rappelons qu’ESET incorpore depuis longtemps un pare-feu et un HIPS (pour prévenir toutes formes d’intrusion). Ces derniers sont réglés par défaut en mode automatique. Le problème c’est que ces modes automatiques (et donc totalement silencieux pour l’utilisateur) sont à nos yeux trop permissifs par défaut (ce qui explique la note « proactive » décevante de la suite). Bien des utilisateurs préfèreront les placer en mode « Intelligent » ou « interactif » afin d’être avertis de toute action louche sur le système. Dans ces modes, les alertes deviennent très nombreuses et réclament un minimum de compétence de la part de l’utilisateur, car une mauvaise décision peut avoir des conséquences fâcheuses (infections, blocages de programmes, etc.). Reste qu’Eset offre aux utilisateurs qui le veulent un contrôle absolu sur le système avec une multitude de réglages avancés.

Oui, pour sa résistance face aux exploits

ESET se montre parfois assez inégal sur nos différents tests. Tout au moins avec les défenses réglées par défaut. Mais il est des tests sur lesquels il excelle, et c’est notamment vrai des tests sophistiqués que sont la résistance aux Banking Trojans et la résistance aux attaques de type « Zero Day » qui exploitent les vulnérabilités non corrigées d’Internet Explorer, Java ou Adobe.

On notera au passage que toutes ces défenses avancées n’ont que très peu d’impact sur le fonctionnement et les performances de Windows. ESET reste une suite légère avec une consommation mémoire modérée qui convient bien même aux PC anciens et d’entrée de gamme.

Oui, pour sa réactivité défensive

S’il y a un module qui se démarque dans cette suite, c’est bien le scan. D’abord, il est rapide. Ensuite, il est très efficace. Côté détection et réactivité des signatures, ESET fait partie des très bons élèves. Pas étonnant d’ailleurs de la part d’un éditeur qui vient, en décembre 2016, d’être le premier à passer la barre des 100 certifications « VB100 », confirmant la régularité d’ESET à systématiquement réussir sans défaut ce célèbre test de détection des menaces les plus répandues. En 18 ans d’existence, ESET n’a jamais manqué un seul malware du test VB100. Il est le seul.

Non, pour son manque de proactivité

Malgré les excellents résultats affichés par ESET sur de nombreux tests, il est encore des domaines où la suite déçoit et doit impérativement s’améliorer. C’est notamment le cas de l’anti-phishing. Si la suite protège bien vos navigations contre les drive-by-downloads et autres attaques utilisant des codes malveillants, elle reste très perméable aux sites de phishing et aux sites d’arnaques.

Notamment par ce que son module de protection des navigations manque franchement d’intelligence proactive. Il ne repère aucun site factice PayPal, Gmail, OneDrive ou autre qui ne soit pas dans ses bases de blocage. Et ne parlons pas des sites de Phishing en français.

Ce manque de proactivité est aussi très perceptible sur les malwares lorsque ces modules HIPS/Pare-Feu sont en mode « automatique ». Il obtient sur nos tests proactifs une note tout juste honorable. Surtout, ESET est la seule suite « 2017 » testée jusqu’ici à obtenir un zéro pointé dans nos tests ransomwares proactifs : elle a bien bloqué tous les ransomwares qui se répandent aujourd’hui sur la toile, mais aucun de ceux fabriqués par nous-mêmes et donc inconnus des bases virales. Pourtant, la suite embarque bien un tout nouveau module spécialement dédié à contrer les « rançongiciels » dans son édition 2017. Peut-être les réglages internes de ce module sont-ils encore trop expérimentaux et immatures. Il faudra suivre l’évolution de ce module en cours d’année.

Non, pour son approche multi-device pas assez poussée

L’autre défaut de la suite « Multi Device », c’est son manque d’intégration entre les plateformes. En réalité, « Multi Device » n’est pas une vraie solution, mais juste une licence qui permet d’installer une solution pour protéger votre PC Windows ou Linux, votre Mac, et vos tablettes et smartphones Android. Chaque produit restant très différent et indépendant d’un système à l’autre.

L’exemple le plus typique concerne le contrôle parental. La version Windows est très basique et limitée (quoique plutôt efficace à filtrer les sites pour adultes) : pas de contrôle à distance, pas moyen de définir un même profil sur plusieurs appareils, pas de surveillance sans blocage, etc. La version Android s’appuie en revanche sur une interface Web, se montre beaucoup plus souple et conviviale, et permet de contrôler les applications utilisées et d’appliquer les réglages à tous les dispositifs Android utilisés par l’enfant.

Et si ESET a mis au point un portail Web pour contrôler l’antivol (et le contrôle parental Android uniquement), celui-ci ne permet pas encore de superviser les protections de tous vos appareils de façon centralisée.

Au final, ESET Multi-Device se révèle plutôt moins fourni que la concurrence tout en affichant un prix que nous jugeons très excessif : presque 105 euros pour protéger 5 appareils seulement ! Voilà qui lui attribue l’un des plus mauvais rapports qualité-prix du marché.

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
    Votre commentaire