[Test] Antivirus : faut-il craquer pour Kaspersky Total Security 2017 ?

6 raisons d’adopter (ou pas) Kaspersky Total Security 2017

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’an dernier Kaspersky avait plutôt manqué son rendez-vous avec nos tests et la sortie de Windows 10. La suite s’était présentée avec un ensemble de boucliers avancés indisponibles sous la dernière version du système de Microsoft, ce qui entravait sa prestation et l’empêchait de figurer parmi nos favoris. Pour son édition 2017, l’éditeur a pu soigner la compatibilité de sa suite avec la dernière mouture de Windows et se présente donc sous les meilleurs hospices.

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Et le moins que l’on puisse dire, c’est que - cette fois - la suite ne nous déçoit pas. Elle renoue avec sa réputation d’excellence technique grâce à des défenses qui n’ont pas été prises en défaut et qui affichent les meilleurs scores d’efficacité proactive jusqu’ici rencontrés dans nos tests des éditions 2017. Et ceci en utilisant les paramètres par défaut. Or la force de la suite c’est aussi d’offrir aux utilisateurs exigeants, voire paranoïaques, des réglages avancés qui viennent encore fortifier les défenses, quels que soient les appareils que l’on utilise.

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Oui, pour l’alliance de la convivialité et de la technicité

Kaspersky Total Security 2017 est une suite de sécurité impressionnante par se richesse fonctionnelle et l’ingéniosité de ses innombrables boucliers. Cette complexité technique est d’ailleurs très bien masquée à l’utilisateur néophyte qui ne verra dans l’interface principale que les fonctions qui lui importent le plus. Oui, aussi technique soit-elle, Kaspersky 2017 se révèle très agréable à l’emploi. Et sa grande force est que tous ces boucliers sont d’une égale efficacité. Quelle que soit la protection évaluée (antimalware, anti-phishing, gestion des mots de passe, sauvegardes, pare-feu, contrôle parental), Kaspersky se classe dans les trois premiers.

Et les utilisateurs un peu plus avancés ou exigeants apprécieront la richesse des options et modules annexes pour par exemple repérer les vulnérabilités du système, mettre à jour les logiciels périmés, protéger vos documents clés (par chiffrement), etc. Le plus étonnant, c’est que toute cette débauche de boucliers et fonctionnalités se fait finalement avec un impact relativement réduit. Certes le boot est un peu impacté (mais avec un SSD la différence est peu sensible) et l’occupation mémoire est un peu élevée pour des PC avec moins de 2 Go de RAM. Mais globalement, même sur des petits PC à base de processeurs Atom, l’impact reste assez négligeable sauf sur les navigations Web où le ralentissement est surtout sensible avec Internet Explorer et moins avec Chrome par exemple.

Oui, pour la protection de vos explorations Web

S’il est deux domaines sur lesquels la suite se distingue particulièrement ce sont sans aucun doute la lutte contre le phishing et la lutte contre les attaques inconnues. L’anti-phishing de Kaspersky est en effet l’un des plus intelligents du marché. Son taux de réussite sur les faux sites Google Drive, Apple iCloud, PayPal ou Facebook est quasiment parfait, évitant ainsi de voir vos identifiants volés par manque d’attention de votre part. Malheureusement, cette intelligence est pour l’instant trop orientée vers ces grands services internationaux et doit encore être affinée face aux sites factices très français qui dérobent vos identifiants Ameli.fr ou La Poste par exemple. On peut cependant les éviter en paramétrant astucieusement le module Safe Money qui protège vos transactions en ligne et se déclenche notamment automatiquement dès que vous vous connectez à votre banque par exemple (s’il ne se déclenche pas, c’est probablement que le site visité n’est pas celui de la banque, mais un de phishing). En outre, on aime bien l’extension pour les navigateurs qui permet de bloquer les bannières et éviter les suivis intempestifs qui améliorent à la fois la sécurité de vos navigations et le respect de votre vie privée.

Oui, pour ses boucliers proactifs

Les défenses proactives - qui permettent de lutter contre les menaces inconnues des bases de signatures et heuristiques - sont, elles aussi, particulièrement efficaces. Kaspersky 2017, même en conservant ses paramètres par défaut, affiche les meilleurs scores jusqu’ici rencontrés par notre laboratoire sur ces tests particulièrement exigeants. Son module Automatic Exploit Prevention (pour contrer l’exploitation des failles Zero-Day) est vraiment l’un des meilleurs du marché. Lors de nos tests, la suite n’a réellement échoué que sur un seul test proactif de ransomwares bien que ses défenses anti-ransomwares aient pourtant bloqué tous nos autres tests en la matière. Et encore, la suite a fini par supprimer le simulateur après un certain temps. En outre, le programme n’a eu aucun mal à le parer et protéger les fichiers bureautiques une fois ses paramètres avancés forcés manuellement. C’est peut-être là l’un des principaux reproches que l’on puisse encore formuler contre la suite : elle devrait avec un peu plus d’intelligence artificielle embarquée pouvoir ajuster automatiquement ses niveaux de sécurité en fonction des contextes sans que l’utilisateur n’ait à se perdre dans sa myriade de réglages avancés.

Et puisque nous évoquons les ransomwares, il est important de rappeler que la meilleure protection face à ce fléau, ce sont les sauvegardes de fichiers. Et, justement, nous avons beaucoup aimé le module de sauvegarde de la suite. Très simple d’emploi, convivial et efficace, il sauvegarde vos fichiers importants sur disque externe, emplacement réseau, serveur FTP ou encore sur votre compte Dropbox ce qui nous semble la meilleure solution. Deux bémols cependant : on regrettera que cette sauvegarde cloud ne soit pas chiffrée et ne puisse se faire sur un autre espace que DropBox (à quand le support de OneDrive ?).

Oui, pour son approche multiplateforme

Total Security protège vos appareils Windows, vos ordinateurs Mac OS X, vos smartphones et tablettes Android et même, dans une moindre mesure, vos appareils iOS et ceci avec la même qualité technique et le même sérieux. Et le tout est facilement pilotable depuis une console centrale Web, très bien faite et qui permet, chose rare, d’interagir véritablement à distance avec les protections, pour réactiver les boucliers désactivés, déclencher des analyses, forcer les mises à jour.

Ce portail permet aussi de lancer les installations des protections sur les différents appareils à protéger. Parmi les modules que l’on retrouve sur tous les appareils, on saluera l’honorable gestionnaire de mots de passe (auquel on reprochera l’absence d’intégration avec Windows Hello qui l’aurait rendu plus convivial sous Windows et aurait éviter la saisie systématique du mot de passe d’authentification au lancement) et surtout l’arrivée d’un module VPN (fruit d’un accord permettant à Kaspersky d’utiliser les serveurs mondiaux de HotSpot Shield). Dénommé Secure Connection, il n’a pas pour objectif de masquer vos activités de piratage aux yeux d’HADOPI, mais plutôt de protéger vos navigations Web dès que vous êtes connecté sur un réseau public. La licence Total Security n’autorise d’ailleurs qu’une consommation de 200 Mo par jour ce qui ne convient effectivement pas aux téléchargements, mais suffit aux explorations Web.

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Oui, pour sa protection de la famille

L’autre module qui s’étend à tous les appareils n’est autre que le contrôle parental. Total Security offre l’accès au service Kaspersky Safe Kids Premium, l’un des meilleurs services en la matière du marché. Et celui-ci fonctionne de façon très unifiée que l’on soit sur PC, Mac, Android ou iOS. Bref vos enfants sont bien protégés, quel que soit l’appareil entre leurs mains.

Malheureusement, la gestion est rendue plus difficile par une incongruité malvenue : Total Security embarque en réalité deux protections familiales : l’ancienne version classique embarquée au cœur de la suite Windows et la nouvelle Safe Kids Premium, multiplateforme, et pilotable via le Web. Voilà qui est extrêmement perturbant d’autant que les deux ne communiquent pas. Or Safe Kids est en tout point supérieure à la protection basique qui n’a plus aucune raison d’être. Notamment parce que la nouvelle protection permet de contrôler les agissements des enfants sans nécessairement interdire (notamment quant aux usages des appareils et au temps passé sur Internet). Elle offre aussi un bon contrôle de ce que les enfants peuvent ou non utiliser comme programmes et applications. Et l’on y trouve même une fonction de géolocalisation des appareils.

Non, pour son prix et ses incohérences

L’incongruité que constitue la présence d’une double protection parentale souligne le défaut majeur de cette version Total Security. Celle-ci ressemble encore trop à un assemblage de modules indépendants et manque encore de cohérence. C’est d’autant plus énervant que cela dure depuis déjà deux ans et que Kaspersky traîne à réinventer son approche marketing et commerciale. Cela se retrouve d’ailleurs au niveau du prix. Total Security s’affirme « multi-device ». Et pourtant, elle démarre à 69,99 € pour 1 poste !!!! Certes, c’est la suite la plus complète du marché (mais BitDefender est aussi complète). Et une promotion actuelle permet effectivement de l’acquérir au même prix pour 3 postes et à 99,99 € pour 5 appareils (5 c’est peu au regard du nombre de dispositifs désormais présents dans les foyers). Un prix qui nous paraît totalement exorbitant. Pour la même somme (excessive ?), McAfee protège un nombre illimité de dispositifs. Et Norton et BitDefender, qui offrent un contrôle parental et une efficacité défensive relativement similaires, protègent 10 postes pour un prix bien inférieur. Il est temps que Kaspersky ouvre les yeux sur les incohérences de ses offres !

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