[Test] Faut-il craquer pour le Spark de DJI, le drone qui se contrôle par gestes ?

Plus petit, plus facile à piloter, plus efficace : le Spark de DJI est un engin minuscule qui ressemble à un jouet. Pourtant il s’appuie sur un important savoir-faire dans le domaine des caméras volantes. DJI domine la concurrence avec 70 % du marché, et entend bien continuer sur sa lancée. L’appareil est destiné aux pilotes sans grande expérience, avec une assistance au pilotage de tous les instants et des fonctions de vol automatisées très efficaces. De quoi revenir d’une randonnée avec de superbes images aériennes, du paysage mais aussi de soi-même puisque le Spark est capable de suivre des objets ou des personnes, automatiquement, en les filmant. Il détecte même les obstacles devant lui. Il peut être piloté avec des gestes, même si cette fonction est encore du domaine du gadget. Alors faut-il craquer pour le nouveau drone de DJI ?

Une toute première vidéo réalisée à l'aide du Spark de DJI.

1 - Oui, pour la compacité et le poids plume

Le Spark est un appareil qui tient dans un sac à dos… sans occuper toute la place ! Parfait pour partir en randonnée avec une caméra volante sans jouer au sherpa. Le Spark ne pèse en effet que 300 grammes, prêt à voler avec sa batterie. À titre de comparaison, le Mavic Pro de DJI et le Karma de GoPro pèsent respectivement 750 et 743 grammes. Les bras ne sont pas pliables, comme sur le Mavic Pro. « Cela aurait introduit une faiblesse structurelle et des vibrations sur un appareil aussi petit », ont indiqué les porte-parole de DJI.
En revanche, il n'est nul besoin de retirer les hélices du Spark pour le ranger : elles sont pliables et se rabattent vers l’intérieur de l’appareil pour le glisser dans sa petite boîte de transport. Et la radiocommande ? Par défaut, il n’y en a pas. Mais si vous voulez piloter avec plus de précision et plus de portée, elle est proposée en option. Regrettons tout de même l’autonomie, assez limitée puisque le vol ne dépasse pas 14 minutes, au mieux. Il faudra acheter des batteries supplémentaires… Notez que le temps de charge dure environ 1h30 à l'aide d’un simple câble USB. En revanche, si vous souhaitez charger l'appareil directement sur secteur, ce temps de charge passe à seulement 45 minutes.

2 - Oui, pour la stabilisation de l’image

Faut-il comparer le nouveau drone de DJI au Breeze de Yunnec et ses 385 grammes ? Non, l’image filmée par le Breeze n’est pas stabilisée mécaniquement, et cela fait toute la différence. Il existe de nombreux drones petit format, dont les caméras sont de piètre qualité. Les plus évolués disposent d’une stabilisation numérique, comme le Breeze, mais aussi le Bebop 2 de Parrot ou le Dobby de Zerotech. Le résultat est sans appel. Là où les images stabilisées numériquement gigotent, sont déformées ou souffrent d’un fort grain, celle du Spark, stabilisée que 2 axes mécaniquement avec des moteurs brushless, est parfaitement stable. Même lorsqu’il y a du vent, même lorsque le pilote chahute l’appareil !

Le revers de la médaille, c’est que le Spark permet uniquement de filmer en Full HD, soit 1920 x 1080 pixels, à 30 images par seconde. Une cadence d’images un peu juste pour des vols rapides, des panoramas ou des translations. En revanche, l’image est parfaite si l’appareil évolue doucement. Les photos profitent aussi de la stabilisation : elles sont nettes, avec une définition de 3968 x 2976 pixels. La netteté et les couleurs sont un peu poussées artificiellement, mais de manière raisonnable. Un bon point : l’effet fish-eye est entièrement gommé par le traitement de l’image : l’horizon est plat.

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3 – Oui, pour les fonctions automatiques

L’expérience des précédents modèles de DJI profite au Spark. Le pilotage est assisté à d'une stabilisation de l’appareil entièrement automatique, et des fonctions GPS (et Glonass) pour assurer un vol stationnaire très précis avec l’aide des satellites. En intérieur, donc sans l’aide du GPS, le Spark s’appuie sur une caméra verticale et des capteurs infrarouges pour maintenir sa position et sa hauteur de vol. Il sait décoller et atterrir tout seul, à la demande ou en cas de perte de liaison radio.

Ce sont ses fonctions avancées qui sont les plus impressionnantes. Le retour vidéo en temps réel sur smartphone permet de pointer un objet ou une personne à l’écran, et de demander au Spark de le suivre en pointant la caméra vers lui. Et ça fonctionne ? Oui, le suivi est très efficace. D’autres fonctions permettent de filmer un Dronie ou des vols en spirale. Des séquences de vol plutôt difficiles à réaliser manuellement, même pour les pilotes chevronnés.

4 - Non, pour la portée

Le Spark est vendu sans radiocommande dans son pack de base. Comment peut-on le piloter ? Avec un smartphone, bien sûr. Mais DJI propose un nouveau mode qui permet d’être débarrassé de tout accessoire : le mode Gesture. Pas besoin de radio, pas besoin de smartphone, le Spark décolle de la main, se positionne en attente de vos commandes. Il suffit d’esquisser des gestes pour lui faire suivre votre main, reculer de quelques mètres, prendre un cliché (pas de vidéos), revenir près de vous, se poser dans votre main. Ça fonctionne… presque toujours. Mais les commandes par gestes sont assez capricieuses. Elles ne permettent pas au Spark de s’éloigner de plus de 3 mètres environ.

En pilotant avec le smartphone et le logiciel DJI GO 4, on peut espérer une portée, sans obstacles, de 60 mètres environ. C’est un peu juste. Avec la radiocommande, DJI assure qu’il est possible d’atteindre 500 mètres de portée. Ce n’est pas ce à quoi nous sommes parvenus, la liaison n’a pas dépassé les 200 mètres. Pas question, par ailleurs, de voler en immersion, c’est-à-dire en se fiant uniquement au retour vidéo : il est très saccadé, parfois totalement figé.

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5 - Non, pour le pousse au crime !

Le Spark est un appareil parfait pour réaliser des selfies aériens en quelques secondes, pour réussir une prise de vues depuis les airs sans être un as du pilotage, sans déballer tout un attirail complexe. Pourtant il faut garder en tête la réglementation française, qui interdit formellement les vols au-dessus de l’espace public en agglomération(sauf dans une propriété privée), au-dessus de personnes, de nuit. Saviez-vous qu’il est également interdit de décoller dans un parc national ou une réserve naturelle, mais pas d’un parc régional ?

Des efforts d’éducation et de sensibilisation des pilotes vont être nécessaires pour qu’ils aient connaissance de la (complexe) réglementation en vigueur... Seules certaines zones sensibles, comme les abords des aéroports, certaines centrales nucléaires, certaines prisons, sont considérées comme impénétrables par le logiciel interne développé par DJI. Mais voilà : pas vu, pas pris ! Il est probable que certains propriétaires du Spark profitent de la discrétion de leur appareil pour décoller en ville, shooter des monuments, réaliser des selfies à la plage en été, aller filmer des feux d’artifice depuis les airs…

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