[Test] Huawei Mate S : l'apothéose chinoise

5 raisons de craquer (ou pas) pour le Huawei Mate S

Depuis plusieurs années, le géant chinois Huawei monte en gamme. Il suffit de jeter un œil à ses modèles les plus récents, du Huawei Mate 7 sorti l’an passé, au P8 dévoilé au printemps. Ces appareils, tous de métal vêtus, se sont avérés de véritables réussites, tant sur le plan esthétique que du matériel embarqué. Le dernier né du constructeur, le Mate S, continue sur cette lancée et constitue l’apothéose de ce travail de longue haleine.

1 - Oui, pour son design et sa qualité de construction

Le design du Mate S est incontestablement réussi. S’il est un peu lourd (156 grammes), on lui pardonne volontiers compte tenu son usage immodéré du métal. Les finitions sont impeccables, la finesse reste impressionnante (7,2 mm), bien que ses mensurations semblent idéales compte tenu de son afficheur de 5,5 pouces. Il occupe en effet 74 % de la façade avant, à comparer aux 68 % de l’iPhone 6s Plus qui exploite une dalle d’une taille identique.

L’usage à une main n’est alors pas impossible, à condition que la vôtre ne soit pas trop petite. La coque est légèrement incurvée, ce qui profite à la préhension. S’il rend bien en photo, l’objet s’apprécie surtout une fois en main. C’est là que l’on prend la pleine mesure des détails : les bords biseautés, sur la façade avant et arrière, participent à l’élégance autant qu’à la maniabilité, puisqu’ils rejoignent habilement l’écran 2,5D (c’est à dire aux bords arrondis).

Au verso, les bandes pour antennes sont intégrées avec minutie, à l’instar d’un HTC One. Apple utilise également cette technique depuis l’iPhone 6, mais le contraste des couleurs est un peu trop marqué selon les versions. Ici, la sobriété est de mise pour qu’elles soient le moins visibles possible. Un capteur d’empreinte digitale est placé juste en dessous de l’appareil photo, une position tout aussi facile à atteindre que le bouton d’accueil sur un Galaxy S6 ou l’iPhone 6.

2 - Oui, pour son lecteur d’empreinte ultrarapide

L’Ascend Mate 7, que le Mate S remplace, était déjà équipé d’un capteur d’empreinte digitale. À l’époque, nous louions ses mérites : très rapide, bien placé et fonctionnel quel que soit le sens dans lequel le doigt se pose. Sur le Mate S, Huawei a annoncé avoir revu son dispositif en le rendant globalement deux fois plus performant. Ce genre de déclaration est courante et nous ne nous attendions pas à un changement majeur. À tort.

La reconnaissance des empreintes est d’une réactivité inédite. Écran éteint, il suffit de poser son doigt pour que l’affichage s’illumine à peine quelques dixièmes de secondes plus tard. On se prend à répéter l’opération plusieurs fois de suite pour vérifier si la vélocité est systématique, et c’est le cas.

Par ailleurs, le capteur peut également faire office de raccourcis, en glissant par exemple de haut en bas afin de faire apparaître le panneau de notification, de gauche à droite pour passer d’une photo à l’autre dans la galerie, ou encore une pression continue pour répondre à un appel. Ces fonctions s’avèrent pratiques surtout lorsque l’appareil est tenu à une seule main.

3 - Oui, pour son écran

Le prédécesseur du Mate S, l’Ascend Mate 7, offrait un écran pour le moins généreux : 6 pouces. En revenant à des dimensions plus raisonnables, Huawei prend le risque de décevoir tous ceux qui ont appris à apprécier une dalle quasiment digne d’une tablette. En ce qui nous concerne, nous jugeons l’afficheur 5,5 pouces du Mate S comme un excellent compromis entre taille et confort d’utilisation.

La marque abandonne la technologie IPS pour s’essayer à l’AMOLED, avec un certain succès. Les qualités inhérentes à ces écrans sautent rapidement aux yeux : profondeurs inégalables des noirs, des couleurs vives et un faible éblouissement dès que l’on s’en sert de nuit. Par contre, Huawei n’a pas cédé au chant des sirènes en passant la définition à du Quad HD (2 560 x 1 440), contrairement au G4 de LG ou le Samsung Galaxy S6.

On conserve alors du Full HD (1 920 x 1 080), ce qui n’est pas pour déplaire : la résolution reste excellente, de l’ordre de 401 pixels par pouce. Les caractères sont parfaitement dessinés, les pixels sont impossibles à distinguer les uns des autres. Un mot sur l’interface, Emotion UI 3.1 qui recouvre Android dans sa version 5.1. Elle s’avère très efficace et très rapide, ceux qui connaissent la marque commencent à être habitués.

4 - Non, parce que le Force Touch n’est pas encore là

Lors de la présentation du Mate S, pendant l’IFA de Berlin au début du mois de septembre, Huawei a créé la surprise en dévoilant une fonctionnalité encore inédite sur un smartphone : le Force Touch. Il s’agit d’une nouvelle façon d’interagir avec l’écran, qui est capable de détecter la pression du doigt. Le constructeur prenait ainsi une courte avance sur son concurrent américain Apple, qui a lancé une technologie similaire sur ses iPhone 6s et 6s Plus, appelée 3D Touch.

Si la manière dont fonctionne le dispositif est identique, en terme d’interaction il y a de quoi être déçus. Premièrement, seule la version la plus coûteuse du téléphone est équipée du Force Touch, à savoir celle munie de 128 Go de stockage et dont on n’a toujours pas entendu parler depuis la présentation. Notre modèle de test, doté de 32 Go de mémoire, en est donc dénué. Par ailleurs, les exemples d’interactions avec le système Emotion UI 3.1 montrés durant la conférence semblent à des années-lumière du travail opéré par Apple sur iOS 9 : si ce n'est peser un fruit avec son écran, rien de très excitant.

L'autre déception, dans une moindre mesure toutefois, c'est la batterie. Là où l’Ascend Mate 7 pouvait se pavaner avec 4 100 mAh, le Mate S souffre de la réduction de sa taille et ne parvient à loger qu’un accumulateur de 2 700 mAh. Si ses performances restent très bonnes - il nous a été possible de dépasser sans problème une journée et demie d’utilisation - elles sont évidemment en retrait face à son prédécesseur.

5 - Oui, pour ses performances

Malgré une fiche technique qui n’a pas les prétentions d’un Snapdragon 810 ou de l’Exynos 7420 des Galaxy S6, le Mate S n’a clairement pas à rougir de la concurrence. Sa puce, Kirin 935, n’est pas une inconnue : elle est également présente sur le Honor 7. Il s’agit d’un dérivé du Kirin 930 que l’on avait découvert dans le P8, à un petit détail près : elle fonctionne plus rapidement. Ses huit cœurs Cortex A53 sont pour moitié limitée à 1,5 GHz, tandis que les autres peuvent atteindre 2,2 GHz. À cela s’ajoutent 3 Go de mémoire vive et un circuit graphique Mali-T628 MP4.

Dans les faits, les performances sont tout simplement bluffantes : la réactivité du système est assurée en toute circonstance. Durant l’utilisation de l’appareil, jamais un ralentissement n’est venu perturber notre expérience. Dans les jeux, le processeur graphique s’acquitte de sa tâche tout à fait honorablement, bien qu’il ne soit pas au niveau de Samsung et son Galaxy S6.

Un dernier mot enfin sur son capteur photo. Huawei a repris l’équipement du P8, soit un capteur Sony 13 mégapixels à stabilisation optique. Cette particularité s’avère particulièrement utile lorsque l’on est en mouvement, ou dès que la lumière vient à manquer. Pour autant, on reste étonné de ne pas voir la 4K au menu dans la captation vidéo. À l’heure où les plus importants acteurs y sont passés - Samsung, LG et même Apple récemment - il devient urgent de réagir. Concernant la capture photo, elle est excellente, bien qu'encore derrière les ténors du genre. Le capteur avant totalise quant à lui 8 mégapixels, de quoi offrir des autoportraits d'une qualité très convaincante.

Lire : Smartphone : lequel acheter ? Comment choisir ?

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