[Test] Smartphone : faut-il craquer pour le Huawei P10 ?

5 raisons de craquer (ou pas) pour le Huawei P10

Après un P9 qui nous avait clairement séduits l’an dernier, Huawei revient en 2017 avec un nouveau smartphone haut de gamme, le Huawei P10. Comme à son habitude, le constructeur chinois propose ici une évolution de son précédent appareil, avec quelques fonctions venues tout droit du Huawei Mate 9, sorti en fin d’année dernière. Mais à l’usage, que vaut ce nouveau smartphone signé Huawei et peut-il vraiment voler la vedette à ses concurrents ? Pour le savoir, la rédaction de Tom’s Guide a testé pour vous le Huawei P10.

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Non pour son design trop classique

Ça risque décidément d’être la grande tendance des smartphones en 2017. En dehors du Samsung Galaxy S8 ou du LG G6, point de salut en termes de design. Il faut dire qu’avec son dernier smartphone, Samsung a réussi un défi particulièrement complexe face auquel la plupart de ses concurrents ont échoué. Disons-le tout net : le Huawei P10 propose un design ennuyeux, particulièrement banal, qui ne donne pas envie.

Sur l’écran tout d’abord, celui-ci n’occupe que 71 % de la surface du smartphone. Un chiffre qui se rapproche de celui de l’iPhone 7 (66 %), qui n’est pourtant pas réputé pour offrir un ratio taille de l’écran sur taille du smartphone particulièrement avantageux. En comparaison, le G6 de LG parvient à un taux de 79 % quand le Galaxy S8 s’envole avec un affichage qui occupe 84 % de la surface de l’appareil. En dehors de ces chiffres, on a surtout l’impression d’avoir affaire à un smartphone certes bien fini, avec des contours en métal qui paraissent solides, un aluminium bossé confortable et une bonne prise en main, mais qui ressemble à n’importe quel smartphone de ces cinq dernières années.

Par ailleurs, si le P10 conserve les grandes lignes des précédents smartphones de Huawei comme le P9 ou le Mate 9, le constructeur chinois a opéré un changement pour le moins déconcertant. Le lecteur d’empreintes digitales, traditionnellement placé au dos, est désormais passé en dessous de l’écran, en façade. Un choix qui explique en partie la faible surface allouée à l’écran puisqu’il faut y ajouter également le lecteur. Par ailleurs, on appréciait tout particulièrement la position du capteur sur les anciens smartphones, celui-ci tombant directement sous l’index. Un choix que même Samsung semble avoir finalement adopté avec son dernier Galaxy S8. En dessous de l’écran, le capteur, par ailleurs toujours aussi rapide, fait tout de même tache.

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Oui pour la photo

Depuis un an et demi et son partenariat avec Leica, la photo est l’un des principaux arguments mis en avant par Huawei pour ses smartphones hauts de gamme. Force était de constater que le Huawei P9 avait de quoi séduire il y a un an notamment grâce à son filtre monochrome et son double capteur. Une idée reprise fin 2016 sur le Huawei Mate 9 puis à nouveau sur ce Huawei P10.

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Avant toute chose, précisons que le P10 est disponible en deux versions, la classique et le P10 Plus. Si les deux smartphones profitent de capteurs arrière de 20 mégapixels, la version petit format ne profite que d’une ouverture de f/2,2, contre f/1,8 pour le P10. Concrètement, cela signifie que l’ouverture du capteur est plus importante sur la version Plus et qu’elle sera donc capable d'absorber davantage de lumière pour des effets de flou plus convaincants en mode portrait, des images mieux définies dans l’obscurité ou des images plus nettes pour les sujets en mouvement. Malheureusement, nous n'avons pu tester que la version classique du P10 et son ouverture de f/2,2.

Dans les faits, la version classique du Huawei P10 s’en sort tout de même très convenablement. Dans les photos de paysage, le smartphone parvient à ne pas brûler le ciel ou trop obscurcir les bâtiments, tout en conservant un bon niveau de détails. Sur une petite figurine prise en photo en gros plan, le capteur a un peu de mal à faire la mise au point sur le casque, malgré plusieurs essais, mais conserve l’effet de flou propre à la photo macro tout en mettant bien en avant les couleurs. C’est dans l’obscurité que le smartphone a davantage de mal avec beaucoup de bruit numérique, la sensibilité devant monter à 1250 ISO pour atténuer la faible ouverture.

Là où le bât blesse en revanche, c’est au niveau des menus. L’interface photo du Huawei P10 est particulièrement fouillis avec trois écrans différents pour effectuer ses réglages. Si un volet peut s’ouvrir dans l’écran principal pour afficher la vitesse, la sensibilité ou la mise au point, il faut aller dans un panneau à gauche pour pouvoir changer de mode (monochrome, HDR, light painting, cliché nocturne, etc.) et à droite pour accéder aux autres paramètres (grille de composition, minuteur, fichiers RAW). Le tout donne une impression de désordre et de trop-plein de fonctionnalités qui aura vite fait d’effrayer les néophytes.

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Non pour l’autonomie moyenne

Pour la plupart des constructeurs de smartphones, l’objectif est généralement de dépasser la journée d’autonomie. Avec sa batterie de 3200 mAh, le Huawei P10 parvient à fonctionner durant un peu plus de 26 heures. Un chiffre qui paraît plutôt bon au premier abord, mais qui reste tout de même à relativiser.

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En effet, une journée complète d’autonomie ne permet pas de faire fonctionner le smartphone pendant deux jours. Il restera donc nécessaire de le recharger toutes les nuits. Or, avec la multiplication des cycles de recharges, le smartphone va nécessairement perdre de sa capacité de batterie et donc de son autonomie. Pour des smartphones pouvant fonctionner pendant 24 heures durant les premières semaines avec une batterie neuve, il n’est pas rare que celle-ci ne dure plus que 12 à 16 heures après un an d’utilisation. Puisqu’il est impossible de remplacer la batterie du smartphone, celle-ci étant inamovible, comme pour la plupart des concurrents, il faudra le recharger encore plus souvent, y compris lorsqu’on est absent de chez soi. De quoi augmenter alors le cycle de batteries et diminuer encore l’autonomie du P10.

Afin de pallier ce problème, Huawei propose, avec son P10, un système de recharge rapide. Celui-ci est identique à ce que proposait le constructeur sur le Mate 9, lancé en fin d’année 2016. De quoi regagner environ 50 % de batterie en une trentaine de minutes et donc recharger son smartphone à la volée avant de partir. Cette recharge rapide nécessite toutefois d’avoir avec soi l’adaptateur secteur spécialement conçu par Huawei et disponible avec le smartphone.

Non pour le manque de puissance

Décidément, Huawei a beau proposer tous les ans des processeurs plus puissants, le constructeur souffre en permanence de son retard face à la concurrence de Qualcomm ou de Samsung. Pour son P10, le fabricant chinois a réutilisé son processeur Kirin 960, inauguré avec le Mate 9 lancé à l’automne dernier. Seulement, cette puce visait essentiellement pour Huawei à tenter de rattraper le retard pris face à ses concurrents en termes de puissance et surtout d’affichage 3D. Un retard que le Kirin 960 parvenait en partie à combler, mais qui s’est à nouveau creusé alors que la concurrence s’apprête à lancer les premiers smartphones dotés du Snapdragon 835 ou de l’Exynos 8895.

Afin d’évaluer la puissance du Huawei P10, nous l’avons fait tourner sous deux applications de benchmark : Geekbench, qui permet de mesurer la puissance de calcul, et 3DMark Sling Shot Extreme 3.1, chargé de mesurer la puissance graphique, notamment pour les jeux. Nous avons comparé le P10 au Huawei Mate 9, doté de la même puce, au Mate 8, équipé du même processeur que le Huawei P9, à l’iPhone 7 Plus et au Galaxy S7.


3D Mark (Sling Shot ES 3.1)
Geekbench multi-core
Huawei P9
2032
6137
Huawei Mate 9
2223
5667
Huawei Mate 8
900
6207
Samsung Galaxy S7
2792
5213
iPhone 7 Plus
3923
5418

Sans surprise, les scores du P10 sont relativement proches de ceux du Mate 9, aussi bien pour la puissance de calcul que pour l’affichage 3D. Des performances globalement bonnes, particulièrement pour la puissance de calcul, même si le P10 se fait largement surpasser par le Galaxy S7, vieux d’un an, ou l’iPhone 7 Plus. Concrètement, si l’affichage dans les jeux est plutôt fluide, le smartphone de Huawei aura plus de mal à faire tourner les jeux les plus gourmands, surtout en comparaison du Samsung Galaxy S7 ou de l’iPhone 7 Plus. On ignore encore quelle puissance graphique délivrera quant à lui le Samsung Galaxy S8, mais cela n’augure rien de bon pour le Huawei P10.

Oui pour son prix

Il y a encore un an, Huawei s’affichait comme une marque particulièrement haut de gamme avec son P9. Le smartphone était en effet commercialisé autour de 700 euros, se plaçant ainsi en concurrent direct du Samsung Galaxy S7 ou de l’iPhone 6. Un an plus tard, le constructeur chinois semble avoir revu sa politique tarifaire et se veut bien plus généreux pour son P10.

Disponible au prix de 599 euros, le smartphone se veut ainsi une alternative, moins chère, à ses principaux concurrents. Un bon choix de la part de Huawei qui évite cette fois de se confronter directement au Galaxy S8 et à l’iPhone 7, contrairement au HTC U Ultra et ses 800 euros au lancement. Pour les consommateurs, c’est également tout bénéfice, puisqu’avec ses caractéristiques techniques très correctes, le Huawei P10 peut se confronter à la plupart des smartphones hauts de gamme de ses concurrents. Il s’agit ainsi d’une excellente pour les plus petits budgets qui ne cherchent pas forcément un smartphone avec un design clinquant, mais simplement un smartphone solide avec de spécifications. 

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3 commentaires
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  • Jolteon
    Complètement faux à propos de la puissance. Il est très puissant et fait tout tourner. Dire le contraire c'est du mensonge et de la désinformation.
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  • lotenne
    Le Kirin 960 est aussi performant que le Qualcomm 835
    le lien pour en avoir une petite idee.
    http://www.androidpit.fr/benchmarks-snapdragon-835-a-peine-plus-rapide-que-huawei-kirin-960
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  • Snooche
    Pour le cycle de la batterie, on ne va pas doubler les cycles de charge: un cycle de recharge "complet" c'est partir de la batterie à 0, chargé une batterie à 50% compte pour un demi cycle. Et il faut arrêter avec l’idée reçue que la batterie doit être chargée entièrement donc vidée à chaque fois, ce n'est plus vrai avec les batteries modernes, justement il faut éviter de les amener trop bas.
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