[Test] Karma 2017 : faut-il craquer pour le drone de GoPro ?

Il est enfin disponible, ce Karma de GoPro. Sa sortie a été retardée de plusieurs mois en raison d’un problème mécanique suffisamment préoccupant pour que la marque décide de revoir sa copie. Le Karma, c’est « plus qu’un drone », assure le slogan de GoPro. C’est vrai : la version complète de l’appareil inclut le drone, mais aussi une caméra GoPro Hero5 Black, une nacelle stabilisée et une perche à main active. De quoi capter de belles images depuis les airs et au sol !

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Oui, pour le kit complet

Dans le kit « Karma avec HERO5 Black » (1400 €), on trouve le drone Karma, une nacelle stabilisée sur trois axes, une caméra HERO5 Black et la perche à main Karma Grip. Comment ça fonctionne ? La caméra est placée sur une nacelle équipée de trois moteurs et de capteurs qui assurent sa stabilisation. La nacelle peut être fixée à l’avant du drone ou installée sur la perche. Malin, même si ce concept existe déjà depuis plus de deux ans chez les concurrents de GoPro.

Karma GripKarma GripLe Karma Grip est particulièrement simple à utiliser : vous l’allumez, la nacelle stabilise la caméra et lance l’enregistrement d’une vidéo. Marchez, courez, pédalez, sautez, l’image reste stable comme si elle était filmée depuis une Steadycam. La Hero 5 Black permet de réaliser de belles images. Des photos en JPG ou en Raw, grand-angle ou avec correction de l’effet Fisheye (appelée « correction Linéaire »), avec ou sans amélioration des couleurs et du contraste. Elle filme en 4K à 30 images par seconde, ou en Full HD en 120 images par seconde.

GoPro décline son offre avec d’autres packs moins fournis. Si vous disposez déjà d’une GoPro compatible, il est possible d’acquérir uniquement le drone et le combiné Grip-nacelle. Si vous possédez aussi cet ensemble, le Karma est aussi vendu nu comme un ver. Attention, il ne fonctionne que si une GoPro est installée dans le logement dédié.

Oui, pour l’écosystème GoPro

On peut considérer le drone Karma et son Grip comme des accessoires qui offrent de nouvelles fonctions à la caméra sportive de GoPro. Ils sont compatibles avec la GoPro HERO5 Black, ainsi que les GoPro HERO4 Silver et Black. Une adéquation qui ne fonctionne pas avec les précédents modèles ni la GoPro Session, et bien sûr avec aucune des caméras concurrentes. Le kit « Karma pour HERO5 Black » (1000 €), livré sans caméra, est donc parfait pour les possesseurs de l’un des trois modèles compatibles. Pour le cas d’une HERO4, il faut prévoir l’achat additionnel d’une nacelle dédiée.

Application Passenger sur tablette AndroidApplication Passenger sur tablette AndroidLe constructeur propose des briques logicielles sur smartphones, tablettes et ordinateurs de bureau : Capture pour régler la caméra, Quik pour créer facilement des vidéos à partir de séquences et Passenger pour obtenir un retour vidéo en temps réel sur un smartphone. Le tout est bien réalisé, avec une mention particulière pour Quik et sa facilité d’emploi. Pour en profiter pleinement, sachez qu’il est recommandé de souscrire à GoPro Plus, le service Cloud de la marque, pour… 6 € par mois.

Non, pour l’encombrement

Le GoPro Karma pèse un peu moins de 2 kg en ordre de vol, c’est-à-dire avec ses hélices, sa batterie, sa nacelle et une HERO5 Black. « Ultra compact », assure le site web de la marque… Certes, ses bras se replient, mais avec des dimensions de 36,5 x 22,4 x 9 cm, il est vraiment imposant ! On le compare forcément au Mavic Pro de DJI, lequel mesure 19,8 x 8,3 x 8,3 cm, pour moins de 800 g. Dans le cas du Karma, il faut encore ajouter 625 g pour la radiocommande, 250 g pour le Grip et 1,7 kg pour le sac de transport. Soit au total 4,5 kg à trimballer en balade, tout de même…

Bon point pour la radiocommande, qui privilégie la simplicité, avec un écran couleur tactile, un vibreur pour prévenir efficacement le pilote, un simulateur de vol pour s’entraîner, et surtout le retour vidéo en temps réel de l’image filmée à bord. Une molette permet de contrôler l’inclinaison de la caméra, de 0° (à l’horizontale) jusqu’à -90° (à la verticale).

Lors de nos tests en vol, la liaison vidéo n’a pas décroché, malgré de petites saccades, jusqu’à une distance de 400 mètres. Au-delà, on dépasse le cadre légal en France qui impose une vue directe à tout moment. GoPro table sur une autonomie en vol qui peut aller « jusqu’à » 20 minutes. Dans la pratique, l’appareil est resté en l’air entre 15 et 18 minutes. C’est un peu juste par rapport à la concurrence. Peut-être dû à l’excès de poids.

Non, pour les capteurs qui manquent

Le Karma capte les signaux satellites GPS pour fixer sa position et se base sur un baromètre altimétrique pour gérer tout seul sa hauteur de vol, mais il est dépourvu de caméra verticale et de sonar. Est-ce grave, docteur ?

Exemple de photo 4000 x 3000 pixels en mode WDR sans correction linéaireExemple de photo 4000 x 3000 pixels en mode WDR sans correction linéaireLe contrôle est facile avec la radiocommande, pourtant l’assistance au pilotage est décevante. En vol stationnaire, c’est-à-dire sans toucher à la radiocommande, le Karma ne reste pas figé en l’air comme la plupart de ses concurrents. Il dérive un peu horizontalement sur 2 mètres environ et a tendance à monter et descendre avec une amplitude qui peut atteindre trois bons mètres ! Une caméra optique et un sonar auraient permis de corriger ce défaut.

Pendant un vol, notre exemplaire a perdu le « fix » GPS sans raison valable. Il a fallu poser la machine sans assistance et sans possibilité d’automatiser l’atterrissage, l’éteindre, la rallumer pour qu’elle capte à nouveau les signaux des satellites.

Non, pour le peu de fonctions

Le Karma est en mesure de décoller et d’atterrir tout seul. Il est aussi capable de revenir automatiquement à son point de décollage à la demande, le vol étant dans ce cas automatisé. Vous pouvez même lui demander de revenir près de vous et non pas du point de décollage. C’est bien pratique si vous vous êtes déplacés après avoir décollé.

Ecran de la radiocommandeEcran de la radiocommandeLe logiciel de la radiocommande propose 4 modes de vols automatisés. « Dronie » fait partir le drone avec sa caméra face à vous pour réaliser un selfie en découvrant le décor. « Cable Cam » permet de tirer un câble virtuel entre deux points. Le Karma vole automatiquement comme s’il était fixé à ce câble, en vous laissant orienter la caméra – vous le laissez piloter pendant que vous cadrez. « Panorama » automatise un vol en dévoilant l’horizon. Enfin « Orbite » crée un vol en cercle en pointant la caméra vers le centre du cercle pour un rendu très sympa.

Mais où sont les fonctions qui équipent les drones du moment ? Il manque le « Follow me » pour suivre une personne ou un objet, un comble pour GoPro qui a bâti sa réputation sur les activités sportives. Pas non plus de vols préprogrammés « Waypoints » reposant sur des points de passage ou même de capteurs capables de détecter des obstacles. Dommage.

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