Kaspersky Total Security : on a testé la version 2019 de l'antivirus

Kaspersky connaît une période difficile. Malgré ses efforts louables (et plutôt uniques en leur genre) en matière de transparence, l’entreprise se voit aujourd’hui éjectée des marchés publics américains et européens sur des suspicions d’espionnage jamais prouvées et qui semblent davantage refléter le renouveau des tentions politiques entre la Russie et les pays occidentaux qu’une quelconque réalité tangible. Loin des jeux politico-économiques, ce qui nous intéresse avant tout ici, ce sont les qualités techniques des protections proposées. Or, nulle suite n’est plus testée que celle de Kaspersky à travers le monde. Tous les laboratoires de tests de sécurité l’ont à l’essai et la suite termine, systématiquement, sur le podium de tous les comparatifs. Ce n’est pas un hasard : Kaspersky Total Security présente les boucliers les plus complets et les plus sophistiqués du marché. La suite possède des défenses très originales comme la réputation des certificats, un puissant anti-bannières, une recherche avancée des vulnérabilités, un contrôle évolué des modifications du système, et plein d’autres outils dédiés aux utilisateurs les plus paranoïaques. Elle reste l’une des seules solutions à vraiment permettre de blinder sa configuration pour qui ose s’aventurer dans ses paramétrages avancés. Malheureusement, cette édition 2019 ne corrige aucun des défauts que nous pointons du doigt depuis 2017 ! Il n’y a toujours pas de formule moderne avec un abonnement mensuel, le double contrôle parental prête à confusion, trop de modules sont à installer séparément et les paramètres par défaut sont encore trop tendres. Bref, Kaspersky Total Security 2019 est sans conteste l’une des meilleures protections du marché et mérite toute votre confiance, mais elle ne progresse plus vraiment et son rapport qualité-prix souffre d’une concurrence féroce et plus inspirée.

Quoi de neuf dans l’édition 2019 ?

Cette édition 2019 est très similaire à l’édition précédente. L’interface utilisateur est globalement identique même si Kaspersky a totalement repensé l’écran secondaire « Plus de fonctions ». Au lieu d’une longue liste de fonctions avancées, l’utilisateur aboutit désormais sur un écran intermédiaire qui regroupe ces outils par thèmes. L’accès et la compréhension en sont donc simplifiés pour les néophytes. Les habitués de la suite seront en revanche plus sceptiques puisque certains outils autrefois accessibles en 1 clic en requiert désormais deux voire trois. L’amélioration la plus notable réside dans le module d’optimisation et de nettoyage du PC qui se voit désormais enrichi d’une fonction de recherches et suppressions des extensions malveillantes ou indésirables, greffées dans les navigateurs Web. D’autres améliorations, plus mineures, font leur apparition : désormais le renforcement du navigateur en mode « Protection Bancaire » exploite la virtualisation matérielle du CPU, l’anti-bannière est encore plus efficace et le contrôle parental permet désormais d’interdire des familles d’applications (par exemple tous les navigateurs Web). On notera que les applications Mac, Android et iOS n’ont pas encore évolué en version « 2019 ».

6 raisons d’adopter (ou pas) Kaspersky Total Security 2019

1- Oui, pour l’alliance de la convivialité et de la technicité

Impressionnante par sa richesse fonctionnelle et l’ingéniosité de ses innombrables boucliers, Kaspersky Total Security Suite 2019 masque sa complexité technique par une interface d’accueil minimaliste qui se focalise sur les besoins clés de la plupart des utilisateurs. L’ergonomie générale a été simplifiée sur cette édition 2019 pour permettre aux utilisateurs néophytes, mais curieux de prendre en main plus aisément les fonctions les plus avancées. Car derrière l’apparente simplicité de l’écran principal, se cache une richesse d’options et de paramétrages inégalée. Avec des outils aboutis pour repérer les vulnérabilités du système, faire un diagnostic global de sa machine, mettre à jour les logiciels périmés, protéger vos documents clés (par chiffrement), la suite prend la sécurité du PC très au sérieux et va plus loin que tous ses concurrents.
Le plus étonnant, c’est que toute cette débauche de boucliers et fonctionnalités se fait finalement avec un impact relativement réduit sur le système. Certes, la présence de Kaspersky Total Security n’est pas totalement neutre. Et d’une manière générale, la version 2019 fait un tout petit peu moins bien sur nos tests que l’édition 2018, bien que la différence ne soit pas sensible par l’utilisateur. Sur les ordinateurs modernes, l’impact reste presque imperceptible même si, à l’usage, on note par moment quelques ralentissements notamment lorsque l’on vient forcer niveau de défense au maximal.

2- Oui, pour la protection de vos explorations Web

Nous n’avons pas peur de l’affirmer, Kaspersky possède le meilleur anti-phishing du marché ! C’est le seul qui incorpore une intelligence un tant soit peu efficace. Certes, Bitdefender et Norton ont eux aussi un brin d’intelligence dans la détection des sites frauduleux, mais rien qui puisse rivaliser avec le bouclier du laboratoire russe. Son taux de réussite sur les faux sites Google Drive, Apple iCloud, PayPal ou Facebook est très supérieur à la concurrence. Malheureusement, cette intelligence est encore trop orientée vers les grands services internationaux et doit être affinée face aux sites factices très français (faux Ameli.fr ou Free par exemple) qui dérobent vos identifiants. Cela fait deux ans que nous pointons cette lacune et Kaspersky ne s’améliore pas. Ainsi, sur nos derniers tests, la protection a même laissé passer plusieurs sites de phishing visant les utilisateurs français de Box et Dropbox. On signalera cependant qu’aucune protection du marché n’a réussi à les intercepter non plus.
Reste qu’avec Kaspersky, il existe toujours une astuce pour se rehausser la sécurité : on peut astucieusement paramétrer son excellente protection Safe Money pour qu’elle s’active sur tous les sites « clés » que vous utilisez (banques, opérateurs, iCloud, Google, Microsoft, Amazon, réseaux sociaux, box, dropbox) et non uniquement sur les sites bancaires. Vous saurez tout de suite être en présence d’un phishing si le site visité ne déclenche pas la protection Safe Money.
Toujours dans l’idée de protéger vos explorations Web, la fonction Navigation Privée évite la collecte d’informations par les sites Web et les suivis intempestifs publicitaires. Son association avec l’excellent « anti-bannière » améliore à la fois la sécurité de vos navigations et le respect de votre vie privée. Ces deux fonctionnalités agissent quel que soit le navigateur Web utilisé, y compris Edge, bien que ce navigateur ne dispose pas de l’extension disponible sur Chrome et Firefox pour interagir plus aisément avec les défenses.

3- Oui, pour ses boucliers proactifs

Les défenses proactives – qui permettent de lutter contre les menaces inconnues des bases de signatures et heuristiques – sont très efficaces même en conservant les paramètres par défaut. Toutefois, comme sur les versions 2017 et 2018, ces réglages par défaut ne nous ont pas totalement convaincus sur les ransomwares inconnus. Signalons cependant que l’édition 2019 a réussi à intercepter l’un de nos tests ransomwares proactifs qui échappait jusqu’ici à la protection (dans ses paramétrages par défaut). Les boucliers d’analyse comportementale ont donc été significativement améliorés dans cette édition 2019. La protection continue également de se comporter étrangement face aux crapwares douteux sans être véritablement dangereux : elle les détecte bien, mais uniquement après leur installation et les désinstalle alors automatiquement après un redémarrage. Tout comme les années précédentes, tous ces incidents peuvent être évités en forçant un peu les paramètres de sécurité grâce aux multiples options proposées. On aimerait cependant voir Kaspersky insuffler plus d’intelligence embarquée afin d’augmenter automatiquement ses niveaux de sécurité en fonction des contextes sans que l’utilisateur ait à se perdre dans sa myriade de réglages avancés. KTS 2019 est cependant l’une des seules suites à permettre un véritable blindage du PC. Son bouclier « Contrôle des applications » permet d’interdire à toute application inconnue d’accéder aux documents de l’utilisateur ou aux fonctions sensibles du système. Ce mécanisme diffère dans son principe des boucliers antimalware de solutions comme Trend Micro ou Avast, mais apporte au final une défense similaire et plus universelle. Quant à son mode « Applications de confiance » (inactif par défaut), il se révèle idéal pour empêcher tout logiciel non certifié comme sain par Kaspersky de s’exécuter. Un moyen simple pour les néophytes de hausser le niveau de protection.
Rappelons qu’il n’existe qu’une solution vraiment fiable contre les rançongiciels : la sauvegarde. En la matière, la suite est bien armée. Très simple d’emploi, convivial et efficace, le module sauvegarde vos fichiers importants sur disque externe, emplacement réseau, serveur FTP ou encore sur votre compte Dropbox ce qui nous semble la meilleure solution. Deux bémols cependant : on regrettera que cette sauvegarde cloud ne soit pas chiffrée et qu’elle ne puisse se faire sur un autre espace que DropBox (à quand le support de OneDrive ?). Deux défauts déjà évoqués en 2017 et en 2018, que Kaspersky se refuse toujours à prendre en compte. Encore une fois, KTS semble stagner…
Enfin, signalons que nous apprécions toujours autant la fonction de recherche de vulnérabilités qui permet d’analyser en profondeur votre système et d’en connaître tous les points faibles afin d’y remédier grâce aux explications et corrections proposées.

4- Oui, pour son approche multiplateforme

Kaspersky Total Security protège vos appareils Windows, vos ordinateurs Mac OS X, vos smartphones et tablettes Android et même, dans une moindre mesure, vos appareils iOS et ceci avec la même qualité technique et le même sérieux. Et le tout est facilement pilotable depuis une console centrale Web, très bien faite et qui permet, chose rare, d’interagir véritablement à distance avec les protections, pour réactiver les boucliers désactivés, déclencher des analyses, forcer les mises à jour, etc.

Ce portail permet aussi de lancer les installations des protections sur les différents appareils à protéger. Parmi les modules que l’on retrouve sur tous les appareils, on saluera l’honorable gestionnaire de mots de passe (auquel on reprochera l’absence d’intégration avec Windows Hello qui l’aurait rendu plus convivial sous Windows et aurait éviter la saisie systématique du mot de passe d’authentification au lancement) et le module VPN (fruit d’un accord permettant à Kaspersky d’utiliser les serveurs mondiaux de HotSpot Shield). Dénommé Secure Connection, il n’a pas pour objectif de masquer vos activités de piratage aux yeux d’HADOPI, mais plutôt de protéger vos navigations Web dès que vous êtes connecté sur un réseau public. La licence Total Security n’autorise d’ailleurs qu’une consommation de 300 Mo par jour ce qui ne convient effectivement pas aux téléchargements, mais suffit aux explorations Web.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les protections Android et Mac n’ont pas évolué pour l’instant et restent estampillées 2018. Elles sont cependant d’aussi bonne facture que la version PC : vous y retrouverez la suite Internet Security (antimalware, antiphishing, protection Web, protection vie privée, protection bancaire, plus sur Android le contrôle des Apps et l’antivol), le contrôle parental, le gestionnaire de mots de passe et le VPN. Sur iOS, il faudra se contenter du gestionnaire de mots de passe et du contrôle parental.

5 - Oui, pour sa protection de la famille

Total Security offre l’accès au service Kaspersky Safe Kids Premium, l’un des meilleurs services en la matière du marché. Et celui-ci fonctionne de façon très unifiée que l’on soit sur PC, Mac, Android ou iOS. Bref vos enfants sont bien protégés, quel que soit l’appareil entre leurs mains.

Malheureusement, la gestion est rendue plus difficile par une incongruité malvenue : Total Security embarque en réalité deux protections familiales : une directement intégrée dans l’interface de KTS et une autre dénommée Safe Kids Premium à télécharger séparément.
La version classique n’a aucun intérêt : limitée au seul PC et pas administrable à distance, elle est inutile et dépassée.
À l’inverse, la nouvelle solution Safe Kids Premium est multiplateforme et pilotable via le Web.

Cette double solution est d’autant plus perturbante que les deux produits ne communiquent pas entre eux et ne partagent pas leur paramétrage. Et Safe Kids est en tout point supérieur à la protection basique qui n’a donc plus aucune raison d’être. Kaspersky s’entête à la maintenir pour de très mauvaises raisons marketing que nous dénonçons depuis deux ans et sur lesquelles nous reviendrons plus loin !

En attendant, Kaspersky Safe Kids est sans doute la meilleure protection pour enfants du marché. Elle permet de contrôler à distance les agissements des enfants sans nécessairement interdire (notamment quant aux usages des appareils et au temps passé sur Internet). Elle offre aussi un bon contrôle de ce que les enfants peuvent ou non utiliser comme programmes et applications (avec, dans la version 2019, une gestion des applications par catégories et surtout une prise en compte des filtrages d’âge des Stores applicatifs). Et l’on y trouve même une fonction de géolocalisation des appareils ainsi qu’un module de surveillance des activités Facebook. Sur nos tests, Safe Kids se révèle – et de très loin – la protection la plus efficace et la plus pertinente. Une suprématie acquise grâce à sa bonne gestion des moteurs de recherche et sa capacité à interdire la désactivation des modes « Strict ».

6 - Non, pour son prix et ses incohérences

L’incongruité que constitue la présence d’une double protection parentale souligne le défaut majeur et historique Kaspersky Total Security. Celle-ci ressemble beaucoup trop à un assemblage de modules indépendants. Certes, cela permet au final de proposer un produit très complet à la richesse fonctionnelle inégalée sur le marché. Mais, en contrepartie, l’installation du produit est assez fastidieuse puisqu’il faut installer d’abord la suite, puis le logiciel de gestion des mots de passe, puis Safe Kids.
Un défaut qui souligne une autre réalité : Kaspersky refuse de réinventer son approche marketing et commerciale alors que ses concurrents comme Avira ou Panda ont désormais opté pour un abonnement mensuel plus en phase avec les pratiques actuelles. Et l’on arrive désormais à du grand n’importe quoi avec par exemple un antivirus « Kaspersky Free » gratuit quasiment identique à « Kaspersky Anti-virus » facturé à 29,99 €. À l’autre extrémité du spectre, on découvre ce Total Security qui s’affirme « multi-device », mais démarre à 69,99 € pour un seul poste ! Une offre promotionnelle du moment permet d’acquérir la suite pour 5 postes à 79,99€ à comparer aux 44,99 € (promo) demandés par Norton pour 10 postes ou aux 59,95 € (promo) de McAfee Live Safe qui couvre un nombre illimité d’appareils !
On désespère de voir Kaspersky ouvrir les yeux sur les incohérences de ses offres et proposer enfin une offre moderne qui protège un nombre illimité d’appareils avec un abonnement mensuel.

Les autres versions :

Kaspersky Total Security 2019 est l’offre que nous avons retenue pour nos tests malgré son prix élevé (99,99 € hors promo pour 5 postes, 79,99 € en profitant des promotions du moment) car c’est la seule à proposer cette vision d’une suite payante qui protège toute la famille au-delà du PC et apporte une vraie valeur ajoutée aux protections de base de Windows.
À 49,99 € pour 1 poste, Kaspersky Internet Security présente bien moins d’intérêt en l’absence de Safe Kids, de gestionnaire de mots de passe, et de modules de sauvegarde/chiffrement.
À 29,99 € pour 1 poste, Kaspersky Anti-Virus est une totale ineptie dans un univers Windows 10 depuis que Kaspersky en propose une version gratuite qui fait l’essentiel du boulot (notamment grâce à son excellent anti-phishing).
Signalons par ailleurs que Kaspersky propose un autre outil gratuit utile : Kaspersky Software Updater.
En outre les modules Kaspersky Password Manager (13,99 €), Kaspersky Safe Kids (14,99 €, mais il existe aussi une version gratuite sans contrôle des communications mobiles), et Kaspersky Secure Connection (4,99 € par mois) sont disponibles indépendamment de la suite Total Security pour ceux qui veulent simplement compléter les protections de Windows 10.

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
Commenter depuis le forum
    Votre commentaire