Mavic Pro : on a joué avec le petit drone de DJI

Le 5 octobre, DJI emmenait une poignée de journalistes européens au Portugal pour découvrir son drone dernier-né, le Mavic Pro. Nous étions du voyage et avons pu jouer avec lui durant une bonne heure, de quoi se faire déjà une première idée, avant le test.

Pour le replacer dans son contexte, le Mavic Pro inaugure chez DJI un nouveau segment, celui des drones compacts. Ce marché émerge à peine. Si l’on excepte DJI, il faut traverser l’Atlantique pour trouver un modèle concurrent d’envergure : le Karma, premier drone de GoPro, présenté à peine quelques jours avant le Mavic Pro. Si ce dernier a eu toutes nos faveurs lors de sa prise en main, DJI pourrait bien avoir complètement rebattu les cartes aujourd’hui.

N.B. : Nous ne reviendrons pas ici sur tous les détails techniques et fonctionnalités du Mavic Pro. Vous pouvez les retrouver dans notre première actualité publiée ici.

Le plus compact de sa catégorie (encore plus que le Karma)

Si GoPro parvient à faire tenir son drone dans un sac à dos, DJI parvient encore à réduire l’encombrement du sien jusqu’à le caser dans une petite housse, de la taille d'une de ces pochettes qui se portent en bandoulière.

Si l’on écarte l’esthétique de ce sac de transport, qu’il appartiendra à chacun d’apprécier ou non, il faut reconnaître que le combo drone + radiocommande affiche des dimensions très ramassées. Replié, on peut même rentrer presque entièrement le Mavic Pro dans la poche d’un pantalon.

Contrairement au Karma, seules deux ailes du Mavic Pro se replient dans le profilage de son fuselage, les deux autres pivotent à 90° à la verticale pour venir se loger sous la coque, de quoi gagner en encombrement sur la longueur de l’appareil.

DJI gagne également de la place avec sa caméra et sa nacelle stabilisée, toutes deux inamovibles, à l’inverse de GoPro qui propose de récupérer son optique pour s’en servir hors du drone. On gagne donc ici en taille ce que l’on perd en modularité.

Une fois en main, la sensation de robustesse prévaut. Sans être lourd (700 g), le Mavic Pro est dense, les parties métalliques jouxtent celles en plastique avec une finition globale tout à fait honorable.

Posé sur une table de présentation, le Mavic Pro séduit donc déjà.

>>> Lire : GoPro Karma : nos premières (bonnes) impressions sur le drone star

Présentaion du DJI Mavic Pro

Une manette et/ou un smartphone

Une fois la batterie installée, très facilement, dans sa partie centrale, il ne reste plus qu’à démarrer le drone et sa télécommande. Un appui court puis un long, le Mavic Pro conserve la même logique de mise sous tension que ses aînés.

Côté commande, on a le choix de piloter avec la manette fournie ou avec son smartphone. Dans ce second cas, on est alors limité à 100 mètres de portée. La meilleure solution reste de brancher son téléphone à la manette via le port adéquat. DJI nous explique que deux connecteurs seront livrés dans la boîte : un lightning pour les iPhone et un microUSB pour les Android. Les possesseurs d’appareils en USB-C devront se fendre d’un embout compatible vendu en accessoire. Dommage.

Branché à la manette, le smartphone communique avec le drone par l’intermédiaire de l’application DJI Go, à installer au préalable. À noter que sa version Android présentait des problèmes lors de notre essai. Une mise à jour avant commercialisation devrait résoudre les problèmes.

DJI Go, également compatible avec le Phantom 4, offre une vue à la première personne du drone. Le pilotage en FPV est tout à fait convaincant, sans perturbation et en 1080p. La fonction de retour au point de départ fonctionne plutôt bien, mais a fait se poser le drone à quelques mètres du point cible lors de notre essai, alors que DJI parle de quelques centimètres. À vérifier lors de notre test ultérieur.

Des performances convaincantes

En jouant avec le Mavic Pro, nous avons aussi testé ses capacités. En mode standard, le vol est contrôlé, mais peu vif. Il laisse le temps de bien cadrer ses plans, ce qui n’est pas plus mal. En outre, une altitude minimale est automatiquement attribuée : pas à moins de 60 cm du sol, de quoi corriger les manœuvres malheureuses. Idem lorsque l’on s’approche d’un obstacle, comme un arbre ou une personne, le Mavic Pro s’arrête automatiquement à deux mètres, mais uniquement en frontal. Ne disposant pas de caméra sur son dos et sur ses côtés, il ne détecte pas les obstacles depuis ces positions. Attention donc aux plafonds et aux mouvements translatés.

>>> Lire : Comparatif drones : comment choisir ? Lequel acheter ?

Prise en main du DJI Mavic Pro

En mode sport, la prise en main est toute autre. L’inclinaison est beaucoup plus forte, les virages sont pris plus vivement jusqu’au dérapage du drone. Les sensations de pilotage se rapprochent alors furieusement de celles d’un petit Racer. Plus de détection d’obstacles dans ce mode, tout repose alors sur le doigté du pilote. Et à vitesse maximale, soit 65 km/h, il faut avoir quelques réflexes.

On se laisse facilement emporter par le jeu du Mavic Pro qui a la bonté de tenir en l’air durant 26 minutes, par temps calme. Une donnée que nous avons pu vérifier globalement. À noter qu’en vol stationnaire, l’autonomie est moindre, le drone devant tout le temps recalculer son vol pour tenir sa stabilisation. Côté manette, DJI annonce une autonomie de cinq heures. Malheureusement, celle-ci ne charge pas le téléphone qui peut y être raccordé.

Un drone qui suit son pilote

Le Mavic Pro se différencie nettement du Karma par ses technologies de suivi. Comme lui, il est capable de suivre un tracé préalablement établi, mais il peut aussi suivre en temps réel son pilote ou n’importe quelle autre personne, objet ou animal pour peu qu’il ait été désigné via l’interface de l’application DJI Go. Soit il décrit des cercles autour du sujet, soit il se place derrière ou encore sur son côté. Un mode de capture déjà présent dans les Phantom et qui fait toujours un bon travail sur le Mavic Pro.

En outre, il est aussi possible de saisir des clichés sans la télécommande, uniquement en levant les bras en V pour préciser sa position puis en formant un cadre avec les pouces et les index. Simple et astucieux.

Focus manuel obligatoire : fonctionnalité particulière ou bug ?

Dans les premières prises en main publiées par des médias ou blogueurs américains, on pouvait lire que les vidéos prises avec le Mavic Pro étaient floues. C’était en fait un problème de mise au point. DJI nous a expliqué qu’il fallait à chaque début de vol faire une mise au point manuellement en appuyant sur l’écran du smartphone. Si l’on oublie cette étape, la vidéo sera ratée. Une contrainte qui n’a pas lieu d’exister, surtout sur un appareil vendu près de 1200 €. Une mise à jour logicielle devrait pouvoir régler ce que nous considérons comme un bug. De son côté, DJI reste sur une mise en point manuelle.

Un package un peu léger (comparé au Karma)

Pour 1199 €, la boîte du Mavic Pro renferme le drone, sa radiocommande, des hélices supplémentaires, un chargeur, une batterie et quelques menus accessoires. Un pack plus léger que son concurrent direct. Celui qui achètera le Karma de GoPro aura droit pour le même prix à un gimbal et une valise de transport en plus. Pour obtenir la sacoche DJI, il faut passer au tarif supérieur, soit 1499 €, qui inclut également une batterie supplémentaire et un chargeur multiple.

GoPro permet surtout d’utiliser la caméra Hero 5 Black hors du drone, via le Karma Grip et la nacelle stabilisée associée, ce qui fait du Karma un appareil deux-en-un dont l’optique pourra évoluer avec les prochaines générations de caméras. De son côté, le Mavic Pro n’est pas évolutif.

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
Commenter depuis le forum
    Votre commentaire