[Test] Mercedes S500 Plug-in Hybrid

La Classe S de Mercedes est le fleuron du constructeur allemand. La tradition veut qu’elle fasse office de vitrine technologique, dont les innovations se retrouvent au fil du temps sur les autres modèles de la marque. Et à vrai dire, à la seule lecture des équipements de cette voiture, au service du confort et de la sécurité, les amateurs de gadgets seront aux anges : difficile de trouver une voiture qui déborde plus de nouvelles technologies.

5 raisons de craquer ou non pour la Mercedes S500 Plug-in Hybrid

Essai Mercedes S500 Plug-in Hybrid

La Mercedes S500 Hybrid Plug-in n’est pas une limousine comme les autres. Dans son approche, elle s’apparente plus à la Porsche Panamera S-Hybrid que nous avions testée plus tôt cette année : un mélange de performance, de confort et de luxe, qui se refuse toutefois à tout égoïsme environnemental. Pour se faire, un moteur électrique s’installe à bord et la batterie Lithium-Ion, d’une capacité de 8,7 kWh, est rechargeable au même titre que n’importe quelle voiture électrique. Cela suffit-il à soulager la conscience écologique du chauffeur comme des passagers ?

1 - Oui et non, parce que son système hybride est très complexe

Si la technologie déborde de cette Mercedes, elle sait la plupart du temps rester discrète. À l’extérieur, la sobriété est de mise tandis qu’à bord, le luxe et le raffinement camouflent subtilement les kilomètres de câbles et les innombrables capteurs. Les seuls éléments visibles sont les deux immenses écrans de 12,3 pouces haute-définition qui trônent respectivement face au conducteur et au niveau de la console centrale. Le premier affiche les compteurs — de vitesse et de régime moteur — mais également une liste longue comme le bras d’informations et de fonctions, que l’on sélectionne depuis les commandes au volant. Navigation, Multimédia ou encore ordinateur de bord, rien ne manque pour gérer sa conduite.

En bonne voiture hybride, la S500 Hybrid Plug-In peut-être configurée selon plusieurs modes. L’exhaustivité est le maitre mot ici et la propulsion hybride est ajustable dans ses moindres détails. Conséquence directe : le système peut vite s’avérer complexe. Au total, il existe quatre modes de pilotage de la transmission, qui sont à chaque fois déclinées en trois modes de conduite :

  • Hybride, qui utilise les deux moteurs, avec une gestion optimale de leur énergie.
  • e-Mode, qui n’exploite que la partie électrique pour un déplacement sans émission.
  • e-Save, qui permet d’économie sa batterie,
  • Charge, qui force le chargement de la batterie grâce au moteur thermique, mais uniquement à allure stabilisée, sur autoroute par exemple. Il suffit alors de 30 minutes au V6 pour recouvrer toute l’autonomie.

En parallèle, trois modes de conduite sont accessibles, d’une simple pression sur un bouton : E (Eco), E+ (Eco Plus) et S (Sport), dont l’impact sur la conduite est sensible.

Le plus perturbant — et bluffant — reste la pédale d’accélérateur haptique, c’est-à-dire à retour de force. Elle est dotée d’un système de résistance dans sa course qui avertit le conducteur du point à partir duquel le moteur thermique va se démarrer pour répondre à la demande de puissance. Toujours dans un souci d’aide à la conduite économique, une double impulsion se fait également sentir lorsqu’il est possible de relâcher la pédale afin de soulager de la batterie.

2 - Oui, parce que c’est un concentré de nouvelles technologies

Même le GPS de cette Mercedes n’a rien de conventionnel. Il n’est pas simplement là pour indiquer la route : en réalité, grâce aux informations topographiques et de trafic, il aide à déterminer le trajet idéal afin d’optimiser au maximum la dépense d’énergie. Ainsi, les moteurs anticiperont une côte en s’activant, mais sauront tirer parti de la descente qui s’en suivra pour recharger les batteries. Bien évidemment, tout cela est totalement transparent pour le conducteur.

Et on ne parle ici que de ce qui touche à la conduite. Lorsque l’on s’intéresse au second écran, on découvre une quantité interminable de menus et de sous-menus permettant de personnaliser sa limousine dans les moindres détails. De la position des fauteuils à la lumière d’ambiance de l’habitacle, sans oublier la manière dont la climatisation est diffusée… Les deux jours en compagnie de la voiture ne nous auront pas suffi à en faire le tour. Le tout est réglable depuis une molette intelligente, qui ne tourne jamais dans le vide. Comprenez que si la liste de menu ne compte que 4 éléments, elle va limiter sa quantité de rotation à ces éléments contextuels. Cela s’avère particulièrement pratique lorsque l’on navigue « à l’aveugle » dans les paramètres.

Parlant d’aveugle, si les yeux humains ne sont pas très performants la nuit, cette S500 est elle littéralement nyctalope. Une fonction de vision nocturne exploite un capteur infrarouge placé dans la calandre et une camera infrarouge longue portée intégrée au le pare-brise afin d’offrir un système de détection de piéton ou d’animaux jusqu’à 160 mètres devant la voiture. Le tout est couplé à un retour visuel qui vient s’installer sur l’écran principal, au rendu tout simplement bluffant. Si une forme de vie est aperçue sur la trajectoire, les projecteurs font automatiquement des appels de phares pour l’alerter.

3 - Oui, parce qu’elle est presque autonome

D’année en année, les voitures étoffent leur arsenal de dispositif de sécurité. Le système de régulation de vitesse adaptatif de Mercedes est particulièrement poussé, en groupant plusieurs technologies : la lecture des bandes blanches, la détection de la proximité, des angles morts ou encore la stabilisation face aux vents latéraux, sans parler de l’assistant de signalisation routière.

Tout cela fonctionne de concert, ce qui peut s’apparenter dans certains cas à un mode presque « automatique ». Il faut imaginer que sur une voie rapide, une fois le régulateur activé, la S500 suit les courbes tant que des lignes blanches sont au sol, ralentit toute seule dès qu’une voiture se rabat un peu trop près de soi, prévient dans le rétroviseur avec une alerte sonore de la présence d’un véhicule dans le coin mort lorsque l’on s’apprête à dépasser et accélère automatiquement jusqu’à sa vitesse initiale dès le champ libre. Heureusement, les mains doivent toutefois toujours rester sur le volant pour éviter les dérives du système et ainsi s’assurer que la sécurité ne se transforme pas en danger.

Mieux encore, un dispositif, utilisant en plus la détection des piétons, l’assistant de carrefour, l’assistant directionnels et le Stop & Go Pilot permettent de laisser cette Mercedes prendre intégralement le contrôle dans les bouchons, à moins de 30 km/h. Et il s’agit bien d’une voiture de série. Le premier pas vers la conduite autonome est fait.

4 - Oui, parce que le chauffeur est aussi bien loti que le passager

Lorsque l’on découvre la Mercedes S500 Plug-in Hybrid, difficile d’y rester insensible. Elle nous rappelle bien que la sobriété n’a rien à voir avec l’austérité. Notre modèle de test, tout de gris vêtu, dégage une impression de luxe et de puissance presque intimidante — souligné par son châssis disponible uniquement en version longue, 5,25 mètres, la faute à la batterie logée dans le coffre. Ces centimètres en plus ne sont pas de trop pour le passager installé sur le fauteuil arrière droit. Il peut se transformer en véritable couchette, le siège avant se replie alors pour offrir un agrément digne d’un vol long courrier en première classe.

Ajoutez à cela un système massant des fauteuils, équipé de 14 coussins d’air avec six programmes différents, dont deux intègrent la diffusion d’air chaud, et vous aurez l'une des limousines les plus confortables du monde, y compris pour le chauffeur. Et ce dernier profite d’un second plaisir, celui de conduire.

N’allez pas croire qu’avec les quelques centimètres et tout de même 200 kilogrammes en plus sur la balance par rapport à la S500, ses performances deviendraient dérisoires. Le V6 3.0l biturbo de 333 chevaux couplé aux 109 du moteur électrique expédie le 0 à 100 km/h en 5,2 secondes et traverse les autoroutes allemandes à 250 km/h. Et le seul moteur électrique, dont l’autonomie peut atteindre 33 kilomètres, autorise jusqu’à 140 km/h en silence.

Tout cela se fait se fait dans une ambiance parfumée grâce à un diffuseur placé dans la boite à gants, offrant quatre fragrances différentes, tandis que la sono signée Burmeister, composée de 24 haut-parleurs, dissipe sa musique préférée à une puissance maximale de 1540 W.

5 - Oui, parce qu’elle est aussi écologique

La subtilité mécanique de la S500 Plug-In Hybrid réside dans l’utilisation d’un V6 hybride offrant le même niveau de performance et d’agrément qu’un V8, comme la S500 classique, tout en tirant la consommation vers le bas. Et sa botte secrète, c’est sa prise qui lui permet d’être rechargée complètement en 4 heures dans le pire des cas (une prise murale classique). Si une prise est accessible autant chez soi qu’au travail, les trajets domicile — bureau peuvent alors théoriquement se faire sans dépenser une seule goute d’essence, à condition de ne pas habiter à plus de 33 kilomètres, l’autonomie maximale offerte par la batterie.

Alors forcément, les 2,8 l/100 km annoncés par Mercedes semblent bien impossibles à reproduire. Toutefois, notre essai s’est soldé par une moyenne d’environ 8l/100 km. Mais quelle autre imposante limousine de 442 chevaux qui dépassent les 5 mètres de long et les 2 tonnes sur la balance peut en dire autant ?

Ainsi, les émissions de CO2 se limitent à 65 grammes par kilomètre. Le plus intéressant dans la démarche de cette S500 Plug-In Hybrid, c’est qu’elle est commercialisée au même prix que la S500 classique. Certes, cela n’aide pas à encaisser la douloureuse, à partir de 122 800 euros tout de même, mais cela engage à l’hybride et à l’écologique si l’on a dans l’idée, et les moyens, de s’offrir cette limousine. Ajoutons à cela un bonus de 3 300 euros et une carte grise gratuite dans certains départements, et elle deviendrait presque bon marché.

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