[Test] Nokia Lumia 1020 : smartphone ou compact, pourquoi choisir ?

La société Nokia s’est taillé une belle réputation en matière de « photophone ». Depuis le N95 et son optique Carl Zeiss, elle s’était imposée à l’époque en véritable référence sur le marché. Depuis, le constructeur a fait attention à entretenir ce capital, en sortant régulièrement des appareils particulièrement performants en la matière.

Parmi ceux-là, le 808 PureView a fait grand bruit, grâce son capteur totalisant quelques 41 mégapixels, un chiffre inédit sur un téléphone et même sur des compacts. Rien que cela. Malheureusement, malgré les performances incontestables de l’optique, l’OS utilisé (Symbian) n’était pas à la hauteur du matériel et le logiciel était bien à la traîne pour exploiter son potentiel. Sans compter que le design général du téléphone, massif et à l’ergonomie douteuse plus proche d’un appareil photo que d’un smartphone, l’a empêché de rencontrer le succès escompté.

Windows Phone, un nouvel espoir

La gamme des Lumia sous Windows Phone 8 a elle aussi quelques modèles sortant du lot question photo. Le 920 a été le premier appareil à embarquer un capteur 8,7 mégapixels stabilisés optiquement, offrant un rendu en basse luminosité tout simplement inégalée à l’époque, ainsi que des vidéos d’une fluidité impressionnantes. Une force partagée par le 925, dévoilée quelques mois plus tard.

Mais visiblement, le constructeur finlandais ne veut pas en rester là. Le capteur 41 mégapixels a attendu sagement dans les cartons jusqu’à ce que l’idée de le placer sur un Lumia ressurgisse. C’est ainsi que le Lumia 1020 est né. Mais cette fois, pas question de reproduire les erreurs du 808 : le logiciel devra être à la hauteur, au même titre que l’ergonomie. Quoi que ce Lumia ait à offrir, il devra en tout cas justifier son tarif : 699 euros soit à la fois le téléphone le plus cher de Nokia, mais également des appareils sous Windows Phone.

Un Lumia 920 qui s’ignore

Lors de son annonce en juillet dernier, le Lumia 1020 a véritablement créé la surprise. Ce n’est pas vraiment sa fiche technique qui est surprenante, mais plutôt son design extérieur. Alors que le 808 PureView affiche une grosse protubérance sur sa coque arrière pour loger l’imposant capteur 41 mégapixels, le Lumia 1020 reste relativement fin compte tenu de son équipement : 10,4 mm « seulement », contre 13,9 mm pour le 808 PureView.

Le poids s’en ressent également : 169 grammes pour le 808, contre 158 grammes pour le 1020. Et pourtant, le dernier né présente un écran plus grand de 4,5 pouces, repris du 925. C’est par conséquent la technologie AMOLED que l’on retrouve pour des images éclatantes, mais aux couleurs parfois un peu trop éloignée de la réalité. Qu’importe, la rétine est flattée et c’est le moins que l’on attend de la part d’un appareil dédié à la photo.

Lumia 920, où es-tu ?

Le design du Lumia 1020 reprend trait pour trait les lignes du 920. L'appareil est Massif, tandis que ses angles arrondis facilitent la prise en main, et le polycarbonate foisonnant offre une sensation de robustesse appréciable. On notera toutefois que la finition de la coque abandonne le glossy pour du mat, ce qui profite à la préhension. Photophone oblige, un emplacement pour relier une dragonne empêchera les potentielles chutes libres. Si cela devait arriver, vous serez rassuré d’apprendre que Nokia protège l’écran du 1020 à l'aide de la technologie Gorilla Glass, ici dans sa 3e version.

Le capteur 41 mégapixels se cache au verso. L’optique est toujours signée Carl Zeiss et recouverte d’un boitier assez imposant embarquant également un flash de type xénon et secondé par une petite lampe d’assistance pour la mise au point. Ce genre d’équipement est digne d’appareils photo compacts. Reste à voir si en termes de performance, le Lumia 1020 est à la hauteur. La bonne nouvelle, c'est que toutes les fonctions spécifiques aux appareils Lumia, Nokia Smart Cam, sont également de la partie.

VerdictLe Lumia 1020 est une belle réussite sur le plan esthétique. En reprenant les forces du Lumia 920 — design et robustesse — et en laissant ses travers tels que son poids excessif, et ce malgré une optique de 41 mégapixels. Il parvient à se faire passer incognito pour un smartphone… Tant que l’on ne le retourne pas !

Des performances inchangées

Sur le strict plan des performances techniques, le Lumia 1020 ne réinvente pas la roue. Nokia a encore pioché dans la banque d’organes du Lumia 920 : un processeur Snapdragon S4 à double cœur, cadencé à 1,5 GHz. La seule excentricité concerne la mémoire, doublée : 2 Go ! Mais ne vous attendez pas à une accélération phénoménale de l’OS : Windows Phone 8 est un système bien rodé sur le plan de l’optimisation et parvient à fonctionner en toute fluidité sans gourmandise.

S’il y avait dû avoir une grosse nouveauté, nous l’aurions souhaitée du côté de l’affichage. La prochaine mise à jour de Windows Phone 8 devrait définitivement régler le problème, mais pour l’instant, l’écran 4,5 pouces du Lumia 1020 est toujours bloqué sur une définition de 1280 x 768. Une déception ? Non dans l’absolu, puisque l’affichage reste tout à fait précis avec une résolution de 334 ppp. Oui si l’on est tatillon, compte tenu de la quantité de détail que notre capteur photo de 41 mégapixels ici présent prétend offrir.

Toujours pas de mémoire externe

La mémoire interne totalise 32 Go, mais quelle surprise que de ne toujours pas trouver de logement pour une carte microSD externe ! Surtout que l’on est en droit de s’attendre à des photos plutôt massives… La mémoire ne devrait certes pas saturer le temps d’un weekend, mais ceux qui aiment conserver leurs clichés sur leurs téléphones devront passer assez souvent par la case « transfert d’image ».

Mais le 1020 entend rappeler qu’il rentre surtout dans la catégorie « téléphone ». Raison pour laquelle il est 4G, faisant de lui l’un des quelques appareils actuellement commercialisés compatibles avec la dernière norme de réseau mobile. Sa batterie 2 000 mAh commence à accumuler du retard face à la concurrence. Les récents LG G2 et Sony Xperia Z1 totalisent 1 000 mAh de plus, offrant des autonomies dépassant la journée.

VerdictSous Windows Phone 8, les téléphones haut de gamme défilent et se ressemblent beaucoup trop d’un point de vue des performances. « Sous Android aussi » serait tenté de nous dire certains, pointant du doigt le Snapdragon 800 que l'on trouve sur bon nombre d’appareils. Oui, c’est vrai. Mais le Snapdragon 800 est également le processeur le plus véloce à l’heure actuelle, ce qui est loin d’être le cas d’un double cœur cadencé à 1,5 GHz. Il y a donc des progrès à réaliser de ce côté-là, même si la fluidité du système ou des applications n’est pas menacée… pour l’instant.

Le capteur repris et modifié du 808 PureView

Visuellement, l’appareil photo du Lumia 1020 dépasse de quelques millimètres, tout juste de quoi installer un flash au Xénon avec une lampe d’assistance. Un bouton placé sur la tranche permet une prise de photo rapide, avec une première pression pour la mise au point et un second pour le déclenchement.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le capteur n’est pas strictement identique au 808 PureView. Il est plus petit malgré un nombre inchangé de pixels. On se retrouve avec des photosites plus fins à 1,1 µm contre 1,4 sur le 808. Une démarche intrigante, alors que les constructeurs tendent à faire l’inverse sur les optiques équipant les smartphones (à titre d'exemple, le HTC One et le dernier iPhone 5s disposent d'un photosite de 1,5 µm - contre 1,4 sur l'iPhone 5).

La focale évolue, passant de f/2.4 à 2.2, ce qui devrait jouer en faveur de la luminosité. Et enfin, le système de stabilisation optique inaugurée sur le Lumia 920 et amélioré dans le 925 est ici de la partie. On retrouve donc les 6 lentilles qui aident autant en condition de faible lumière que lors des vidéos agitées.

Le résultat est tout simplement impressionant. Voici une photo comparative avec, de gauche à droite et de haut en bas, le Sony Z1, le Lumia 1020, le Samsung Galaxy S4 et l’iPhone 5s

Fonctionnement de l’appareil

Exploiter pleinement le capteur 41 mégapixels demande d’utiliser une application spécifique : Nokia Pro Cam. Elle est très simple à prendre en main grâce à des contrôles faciles d’accès : lorsque l’on décale l’icône de déclencheur vers le centre de l’écran, l’ensemble des réglages apparait sous forme d’arc de cercle. Il suffit de glisser le doigt de haut en bas pour modifier les paramètres. Et pour un « téléphone », leur nombre est conséquent : le flash, la balance des blancs, la mise au point, la sensibilité iso, la vitesse d’obturation et la correction d’exposition.

Mieux, le logiciel s’avère intéressant pour les non-initiés qui seraient trop optimistes : un petit soulignement rouge s’intercale sous les ajustements incohérents, tels que d’une ISO trop élevée. Finalement, la seule chose qui nous chiffonne est le raccourci du zoom, jusqu’à 2,7 x. Il s’actionne uniquement sur l’interface tactile. Pourquoi ne pas avoir permis ce réglage grâce aux boutons de volume ?

Le double effet kiss-cool

À chaque pression sur le déclencheur, ce n’est pas une, mais deux photos qui sont sauvegardées sur l’appareil. La première ne « mesure » que 5 mégapixels, afin d’être partagée plus facilement sur les réseaux sociaux. Elle profite d’un échantillonnage optimal, grâce à un algorithme maison plutôt performant.

La seconde est de 34 ou 38 mégapixels selon le ratio (4/3 ou 16/9) et englobe donc la totalité des détails capturés. Ce qui est intéressant, c’est que si l’on prend un cliché à l’aide du zoom, le rendu en 5 mégapixels correspond bien à la zone sélectionnée, tandis que celle en 34 ou 38 affiche l’image complète.



Il est à noter que la photo « sortie du téléphone » en 5 mégapixels est bien supérieure à la version 34 ou 38 mégapixels. Cela s’explique, comme nous le disions plus haut, par un traitement spécifique particulièrement bien optimisé. Par conséquent, ceux qui n’ont pas l’intention de réutiliser les fichiers originaux — et lourds — peuvent se passer d’eux et ainsi empêcher la mémoire interne de l’appareil de saturer trop rapidement.

VerdictQu’il s’agisse de ses fonctionnalités ou de ses performances, le Lumia 1020 impressionne. Nokia est parvenu a soigneusement éviter les erreurs du 808 : le logiciel Nokia Pro Cam est stable, fluide et bien pensé. Le rendu des photos est excellent, autant pour les néophytes qui profiteront d’un traitement des images en 5 mégapixels de haute volée, tandis que les habitués pourront travailler à loisir sur des clichés de plus de 30 mégapixels regorgeant de détails.

Un très bon photophone

Le Lumia 1020 est une réussite. Nokia est parvenu à intégrer le puissant capteur 41 mégapixels dans une structure de smartphone conventionnel tout en préservant son aspect, ainsi que sa prise en main. Autre point : la partie logicielle « assure » clairement. Nokia Pro Cam est un exemple de performances et de simplicité, rendant le tout accessible au plus grand nombre. Enfin, les photos sont très convaincante, affichant notamment un niveau de détail impressionnant.

Mais Nokia n’est pas tout seul sur le créneau des photophones. Samsung est passé par là avec le Galaxy S4 Zoom, sans oublier que certains téléphones ont réussi à redéfinir les standards en termes d’efficacité, grâce à des optiques particulièrement impressionnantes. On pense par exemple au Sony Xperia Z1 ou au LG G2. Bien sûr, face à ces derniers, le Nokia est devant sur le plan de la photo. Mais il faut également noter que le Lumia 1020 est le Windows Phone le plus cher du marché : 699 euros.

Un tarif élitiste, qui pourrait gonfler si l’on s’adjoint les services de quelques accessoires plutôt pratiques, comme une coque de type « Grip » qui transforme le Lumia en véritable compact, avec une batterie additionnelle de 1020 mAh et des voyants LEDs pour consulter le niveau de charge. Bien sûr, cela se remarque sur la balance avec 73 grammes supplémentaires, portant le total bien au-dessus des 200 grammes. Mais c’est le prix à payer pour pouvoir bénéficier d’un emplacement pour trépied.

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
    Votre commentaire