[Test] M600 : que vaut la nouvelle montre de running de Polar ?

Dernier modèle de montre de Polar, la M600 est qualifiée de smartwatch de sport par le constructeur. Elle fonctionne sous Android Wear et elle se pose en concurrente directe de la Moto 360 Sport, mais également de la Garmin Forerunner 235, et plus généralement de toutes les montres dotées d’un GPS avec des fonctions connectées. Alors on craque ou pas ?

Six raisons de craquer (ou pas) pour la Polar M600

1 - Non, pour ses dimensions

Articulée autour d’un écran carré, profitant d'un élégant bracelet et de deux boutons uniquement, la Polar M600 cultive sa ressemblance avec une smartwatch. L'écran est grand avec sa résolution de 240 x 240 pixels permettant d'afficher plusieurs lignes de texte à la fois. Plutôt que d’afficher une simple notification, il est possible d’obtenir suffisamment d’informations pour savoir si vous devez répondre tout de suite. Toutefois la Polar M600 est encombrante et relativement lourde. Elle pèse 65,2 grammes à comparer aux 53,8 grammes de la Moto 360 Sport et aux 42,5 grammes de la Garmin Forerunner 235. C’est suffisamment flagrant pour qu’on sente la montre bouger au poignet lors d’un entraînement, au point d’y penser constamment. En revanche le problème se pose moins à vélo, car les mains ne bougent pas. Par ailleurs, le cardiofréquencemètre au dos de la Polar M600 est protubérant. Il ressort beaucoup plus que sur la Forerunner 235 et que sur le Fitbit Surge. Elle risque donc de s’accrocher aux vêtements à manches longues.

L’interrupteur de mise en marche prend place sur le bas de la tranche gauche, tandis que le bouton principal se trouve sous l’écran. Tous deux sont recouverts par le bracelet afin de les protéger de la poussière et de l’eau. Un bon point quand on sait qu’il nous a fallu nettoyer les interstices du Fitbit Surge avec un cure-dent.

La Polar M600 est étanche et donc adaptée à la pratique de la natation grâce à l’activité dédiée. Mieux, elle peut être immergée jusqu’à dix mètres de profondeur. Toutefois, avant de pouvoir suivre ses entraînements à la piscine, il est nécessaire d’ajouter la natation à la liste des activités de la montre via l’app Polar Flow. En la matière, la M600 fait mieux que la Moto 360 Sport qui n’est pas étanche, et même que la Garmin Forerunner 235 qui peut être immergée jusqu’à 50 mètres, mais qui ne propose pas le suivi de la natation.

2 - Oui, pour la précision des capteurs

Le cardiofréquencemètre de la Polar M600 est très précis. Lors d’une course de 45 minutes, il a mesuré le même rythme cardiaque moyen que le capteur de poitrine Polar H7 (140 pulsations par minute) et un rythme cardiaque maximum très proche : 180 pulsations par minutes sur la montre et 177 sur le H7. Ce n’est pas vraiment une surprise au regard de l’expertise de Polar en la matière, mais la performance reste tout de même à saluer pour une montre. De la même façon, la précision de la mesure de la distance parcourue est impressionnante. Ainsi, la M600 a calculé une première course de 7,20 km, tandis que le Fitbit Surge affichait 7,27 km et MilerMeter 7,30 km. Lors d’une seconde course, la M600 a calculé une distance de 6,53 km contre 6,64 km sur le Fitbit et 6,63 km sur MilerMeter.

3 - Non pour l’autonomie de la batterie

Polar annonce une autonomie de deux jours grâce à la batterie de 500 mAh qui équipe la M600, et ce avec huit heures d’entraînement et l’appairage avec Android Wear. Avec un iPhone l’autonomie annoncée tombe à un jour avec toujours huit heures d’entraînement. Lors de nos tests, nous n’avons pas obtenu les mêmes valeurs. En allumant la montre à 13h avec la batterie pleine, il ne restait finalement que 20% de batterie huit heures plus tard. Dans ce laps de temps nous avons couru pendant 40 minutes et activé les notifications et les services de localisation. Nous avons dû activer le mode « Ne pas déranger » afin d’économiser la batterie et finir la journée. Plus tard dans la semaine nous avons utilisé la M600 lors d’une course de 45 minutes, toujours en activant les notifications. Suffisant pour drainer la batterie de 53 à 36%. Pour une montre qu’on est supposé porter toute la journée, il y a de quoi être déçu. L’autonomie de la Polar M600 est similaire à celle de la Moto 360 Sport qui est équipée d’une batterie de 300 mAh. En revanche on est très loin de la Garmin Forerunner 235 qui n’a besoin d’être rechargée qu’une fois par semaine. Enfin, sachez qu’il faut environ deux heures pour complètement recharger la batterie de la Polar M600.

4 - Oui, pour l’usage au quotidien

En utilisant la Polar M600 en mode montre, un petit graphique s’affiche en bas de l’écran pour connaître le nombre de pas quotidien. À cela s’ajoute une ligne fine bleue qui grimpe du bas en haut de l’écran au fur et à mesure de notre progression. Une fois l’objectif atteint, l’écran est totalement bleu. La Polar M600 est une bonne montre connectée grâce à l’intégration d’Android Wear. Il est possible d’utiliser la reconnaissance vocale pour répondre à un SMS ou à un message sur Google Hangout, mais aussi pour lancer une recherche sur Google. La montre est en mesure de se synchroniser avec n’importe quelle app qui affiche des notifications sur un smartphone Android, et notamment le calendrier. Et il est possible de télécharger des apps supplémentaires pour Android Wear sur Google Play. Enfin, si les notifications se font trop nombreuses, il suffit de passer en mode « Ne pas déranger » ou de les mettre en pause en utilisant Android Wear.

5 - Non, pour les activités sportives

La Polar M600 peut suivre jusqu’à 120 activités sportives et notamment la course à pied, le vélo, les exercices en groupe ou encore la danse. En utilisant l’application Polar Flow, vous pouvez sélectionner jusqu’à 20 activités dans votre profil sportif. Il s’agit des activités que vous pouvez choisir en sélectionnant le mode « Entrainement » de la montre. Pour opter pour une activité, il faut d’abord appuyer sur le bouton sous l’écran de la montre avant de naviguer dans la liste des activités et choisir celle de votre choix. Et c’est justement là que la Polar M600 montre ses limites. Le compteur démarre immédiatement en appuyant sur l’icône à l’écran. Sur toutes les montres concurrentes que nous avons testées, il faut généralement choisir l’activité puis lancer manuellement le compteur. Ainsi cela laisse le temps de s’étirer, de reprendre son souffle ou de capter le signal GPS. Au lieu de ça la M600 vous oblige à afficher l’écran d’activité, d’attendre de capter le signal GPS, puis de choisir l’activité de votre choix. Il n’aura fallu qu’une minute environ pour trouver un GPS, mais tout ce processus est déroutant.

De la même façon la Polar M600 nous a déçus pour courir. Certes, elle vibre à chaque tour à l’instar de la Moto 360 Sport, de la Garmin Forerunner 235 et de la Fitbit Surge. Mais l’unité choisie lors du paramétrage des préférences n’a pas été enregistrée : la montre affichait des mesures en kilomètres plutôt qu’en miles comme nous l’avons prédéfini. Mais nous y reviendrons plus loin.

De plus, l’écran s’éteint dès qu’on commence à courir. Pour consulter le informations (distance, temps, allure, rythme cardiaque), il faut soit tapoter l’écran, soit secouer le poignet. Dans tous les cas ce n’est pas le plus pratique quand on court. L’écran reste allumé pendant quelques secondes seulement ce qui suffit à peine pour voir les informations. Si vous avez l’habitude de beaucoup consulter votre montre pendant un entraînement, vous risquez d’être rapidement agacé. D’après Polar, une mise à jour devrait permettre à l’écran de rester allumer pendant toute la session. Le constructeur avait fait la même chose avec la A360.

Après un entraînement, la Polar M600 affiche un résumé de la session qui comprend la distance parcourue, la durée et l’allure. Mais il va falloir être rapide pour le consulter. En effet, dès que la montre se trouve à proximité du téléphone, elle affiche les notifications et il n’est plus possible de revenir au résumé d’activité. Ce n’est pas rédhibitoire pour autant, car les informations sont automatiquement enregistrées dans l’application Polar. Mais c’est une preuve supplémentaire que la Polar M600 est plus douée comme montre connectée que comme montre de running.

6 - Oui, pour l’application Polar Flow

Toutes les données de la Polar M600 sont synchronisées avec l’application Polar Flow (à ne pas confondre avec l’application Polar Beat, qui mesure l’activité physique et se synchronise avec le cardiofréquencemètre de poitrine de Polar). Polar Flow offre une navigation bien plus intuitive que Garmin Connect par exemple. Les données d’entraînement sont accessibles directement dans le menu principal de l’application. De plus, les écrans dédiés à chaque activité affichent directement les informations les plus importantes : durée, distance, allure, calories brûlées et rythme cardiaque.

L’application scinde les courses en tours de un kilomètre, ce qui nous a paru étonnant, sachant que nous avions décidé d’utiliser des miles comme unité de mesure dans les paramètres de Polar Flow. D’après Polar, il faut également changer l’unité de distance dans chaque profil individuel. Une opération compréhensible, mais qui a tout de même de quoi dérouter.

Au delà des activités sportives, Polar Flow affiche également les données du traqueur d’activité, ce qui inclut le temps passé au repos, assis, et les activités peu, moyennement ou très intenses. La position debout ou les petites tâches domestiques correspondent à des activités peu intenses. Marcher est moyennement intense et la marche ou le vélo comptent parmi les activités intenses.

Polar Flow est également accessible en ligne grâce à un navigateur Internet. D’autres informations sont disponibles comme le temps de récupération ou encore les bénéfices d’une activité, à condition d’avoir porté la montre pendant plus de 21 jours. Polar propose des programmes d’entraînement de cinq et dix kilomètres, mais aussi pour le semi-marathon et pour un marathon complet. Les programmes sont personnalisables en fonction de la fréquence de vos entraînements, leur durée et leur intensité.

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