Spectacles : on a testé les lunettes-caméra de Snapchat

Les Spectacles ressemblent à un vulgaire jouet, mais après les avoir utilisées un peu plus d’une journée, elles parviennent à convaincre. Cette caméra connectée farfelue parvient à répondre à tout ce que les défuntes Google Glass ont mal fait. Ces dernières offraient trop de possibilités, avec une interface lourde et une tonne de fonctionnalités sociales.

La société Snap, responsable des Spectacles et de l’application Snapchat, semble avoir prêté attention à ce désastre commercial et a donc pris la tangente en concevant un objet très simple d’utilisation et monofonction. Mais est-ce assez pour que les Spectacles vaillent le coût ?

Design atypique, solidité discutable

Avec leur look très années 80, les Spectacles peuvent paraître loufoques. Willy Wonka ne les renierait pas. Néanmoins, elles ne sont pas suffisamment bizarres pour que l’on se retourne sur leur porteur au quotidien.

Passé le design étrange et les couleurs pétantes (elles sont disponibles en corail, bleu/vert ou noir), mais assumées des Spectacles, on en vient à évaluer leur solidité. Malheureusement, elles ne semblent pas très résistantes. La finition de la monture n’est même pas aussi bonne qu’une paire de lunettes de soleil d’entrée de gamme. Clairement, le client paye pour la caméra Snapchat, mais pas pour la durabilité de l’ensemble qui finalement ressemble bien à un gadget.

Heureusement, elles sont livrées avec un boîtier pour les protéger des affres de la vie quotidienne. Multifonction, ce dernier est aussi conçu pour recharger les lunettes. Il peut accuser jusqu’à quatre recharges. Une fois vidé de son énergie, il doit lui-même être branché au secteur… via un câble propriétaire. Un mauvais point puisqu’un connecteur USB aurait été beaucoup plus pratique.

Les Spectacles sont livrées dans une taille unique, laquelle ne siéra pas à toutes les têtes. Snap a cependant prévu qu’elles puissent être retouchées par un opticien. Idem pour les verres qui peuvent être adaptés à la vue, uniquement aux États-Unis pour le moment, par Rochester Optical.

Une utilisation simple, facile et efficace

Avant de nous en apercevoir, nous avions déjà passé une journée avec les Spectacles sur le nez et enregistré 82 snaps. Plus qu’un effet de mode, ces lunettes connectées étendent le champ des possibles. Plutôt qu’avoir un smarpthone à la main, on est totalement libre de ses mouvements et en mesure de filmer ce que l’on est en train de faire. Des skateboarders à ceux qui jouent avec leurs animaux domestiques, Snapchat regorge déjà de vidéos mettant à profit les Spectacles, lesquelles ne pourraient être remplacées, dans ces situations, qu’avec une GoPro monte sur un casque.

Equipées d’un capteur grand-angle, les Spectacles offrent des contenus à 180°. En lecture sur un smartphone, on peut alors bouger son appareil pour voir une vidéo sous différents angles.

L’objectif est situé au-dessus du verre droit. Lorsque l’enregistrement est lancé (en pressant un bouton) un cercle lumineux s’active au-dessus du verre opposé. Il permet de savoir quand le système est en fonction, mais aussi de prévenir l’entourage direct du porteur qu’ils sont en train d’être filmés. Un bon geste pour le respect de la vie privée.

Une fois la prise de vue terminée, les lunettes envoient le contenu au smartphone. Une opération qui s’avère longue la plupart du temps.

En ne proposant qu’un unique bouton sur ses Spectacles, Snap parvient à dépasser la lourdeur d’utilisation dont souffraient les Google Glass. Idem pour sa monofonction. Là où Google proposait toute une myriade de fonctions imparfaites, Snap se contente de la vidéo et offre un résultat convaincant. En revanche, on n’aurait pas été contre un second bouton pour prendre des photos.

Une qualité limitée

À l’opposé d’Instagram, Snapchat est plutôt dédié à capter l’instant présent plutôt que mettre en valeur la qualité d’un cliché. Les Spectacles s’inscrivent dans cette philosophie avec une image qui manque de précision et de netteté, malgré une définition en 1080 x 1080 pixels et une fréquence de 29 images par seconde.

Snap Spectacles

Seule méthode pour pallier ces mauvais rendus : obtenir la version HD des vidéos qui passent alors à 59 images par seconde. Une possibilité laissée par Snap, mais qui requiert d’activer la puce Wi-fi des lunettes et de connecter son smartphone à ce réseau. Fastidieux.

Achevons ce tour du rendu visuel par les conditions de luminosité. En plein jour, les Spectacles sont idéales et captent bien les situations. En revanche, lorsque l’environnement s’obscurcit, elles peinent à rendre une image visible. Dépourvues de flash, elles offrent une qualité inférieure à celle d’un smartphone dans les mêmes conditions. En clair, rien ne sert de les sortir une fois la nuit tombée.

Le long parcours de la mise en ligne

Si l’on prend rapidement une vidéo, sa mise en ligne sur Snapchat est plus laborieuse. Une fois arrivée sur le smartphone - ce qui peut prendre un certain temps - il faut encore comprendre l’application dédiée, laquelle se révèle complexe et mal pensée. Une fois que l’on a pris ses repères, l’opération devient heureusement plus simple. On perd ensuite son temps à trier les multiples vidéos pour trouver la bonne à poster sur Snapchat.

Une connexion Bluetooth chaotique

Les lunettes communiquent avec le smartphone (Android ou iOS) par Bluetooth, connexion qui mériterait d’être améliorée. Lors de notre test, nous avons eu plusieurs déconnexions. L’application indique le défaut. Il faut alors soit éteindre puis rallumer le module Bluetooth du téléphone pour les appairer de nouveau, soit redémarrer les lunettes. Heureusement, durant ce laps de temps, les Spectacles gardent en mémoire les dernières vidéos qui n’ont pas été transférées.

Autonomie confortable

Selon Snap, les Spectacles ont une autonomie suffisante pour effectuer 100 vidéos. Durant notre journée de test, nous avons pris 82 vidéos sans avoir à charger les lunettes. De plus, astucieux, le boîtier de rangement aurait permis de reprendre un peu d’autonomie grâce à sa batterie intégrée (qui permet quatre charges complètes). En revanche, c’est notre iPhone 6 Plus qui a le plus souffert avec le transfert de fichiers qui a grappillé sa batterie.

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