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Banni par Washington, Kaspersky contre-attaque

Image 1 : Banni par Washington, Kaspersky contre-attaque

Mise à jour du 15/09/17

Comme évoqué hier, Kaspersky a rapidement répondu aux accusations du DHS. Le communiqué officiel et détaillé de Kaspersky Labs vient de nous parvenir, communiqué qui explique la position de l’entreprise ainsi face aux allégations américaines :

« Kaspersky Lab n’entretient aucun lien inapproprié avec un quelconque gouvernement, c’est pourquoi nous sommes déçus de la décision prise par le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS). Cependant, nous accueillons avec reconnaissance l’opportunité qui nous est offerte de fournir des informations complémentaires à l’agence pour confirmer que ces allégations sont totalement infondées. Aucune preuve crédible n’a été présentée publiquement par quiconque, ni par une quelconque organisation, dans la mesure où ces accusations reposent sur de fausses allégations et des hypothèses inexactes. »

Kaspersky revient également sur les attaques concernant l’obligation de l’entreprise de transmettre des données au gouvernement russe :

« En ce qui concerne l’interprétation inexacte des politiques et lois russes, les lois et les outils en question s’appliquent aux entreprises de télécommunications et aux fournisseurs de services Internet (FAI). Contrairement à ce qui a été faussement rapporté, Kaspersky Lab n’est pas assujettie à ces lois ou à d’autres outils gouvernementaux. Cela inclut le système de mesures d’enquête opérationnelle (SORM) russe, puisque la société ne fournit pas de services de communication. En outre, il est important de noter que les informations reçues par Kaspersky Lab, ainsi que le trafic des données, sont protégés conformément aux exigences légales et aux normes strictes de l’industrie. Cela inclut notamment le chiffrement, les certificats numériques, etc. »

Cela suffira-t-il à Washington pour marche arrière et faire de nouveau confiance aux produits Kaspersky ? Rien n’est moins sûr, le climat politique et économique entre les États-Unis et la Russie étant de plus en plus tendu, il y a fort à parier que le gouvernement se tourne du côté d’une solution 100% américaine, comme celle proposée par Symantec ou McAfee.

Article original du 16/09/17 – 17:34

Elaine Duke, actuellement secrétaire de la Sécurité intérieure des États-Unis, vient de demander à l’ensemble de ses fonctionnaires fédéraux de désinstaller tous les logiciels Kaspersky Lab dans les 90 jours.

Ça ne sent pas bon actuellement pour l’éditeur de solutions de sécurité Kaspersky. Le ministère de la Sécurité américaine vient de demander à ses employés de supprimer tous les logiciels de l’éditeur russe de leur poste. Dans un communiqué, le DHS (le département de la sécurité intérieure) se dit « inquiet des liens que certains cadres de Kaspersky entretiennent avec les services de renseignement et d’autres agences gouvernementales russes. » Elaine Duke enfonce le clou en ajoutant que « le gouvernement russe, qui pourrait agir seul ou avec la collaboration de Kaspersky, pourrait profiter des produits de Kaspersky pour accéder à des documents et des systèmes informatiques du gouvernement fédéral et les compromettre, ce qui a un impact direct sur la sécurité nationale des États-Unis. »

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De son côté, Kaspersky nie toute relation avec le gouvernement russe. L’éditeur fait remarquer à la ministre américaine qu’il n’est aucunement assujetti aux lois qu’elle évoque et qui concernent les opérateurs russes. « Kaspersky Lab a toujours reconnu fournir des produits et services appropriés aux gouvernements du monde entier pour les protéger des menaces informatiques, mais nous n’entretenons pas de liens contraires à l’éthique avec quiconque et nous ne sommes liés à aucun gouvernement, y compris le gouvernement russe »

Ce n’est pas la première fois que Kaspersky est pris dans la tourmente : son fondateur, Eugene Kaspersky, n’a jamais caché avoir suivi des études à la faculté de mathématiques de la Haute École du KGB, ce qui a valu un temps, une mauvaise réputation à l’antivirus. Mais c’est la première fois que l’institution américaine s’en prend directement à la solution. Si la directive ne concerne bien évidemment que les postes de l’administration américaine, cela risque néanmoins de jeter un gros doute chez les entreprises et les particuliers, qui pourraient bouder la solution russe et se tourner en masse vers des logiciels concurrents.