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Cabine multimédia d’Orange : un minitel géant sur le trottoir ?

Image 1 : Cabine multimédia d'Orange : un minitel géant sur le trottoir ?

Cabine 2.0

Le 9 avril dernier, Orange inaugurait sa nouvelle cabine téléphonique. Connectée à Internet, elle est actuellement en phase d’expérimentation dans la capitale jusqu’au mois d’octobre. Aujourd’hui, 12 cabines de ce type sont installées dans des lieux stratégiques afin de développer un panel représentatif d’utilisateurs. On y trouve pêle-mêle la Tour Eiffel, St-Germain, La Villette ou encore Montmartre. Issue d’une initiative d’Orange, cette cabine connectée vise à toucher « les étrangers qui ne souhaitent pas payer de connexions de données en France et les personnes dont les smartphones sont déchargés », explique Jean-Paul Jeandon, directeur du marché professionnel d’Orange. Un mois après sa mise en route, nous avons souhaité faire un premier bilan de cette nouvelle génération de cabines.

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Un smartphone géant ?

La nouvelle cabine téléphonique d’Orange offre deux possibilités : téléphoner, bien sûr, et surfer (modérément) sur Internet. Le premier usage est classique, mais il faut noter que cette nouvell cabine utilise la voix sur IP pour téléphoner. Pas de surprise pour les prix, les tarifs sont les mêmes que pour une cabine classique.

Le surf dans la rue

La cabine d’Orange permet également de se connecter à différents services en ligne grâce à une connexion ADSL à 20 Mbits. Néanmoins, c’est un accès limité à Internet qui est proposé par tranche de dix minutes. Ainsi, on peut consulter ses mails, mais seulement si on a sa boîte sur LaPoste, Free, Gmail, Yahoo, Hotmail, AOL, Voila ou Orange. Il est en outre possible de surfer, mais simplement sur une sélection de sites. Orange a autorisé un accès à une sélection de sites pratiques. On trouve ainsi les sites de la RATP, de la SNCF, de La Poste, mais aussi des sites d’actualités ou sportifs. Enfin, la dernière utilisation que l’on peut faire de la cabine d’Orange est de consulter l’annuaire des Pages Blanches/Jaunes, afin de trouver un service ou une personne et d’obtenir un itinéraire, si besoin est. Selon Jean-Paul Jeandon, les premiers retours font état d’un découpage en trois tiers : 30% d’utilisateurs dans chacun des trois schémas : email, surf et localisation.

Pour l’instant, les services Web sont gratuits, mais ils ont vocation à devenir payants si la phase de test s’avère concluante. Un revirement de situation qui pourrait rendre beaucoup moins attrayante cette nouvelle cabine téléphonique.

Image 3 : Cabine multimédia d'Orange : un minitel géant sur le trottoir ?

Une utilisation laborieuse

Plus imposante que son prédécesseur, la cabine connectée d’Orange échange son clavier alphanumérique et l’écran à cristaux liquides contre un écran tactile tout à fait dans l’ère du temps, a priori tout du moins. Un premier problème apparait très vite : Orange a opté pour du tactile résistif, comme celui des bornes SNCF. Autant dire que la réactivité est sans aucune commune mesure avec celle d’un smartphone. L’opérateur explique ce choix par la nécessité d’avoir un terminal solide et donc de recourir à une épaisse dalle de verre pour protéger l’écran. Pas de vandalisme mais encore moins de plaisir d’usage.

Comme outil de navigation, on trouve un pointeur de souris qui fait penser aux ordinateurs tout-en-un tactiles. Néanmoins, les déplacements sont plus aisés sur PC. Ici, le clic est imprécis, et on a tôt fait de se tromper entre les touches du clavier virtuel. Orange précise qu’il est prévu d’agrandir ce dernier pour un confort augmenté.

La liste des défauts continue avec un souci de « bords d’écran ». Sur la cabine que nous avons testée en bas des Champs-Élysées, les bords de l’écran ne semblaient pas actifs. Ainsi, lors de la consultation d’une boîte mail, il nous a été impossible de faire défiler la page. Certes, un pavé directionnel est bien placé en bas de page pour pallier cela. Problème :  il est aussi trop proche du bord et rend inutilisable sa flèche du bas… Beaucoup de défauts qui, d’après Orange, seront corrigés dans la version 2.0 (hypothétique) du projet.

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En attente de la version 2.0

En octobre prochain, Orange rediscutera du projet avec la Mairie de Paris afin de déterminer s’il est reconduit en version 2.0. Dans ce cas, cabine et logiciel subiront une grosse refonte selon Jean-Paul Jeandon, qui compte se servir des remarques que les utilisateurs auront laissées.

Simplement disponible en français, le logiciel d’Orange sera traduit en anglais dans la prochaine version. On aura également une diversification des moyens de paiements. Les 12 cabines actuellement installées n’acceptent que les Télécartes. La Carte Bleue verra le jour dans la v.2 ainsi qu’un système de micropaiement. Paypal serait en lice pour cette partie.

Image 5 : Cabine multimédia d'Orange : un minitel géant sur le trottoir ?

Une initiative qui intéresse

Plus utilisée que la cabine classique, la petite dernière d’Orange est en l’état davantage un objet de curiosité qu’un outil opérationnel. Le manque de précision de son écran la dessert totalement jusqu’à démotiver ses utilisateurs. La bonne nouvelle, c’est qu’elle est encore en phase de test et qu’elle sera bientôt équipée d’une version 2.0 dont il faut attendre beaucoup.

Cependant, malgré ses défauts, elle intéresse déjà une dizaine de villes dans l’hexagone, déclare Orange. Si une seconde étape de test est mise en route, une agglomération de province entrera dans la ronde avec Paris. Reste à savoir quels seront les coups finaux pour l’utilisateur. Faire payer la connexion Internet reviendrait à transformer la cabine en cybercafé à ciel ouvert mais toujours limité. Les prochains choix de l’opérateur pèseront très lourd dans l’aptitude de cette cabine à être adoptée, ou non, par les riverains.