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Comment préparer son voyage dans l’espace

Image 1 : Comment préparer son voyage dans l’espace

L’espace, nouvelle destination touristique

Il y a tourisme spatial et tourisme spatial… Pour le moment, seuls quelques non professionnels de l’espace ont eu la possibilité à ce jour d’effectuer des vols à bord d’un vaisseau spatial Soyouz afin de rejoindre et de séjourner dans la Station spatiale Internationale pour un prix variant de 20 à 35 millions de dollars (de l’homme d’affaires californien Dennis Tito en 2001 à Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil,  en 2009 ). Mais un autre type de tourisme de l’espace plus « accessible » se développe depuis 2004 via une myriade de projets et, en particulier, celui de la société Virgin Galactic du milliardaire britannique Richard Branson et son avion spatial suborbital SpaceShipTwo

Ce dernier, qui a effectué son premier vol d’essai (captif) en mars 2010 et son premier test moteur en vol le 29 avril 2013, peut emporter deux pilotes et six passagers après avoir été largué à environ 15 000 mètres d’altitude depuis un avion porteur. Initialement prévu pour fin 2013, son premier vol commercial devrait, aux dernières nouvelles, avoir lieu au cours du premier trimestre 2014.

Ce type de voyage spatial est plus accessible car beaucoup moins cher (200 000 $ tout de même). Mais il est aussi moins contraignant pour les organismes dans la mesure où il n’est question que d’un vol suborbital de 2 à 3 heures à 100 km au-dessus de la surface terrestre. Il ne nécessite donc que 2 ou 3 jours de formation entrainement préalable.

Mais en quoi consiste exactement une formation de ce type ? Clara Moskiwitz de Space.com (édité comme Tom’s Guide par TechMediaNetwork) l’a testée pour nous.

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Jour 1 : arrivée au NASTAR

Notre confrère de Space.com Clara Moskiwitz a suivi  un stage de formation au vol suborbital durant trois jours au sein du  National Aerospace Training and Research (NASTAR Center) à Southampton en Pennsylvanie. Ce dernier est le premier organisme de formation certifié par la FAA (Federal Aviation Administration) pour les vols suborbitaux et orbitaux réservés aux futurs touristes de l’espace, mais aussi aux pilotes et aux équipages.

Clara n’était donc pas tout à fait certaine de ce qui l’attendait… A son arrivée, elle y a découvert une équipe de coaches, de médecins, de pilotes sans oublier la pléthore d’installations scientifiques et de simulation aérospatiale.

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La préparation à l’entrainement spatial

 Après leur arrivée, les participants à la formation doivent revêtir des combinaisons spatiales qui donnent instantanément l’impression d’être de véritables astronautes. Clara pose ici devant l’habitacle de la centrifugeuse à bras court qui fait partie des nombreux équipements que possède le NASTAR tout en terminant de sangler sa combinaison anti-g. Les séances de centrifugeuses ont pour objectif de tester et de renforcer la résistance des participants aux accélérations importantes.            

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Ça tourne !

La première séance d’entrainement dans cette centrifugeuse à bras court a été relativement « douce » puisque l’accélération n’a été « que » de 2 g. Ce qui représente tout de même deux fois la force de la gravité terrestre… Ce n’était bien entendu qu’un début puisque le troisième jour, les élèves ont été soumis à une force de 6 g, et ce, dans les deux sens (accélérations horizontales vers l’avant et vers l’arrière).

Bien que le corps humain soit beaucoup plus résistant à la force gravitationnelle qu’on ne l’imagine (les pilotes de chasse peuvent supporter 9 g pendant un certain laps de temps), ces tests sont absolument nécessaires pour évaluer la tolérance de chacun des participants car elle peut varier sensiblement d’une personne à l’autre en fonction de la durée de l’accélération. 

Image 5 : Comment préparer son voyage dans l’espace

Petit retour à l’école

Clara et ses collègues stagiaires sont ici installés dans une des salles de classe du NASTAR Center et écoutent attentivement un instructeur qui leur explique ce à quoi ils doivent s’attendre au cours des prochaines simulations de vol spatial. Les autres participants sont tous des scientifiques et des chercheurs qui se préparent pour de futurs vols spatiaux où ils pourront faire des expériences en état de microgravité.

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Sur la sellette

Sur cette photo de l’intérieur de la cabine de la centrifugeuse on distingue clairement le fauteuil où les participants sont solidement attachés à l’aide de sangles et une bonne réserve de sacs vomitoires. Juste au cas où…   

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Au cœur de la centrifugeuse

Chaque participant monte à son tour dans le simulateur. Ceux qui n’y sont pas encore allés ne peuvent s’empêcher d’observer jalousement (et non sans un certain effroi) ce qui s’y passe à partir des écrans de visionnage situés à l’extérieur. La vue centrale permet de voir comme si l’on était dans le cockpit, tandis que les écrans latéraux offrent différentes vues, sous différents angles, de l’élève pendant le « trajet ». 

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Prêt pour le décollage

Le problème lorsqu’on est la dernière des sept stagiaires à passer les différentes « épreuves » du NASTAR Center c’est que l’on a beaucoup de temps pour sentir la pression monter et voir s’installer une certaine panique. La seule chose à faire est d’attendre et de discuter avec d’autres élèves en attendant de constater qu’après tout, ceux qui en sortent ont plutôt bien résisté.  

Image 9 : Comment préparer son voyage dans l’espace

De l’air !

Lors de cette formation, Clara et ses collègues stagiaires ont également dû effectuer un passage dans une chambre hypobare afin de ressentir l’effet produit (très amusant selon elle) lorsqu’on aspire lentement mais sûrement une partie de l’air contenu dans une pièce hermétiquement close.

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Une vraie bouffée d’oxygène

Sur cette photo, on voit Clara avec son masque à oxygène lors de son passage dans la chambre hypobare. Avec presque un petit air de Tom Cruise dans Top Gun… Cette simulation reproduit, par certains aspects, l’atmosphère qui peut régner à très haute altitude (100 km dans le cas d’un vol suborbital) où la pression atmosphérique est très basse (environ 60 fois moindre que sur terre) et l’air bien entendu très pauvre en oxygène. Lors de cette simulation, le casque à oxygène est donc obligatoire pour parer à toute urgence et prendre un bon bol d’air…     

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Vos paupières sont lourdes…

Au cours de la séance dans la centrifugeuse, des écrans permettent de connaître en permanence l’altitude et la force gravité simulées.Clara et les autres stagiaires ont été soumis à une force de 6 g au maximum. Certains programmes d’entrainement peuvent évidemment aller bien au-delà.      

Image 12 : Comment préparer son voyage dans l’espace

Vue de l’extérieur

Cette photo a été prise depuis la salle d’attente lorsque Clara se trouvait dans le simulateur, bien attachée à son siège, en pleine séquence de décollage de son « vaisseau spatial » ! Visiblement, le stress et l’angoisse de l’attente ont très vite laissé place à un grand sourire. À moins que ce ne soit une déformation du visage due à la force d’accélération…       

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La voix de la raison

Le responsable des entrainements, Glenn King, est la voix rassurante que les stagiaires peuvent entendre  au moment de monter dans la centrifugeuse. Il n’hésite pas non plus à prodiguer des conseils et des encouragements lorsque le nombre de g encaissés commence à se faire sentir, que la circulation sanguine commence à faire des siennes et qu’un voile brouille la vue des stagiaires.   

Image 14 : Comment préparer son voyage dans l’espace

On y est !

Choc total pour Clara – mais aussi beaucoup de frissons – lorsque le simulateur de vol  a reproduit le « largage » de son vaisseau  par l’avion-lanceur, la chute qui lui succède et l’allumage du moteur-fusée pour grimper vers l’espace.

C’est en effet en deux temps que les avions suborbitaux SpaceShipOne et SpaceShipTwo sont censés atteindre 100 km d’altitude et  la fameuse ligne de Karman, limite conventionnelle entre la terre et l’espace.  Le vaisseau est d’abord amené à une altitude d’environ 15 000 mètres à l’aide d’un avion porteur spécial  (White Knight ou White Knight Two). Il est alorslâché puis entame la seconde partie du voyage, à la verticale et au-delà de la vitesse du son, jusqu’à l’objectif final. Une vidéo très impressionnante du largage, de l’allumage et d’une partie de l’ascension vus du vaisseau, lors d’un vol d’essai effectué début septembre est disponible ici.      

Image 15 : Comment préparer son voyage dans l’espace

RAS

Bien attachée dans le cockpit du simulateur et après seulement quelques séances d’essai, Clara est déjà impatiente de suivre le programme complet de simulation de vol suborbital. C’est un simulateur du SpaceShipOne qui est encore utilisé par le NASTAR Center en attendant que les données et caractéristiques complètes du SpaceShipTwo de Virgin Galactic soient disponibles.     

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Remise du « diplôme de l’espace »

À la fin de la formation au vol spatial suborbital, les stagiaires reçoivent un certificat officiel au cours d’une très solennelle remise de diplômes en présence de Brienna Henwood, directrice du NASTAR Center. Un simple morceau de papier qui symbolise une expérience majeure pour bon nombre de stagiaires, et en particulier pour Clara qui n’était pas certaine à l’avance de pouvoir gérer l’intensité des sensations de ce programme de formation.