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Des astronomes observent directement la naissance d’une planète pour la première fois

En observant la jeune étoile AB Aurigae, les astronomes ont pu capturer une image d’une planète en train de naître au sein d’un disque protoplanétaire. L’anomalie dans cette large quantité de gaz et de poussières correspond aux modèles théoriques.

ESO naissance planète
Crédits : ESO

C’est grâce à l’utilisation du Very Large Telescope (VLT) situé au Chili, qui avait permis de valider la théorie de la relativité d’Einstein, que les astronomes de l’Observatoire européen austral que les chercheurs ont pu observer une spirale de gaz et de poussières que l’on nomme disque protoplanétaire autour de AB Aurigae. Les images prises révèlent « une « torsion » proche de son centre qui suggère une planète en formation.

Une nouvelle étape pour comprendre la formation des planètes

Le phénomène observé est une première pour la communauté scientifique. Bien que des milliers d’exoplanètes soient connues, dont celle sur laquelle il pleut du métal, leur naissance reste bien méconnue. De nombreuses recherches et des satellites sont consacrés à leur découverte et à leur étude, comme TESS dont la NASA explique le fonctionnement. Comme l’explique le Dr Anthony Boccaletti, responsable de l’étude, il leur faut « observer de très jeunes systèmes pour vraiment capturer le moment où les planètes se forment ».

ESO naissance planète
Crédits : ESO

C’est le cas de celui en cours de formation autour de l’étoile AB Aurigae, située à 520 années-lumière de la Terre dans la constellation du Cocher (Auriga en latin). À cette distance, il est pour l’instant impossible d’obtenir des images très définies pourtant une torsion est bien visible au sein de la spirale de poussières. Cette dernière, comme le précise Anne Dutrey, coauteure de l’étude, est « prédite selon certains modèles théoriques de formation planétaire ».

Les images recueillies l’ont été grâce à l’instrument SPHERE (Spectro-Polarimetric High-contrast Exoplanet REsearch instrument). Celui-ci dispose d’un miroir qui vient corriger plus de 1200 fois par seconde les effets de la turbulence atmosphérique. Cela permet d’obtenir une netteté identique aux images prises depuis un télescope spatial comme le futur James-Webb qui vient de déployer son miroir avec succès. Ce qui indique le stade encore très jeune de cette nouvelle planète est l’absence de sillon dans le disque protoplanétaire. Celui-ci apparaitra quand la planète grossira.

Source : Space