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Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?

Image 2 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?
8/10

Parrot Anafi

699€ > Amazon
On aime
  • La compacité et le poids plume
  • Les fonctions automatisées
  • Le faible volume sonore en vol
  • L’autonomie
  • Le zoom
  • Le mode P-Log
  • La portée du retour vidéo
  • Le prix
On n’aime pas
  • Les images parfois un peu surexposées
  • Le retour vidéo parfois saccadé
  • Le temps de charge de la batterie
  • L’absence d’outils d’évitement des obstacles
  • Plusieurs fonctions payantes, dont le Follow Me
Verdict :

Il est petit et super léger, avec une caméra 4K stabilisée sur 2 axes de manière mécanique et 3 axes en numérique. L’Anafi a tout pour plaire à ceux qui adorent partir en balade avec un drone. Il suffit de le glisser dans un sac à dos, lui et sa radiocommande compacte. La qualité des images, en photo et en vidéo, a bien progressé depuis Bebop. Avec les photos en RAW et les vidéos en P-Log, Parrot permet aux utilisateurs plus exigeants de retoucher leurs images pour un beau résultat. On apprécie le pilotage que l’on peut choisir doux ou au contraire très agressif, avec des fonctions de prises de vues automatisées réussies. La capacité de la caméra à s’incliner à 90° vers le bas et 90° vers le haut permet d’envisager des séquences vidéo inédites en contre-plongée. Dommage que la gestion de la luminosité soit parfois hésitante, notamment avec des parties claires surexposées. On regrette aussi que Parrot demande quelques dizaines d’euros supplémentaires pour profiter de la fonction Follow Me et d’autres fonctions de vol automatisées. Si vous disposez déjà d’un Mavic Pro ou d’un Mavic Air, vous n’avez pas besoin de vous tourner vers l’Anafi. Il est en revanche efficace si vous avez envie de vous offrir une caméra volante capable de shooter en 4K avec une stabilisation efficace des images et même un zoom : ce sont des fonctions inédites sur d’autres appareils.

plus

Image 3 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?

Avec l’AR.Drone, Parrot avait porté le mot « drone » à la connaissance du grand public. Le Bebop qui lui a succédé avait innové avec une stabilisation entièrement numérique, qui se distinguait des nacelles mécaniques des concurrents. Une avance technologique que Parrot n’a pas conservée, puisque le Bebop 2 puis le Bebop 2 Power n’ont pas offert de nouveautés majeures. Pendant ce temps, le constructeur DJI s’est installé et domine désormais le marché. Après des difficultés qui ont mené à une restructuration, Parrot a fait table rase du passé pour proposer l’Anafi, son nouveau drone.

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Le constructeur a tout de même élaboré cet appareil en tenant compte de l’expérience des Bebop. La stabilisation numérique des images, par exemple, est toujours au rendez-vous. Mais elle est cette fois-ci épaulée par une stabilisation mécanique et un capteur capable de produire des vidéos en 4K. L’Anafi brille par son poids plume : c’est l’une des caméras volantes les plus légères du marché. L’une des plus silencieuses aussi. Ceux qui se baladent en pleine nature apprécieront ces deux caractéristiques.Image 4 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?

5 raisons de craquer (ou pas) pour l’Anafi de Parrot

1 – Oui pour son poids plume !

L’Anafi pèse moins de 320 grammes en ordre de vol, c’est-à-dire avec ses hélices et sa batterie. Un poids qui lui permet de passer largement sous la barre des 800 grammes de la nouvelle couche réglementaire française, à venir à l’automne 2018. Cela ne l’exempte pas du respect de la réglementation en vigueur depuis 2015, mais son pilote n’est pas obligé d’enregistrer l’appareil ni de passer une formation en ligne. Ni, et c’est beaucoup plus important, d’ajouter un système d’identification électronique à distance.

Son poids plume s’accompagne d’un faible encombrement. Ses bras se replient le long de son carénage central, ce qui lui permet d’être facilement glissé dans un sac à dos. Il est livré avec une pochette, que Parrot décrit comme une sorte de cocon, bien pratique pour le transport. À noter tout de même que la radiocommande pèse… près de 400 grammes. Mais la somme des deux reste légère : partir en randonnée avec l’Anafi est agréable ! Son autonomie est annoncée à 25 minutes par Parrot. En pratique, l’Anafi vole pendant 23 minutes environ. C’est très correct. Image 5 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?

2 – Oui pour sa facilité de mise en route

Image 6 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?Pour déplier l’Anafi, il suffit de tirer sur ses 4 bras, qui se mettent en place avec un clic rassurant. Une fois l’appareil posé au sol, une pression courte sur son bouton le met en route. La radiocommande, de son côté, s’allume automatiquement dès que son antenne est dépliée. Efficace ! Pour décoller, il faut utiliser un smartphone équipé de l’application Freeflight 6, pour appareils iOS et Android. La liaison entre le smartphone et la radio, appelée Skycontroller 3, s’effectue à l’aide d’un câble USB classique.

L’Anafi est prêt à décoller en moins d’une minute. Il est tout de même recommandé d’attendre encore quelques secondes, jusqu’à ce que l’indicateur GPS de la radiocommande et celui de l’Anafi passent au vert, signe que la position est correctement prise en compte par les deux, notamment pour opérer un retour automatique au point de décollage en cas de problème.

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3 – Oui pour sa caméra

La caméra de l’Anafi repose sur un capteur de 21 mégapixels, dont 9 seulement sont utilisés pour la vidéo 4K. Elle est montée sur un support en fourche motorisé sur deux axes. Cela permet d’obtenir des images stabilisées même lorsque l’appareil est secoué par le vent… ou le pilote. Sans jamais voir les hélices à l’image non plus ! À cette stabilisation mécanique, Parrot a ajouté la stabilisation numérique héritée des Bebop. Le résultat est très satisfaisant. L’un des points forts de l’Anafi, c’est sa faculté à incliner la caméra vers le haut. Un artifice qui permet d’envisager des prises de vues inédites, par exemple pour shooter le plafond d’un bâtiment, ou se filmer en contre-plongée sur un pont ou une passerelle.

Différentes prises de vue effectuées à l’aide de l’Anafi.

Un autre point fort de l’Anafi ? C’est sa faculté à zoomer, inédite sur un drone grand public ! Le facteur est faible : en 4K, il est de 1,3x sans pertes, et de 3x avec pertes. Mais cela suffit pour filmer à distance. Parfait pour filmer des animaux, par exemple, qui ne sont pas dérangés par le bruit. À noter que la portée du retour vidéo est très correcte : elle permet d’aller beaucoup plus loin que la vue directe. Rappel : la réglementation française impose le vol à vue. Un dernier point fort à noter ? L’Anafi propose une fonction HDR vidéo, capable de « déboucher » des images avec une dynamique étendue. Sympa, mais à utiliser avec précaution, les couleurs sont souvent criardes et peu naturelles.

4 – Non pour son assistance au pilotage

À contre-courant de ce que pratique la concurrence, Parrot a choisi de ne pas barder l’Anafi de capteurs pour détecter les obstacles et les éviter. Un choix assumé par la marque, qui indique avoir ainsi gagné en poids et en autonomie. Les pilotes débutants le regretteront : il est toujours plus agréable d’être prévenu avant de faire une bêtise qu’après. Cela dit, il est indispensable d’être prudent pendant une séance de vol, et les assistances électroniques trop envahissantes sont autant d’outils qui encouragent le pilotage paresseux et l’inattention.Image 7 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?

Ce qui est plus gênant, c’est que le maintien automatique de la position n’est pas toujours formidable : en vol stationnaire, sans intervention du pilote, l’Anafi a tendance à bouger beaucoup. Plus en tous cas que ses concurrents. Reste que le pilotage de l’appareil est particulièrement agréable. Lent en mode Film pour réussir des images souples, et pour satisfaire les pilotes débutants. Rapide et nerveux en mode Sport pour des vols plus engageants. Un bon point aussi pour les fonctions de prises de vues automatisées, comme Boomerang ou l’excellent Dolly Zoom qui fait bouger le décor à l’arrière-plan. Sans oublier Cameraman, qui automatise le contrôle de la caméra : elle reste figée sur un objectif pendant que vous pilotez autour.Image 8 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?

5 – Non pour les petits détails qui fâchent

Les images en 4K à 24, 25 ou 30 images par seconde sont très réussies, tout comme les photos que l’on peut stocker en Jpeg Rect avec une correction de la courbure de l’horizon, ou en DNG, ce mode RAW destiné aux retouches graphiques. Mais l’Anafi peine parfois à gérer les différences de luminosité, avec des zones sombres et zones claires surexposées. Il est possible de corriger le problème avec des réglages manuels, notamment en jouant sur l’exposition, ou avec le mode P-Log  destiné à une retouche colorimétrique. Mais c’est difficile à faire, surtout quand on est en vol.

La fonction de suivi automatique Follow Me est accompagnée d’outils de prises de vues automatisés sympas, Orbite ou Parabole. Mais elle est absente de l’application Freeflight 6 : c’est un module payant, pour environ 20 €. Un autre module, Flight Plan, est également proposé avec un surcoût de 20 €. La pilule est difficile à avaler après avoir déboursé 700 € ! La batterie supplémentaire, enfin, est vendue 100 €. Tout cela, au final, fait grimper la facture. Il manque aussi une fonction de panorama à 180°, voire 360° puisqu’avec sa caméra orientable, l’Anafi est théoriquement capable de le faire. Enfin, le HDR photo manque à l’appel, alors qu’il est proposé pour la vidéo. Image 9 : Drone de poche : on craque ou pas pour l’Anafi de Parrot ?