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Drones civils : bientôt indispensables ?

Image 1 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Dompteur de drones

Ils voient des drones partout. D’abord apparus dans le domaine militaire, ces objets volants sans pilote font depuis quelques mois une entrée de plus en plus remarquée dans la sphère des applications et des services civils. Il est maintenant acquis qu’ils feront partie de notre quotidien à plus ou moins long terme. Signe qui ne trompe pas, le phénomène vient même de faire ses premières incursions dans le domaine de l’art populaire avec, notamment, l’étonnant et visiblement désopilant liveshow Superdrones.ch du Suisse Superbuffo. Ce « performer » spécialiste du spectacle de rue et du cirque y propose un voyage philosophique dans le temps, de la Grèce antique à nos jours, à l’aide d’une flottille de quatre drones devenant des partenaires de scène (presque) à part entière. À ce jour, le programme des tournées du spectacle ne prévoit pas de dates en France alors en attendant, on peut toujours voir quelques extraits dans cette vidéo mise en ligne il y a quelques jours. Toujours dans le domaine de l’art, mais dans un tout autre style,  on peut également visiter le site web du projet Drones of New York de Rajeev Basu. En suivant le compte à rebours de la future libéralisation des vols commerciaux aux États-Unis fixée à septembre 2015, celui-ci nous propose une vision des rues de New York version Google Street View, envahies de drones personnalisés par 13 artistes, graphistes  et designers visiblement très inspirés par cette perspective.   

Image 2 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Chez Air Baltic, le père Noel est un drone

Où l’on constate une nouvelle fois que l’utilisation de drones s’étend à de nombreux secteurs. Et que cela n’est pas près de s’arrêter. Il s’agit cette fois du marketing  et de la pub avec une opération menée début décembre par la compagnie aérienne lettone Air Baltic. Pour célébrer ses 100 000 fans Facebook, cette compagnie  Low cost  d’état a organisé une livraison par drones de billets pour un vol gratuit auprès d’une sélection de clients-fans. On ignore précisément comment la société s’y est prise pour localiser le lieu où se trouvait les heureux bénéficiaires au moment de la livraison mais les caméras étaient là (voir vidéo) et l’on peut raisonnablement s’attendre à voir ce type de campagne être reprise à l’avenir pas d’autres sociétés.

Image 3 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Un défibrillateur livré par les airs

Chaque minute compte en cas d’arrêt cardiaque mais on ne dispose malheureusement pas toujours d’un défibrillateur à proximité et la rapidité d’intervention d’une équipe médicale est en général l’élément clé pour éviter une issue fatale. L’association allemande Definetz développe dans ce sens depuis quelques mois le projet Defikopter. Le système se compose d’un drone, d’un défibrillateur et d’une application pour Smartphone. Il peut, en cas de nécessité, être activé automatiquement par un témoin de l’incident et arriver sur les lieux (jusqu’à 10 km de sa base et à une vitesse de 70 km/h max) grâce aux coordonnées GPS fournies pour parachuter le défibrillateur (voir vidéo). Cette très belle initiative se heurte encore cependant, à ce jour, à quelques problèmes qu’il faudra résoudre avant d’imaginer pouvoir déployer le système à grande échelle : les législations locales concernant l’utilisation de drones civils, les conditions météorologiques et le prix… 20 000 euros par unité.          

Image 4 : Drones civils : bientôt indispensables ?

A Oppikoppi, la bière tombe du ciel

L’été est la saison des grands festivals de musique en plein air. Et comme l’été il fait chaud, quoi de plus agréable que de boire une bière (avec modération !) en écoutant ses groupes préférés. Les organisateurs du festival Oppikoppi, qui a lieu depuis 1994 dans la province de Limpopo en Afrique du Sud, ont lancé lors de la dernière édition un service « Beer Drone » aussi pratique qu’amusant. A défaut peut-être d’être vraiment efficace lorsque l’on est devant la scène au milieu d’une foule très compacte. Il suffit aux festivaliers de commander une bière à l’aide d’une application pour Smartphone pour qu’elle leur soit parachutée quelques instants plus tard à l’endroit où ils se trouvent et grâce aux coordonnées GPS transmises par l’appli (voir vidéo). Charge à eux ensuite de mettre la main dessus en premier…   

Image 5 : Drones civils : bientôt indispensables ?

La Blogothèque embauche un drone

L’excellent site consacré à la scène rock indépendante La blogothèque et ses incontournables « Concerts à emporter » ne pouvait pas passer à côté d’un outil aussi nouveau et potentiellement intéressant que le drone. C’est le groupe français Phoenix qui a inauguré la série au mois d’aout dernier avec un Concert à emporter  de quatre minutes tournées en un plan-séquence et en prise de son directe. Le décor ? Le Château de Versailles, excusez du peu, ville d’où sont originaires les membres du groupe.     

Image 6 : Drones civils : bientôt indispensables ?

En Chine, on se méfie des gâteaux volants

Où l’on constate que dans un domaine aussi nouveau et en pleine effervescence telle que la livraison de biens commerciaux par drones, il n’est pas bon de mettre la charrue avant les bœufs.  Sauf si l’on souhaite se payer une bonne tranche de publicité (presque) gratuite. Incake, une pâtisserie industrielle située à Shanghai, a en effet fait beaucoup parler d’elle l’été dernier en se voyant interdire de poursuivre le service de livraison de gâteaux qu’elle venait de mettre en place.  La police locale lui signifiant que le système pouvait être dangereux pour la population et que la législation locale l’obligeait à obtenir un accord des services de l’aviation civile au préalable. Elle a juste eu le temps de faire une demi-douzaine de livraisons et a promis de faire le nécessaire. À suivre … 

Image 7 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Sans les mains !

Au-delà de l’utilisation que l’on peut en faire, les drones font aussi  l’objet de recherches quant aux différents moyens de les piloter. Des étudiants de l’Université du Minnesota ont publié au mois de juin dernier un article détaillant les travaux qui leur ont permis de contrôler un AR Drone par la pensée à l’aide d’un casque EEG et d’une liaison Wifi (voir vidéo). Quelques semaines plus tard, c’est un jeune développeur américain du nom de Blaine Bublitz qui a fait la démonstration, lors d’une journée NodeBots organisée à Portland, du pilotage d’un AR Drone également, mais cette fois à l’aide de Google Glass, d’un contrôleur Leap Motion et de quelques lignes de code JavaScript (voir vidéo). Si un jour le cœur vous en dit, tous les détails sont sur son blog.

Image 8 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Un réseau de drones autonomes déployés à grande échelle

Il ne s’agit plus là qu’un simple service de livraison ponctuelle de bière, de gâteaux ou de livres mais bel et bien d’un véritable système global visant à mettre en place des réseaux de distribution automatisés et à grande échelle, par exemple dans les zones les plus isolées de certains pays en voie de développement (pour les médicaments, les produits de première nécessité …). On change très clairement de dimension. Ce projet très ambitieux est porté et développé par la startup californienne Matternet depuis 2011 et met en œuvre un système composé de flottilles de drones autonomes capables de refaire le plein d’énergie grâce à un réseau de bornes de recharge à énergie solaire et d’une architecture logicielle permettant de centraliser, gérer et d’organiser tout cela (commandes, urgences, liaisons avec les autorités aériennes locales, etc.). Matternet fonctionne déjà à petite échelle et a été testé en conditions réelles en 2012 à Haïti pour livrer des médicaments dans une clinique de Pétionville.     

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Suivez le drone !

SkyCall est né au sein du  SENSEable City Lab du MIT  et a pour fonction principale de guider les visiteurs d’un lieu (en intérieur ou en extérieur) vers leur destination. À partir d’une application pour Smartphone, il suffit d’indiquer le code de la zone où l’on souhaite se rendre et de suivre le guide. Simple et potentiellement très utile.        

Image 10 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Des drones chasseurs de tornades

Chasser les tornades est en général une affaire de passionnés mais également un exercice à haut risque. Trois groupes d’étudiants du département de génie mécanique et d’aérospatiale de l’Université de l’Oklahoma ont conçu chacun un drone capable de pénétrer les orages et les tornades qui afin d’en recueillir des données. Le cahier des charges s’est avéré relativement complexe. Ces avions sans pilote devaient être capables de décoller d’une route ordinaire ou d’un chemin en terre, d’être transportés sur une remorque de voiture pour être amenés sur place, de décoller et de se poser avec des vents violents (10 m/s et des rafales de 12 m/s), de voler jusqu’à 5 000 pieds pendant un minimum de 4 heures et, enfin, de pouvoir embarquer une ou plusieurs catasondes.         

Image 11 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Un drone jetable pour détecter les feux de brousse

Baptisés Samara par le Dr Paul Pounds de l’Université du Queensland en Australie, ces petits drones  reprennent  la forme très caractéristique de la graine d’érable (appelée samare) qui peut être transportée sur de très grandes distances grâce au vent. Autonomes,  ils intègrent des capteurs capables de détecter les feux de brousse et de forêts et d’alerter les centres de contrôle après avoir été lâchés en grand nombre au-dessus des zones à risque.   

Image 12 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Un hotspot WiFi qui prend de la hauteur

Adam Conway travaille pour une société spécialisée dans les réseaux et est par ailleurs passionné de robotique depuis plusieurs années. Il est parvenu il y a quelques mois à réunir ces deux mondes en faisant fonctionner ce qui est fort probablement le premier hotspot WiFi « volant » ; un drone quadricoptère équipé d’un routeur WiFi et d’un module 4G. Bravo, mais à quoi cela sert ? Selon Adam Conway, ce type d’équipement pourrait être très utile en cas de catastrophe afin de fournir une connexion WiFi aux premières équipes intervenant sur place, mais aussi lors d’événements ou d’opérations spécifiques : concerts en plein air, expéditions, prospection pétrolière, etc.  

Image 13 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Un drone pour effrayer les oies

La municipalité d’Ottawa semble avoir trouvé l’arme ultime pour se débarrasser, en les invitant à aller voir ailleurs, des colonies de bernaches du Canada qui squattent les berges de la rivière des Outaouais et en particulier les plages de Petrie Island. Les déjections de ces magnifiques volatiles seraient en effet à l’origine d’une pollution de l’eau relativement préoccupante. Un membre du conseil municipal a donc tout simplement fait appel au dénommé Steve Wambolt qui a pour mission d’effectuer des passages quotidiens sur les plages de l’ile à l’aide d’un drone spécialement étudié pour cela.

Image 14 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Le drone pirate par à l’abordage

On ne sait pas très bien s’il faut s’en réjouir ou s’en inquiéter, mais le 2 décembre dernier le célèbre hacker Samy Kamkar a publié sur son blog toutes les informations concernant ses derniers travaux permettant, pour moins de 300 euros, de fabriquer un drone pirate capable de prendre le contrôle, via leurs adresses MAC,  de tous les AR.Drone situés dans les parages. Son petit nom est SkyJack, il est équipé d’un nano-ordinateur Raspberry Pi, d’une batterie USB, d’un transmetteur WiFi et, pour la partie logicielle de aircrack-ng, node-ar-drone, node.js et le logiciel SkyJack. Lorsque le drone pirate détecte une ou plusieurs cibles, il la, ou les, déconnecte de son terminal de commande (Smartphone sous iOS ou Android) et en prend totalement le contrôle. Samy Kamhar s’amusant déjà à l’idée de pirater les futurs drones-livreurs d’Amazon…

Image 15 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Vol de peppéronis sur le Royaume-Uni

Associée pour l’occasion à l’agence de communication T+Biscuits et à Aerosight, une société spécialisée dans la photographie aérienne, la chaine Domino ’s Pizza s’est offert un très joli coup de pub cet été avec la première livraison de pizza par drone (voir vidéo) de l’histoire. Cela s’est passé au Royaume-Uni et les deux pizzas, bien au chaud dans leur sacoche isotherme, auraient parcouru environ 6 kilomètres en une dizaine de minutes à bord de ce Domicopter.

Image 16 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Le drone de fer

L’industrie du cinéma s’intéresse de plus en plus aux drones car ils offrent une très grande souplesse d’utilisation  et permettent de faire de substantielles économies pour les tournages de séquences aériennes, comparé  aux hélicoptères dont l’heure de location peut atteindre des sommes très élevées. La société britannique Colena s’en est fait une spécialité et propose deux modèles de drones utilisés notamment pour la série devenue culte Game of Thrones. L’octocoptère Media permet par exemple d’emporter jusqu’à 16 kilos de charge utile pendant une vingtaine de minutes.

Image 17 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Le drone et la réalité… réelle

Les Suédois d’Intuitive Aerial, une société spécialisée dans les prises de vues aériennes, sont les heureux détenteursd’un kit de développement Oculus Rift et ont eu l’idée très originale de le coupler à un drone. Ce dernier, équipé d’un PC portable et de deux caméras et d’une connexion WiFi,  peut ainsi diffuser  vers le casque de réalité virtuelle des images en immersion totale vues du ciel d’un univers bien réel…

Image 18 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Ils veulent tous leurs drones

L’idée est fort séduisante mais de nombreux problèmes, législatifs et techniques, restent à résoudre avant de voir de véritables services de livraison par drone mis en place à grande échelle. Amazon a ouvert le bal au début du mois de décembre avec Prime Air, un service de livraison par drone en 30 minutes que le géant du commerce électronique prévoit de mettre en place d’ici quelques années.   D’après nos confrères de The Verge dans un article publié le 3 décembre, UPS et FedEx  seraient également sur les rangs. DHL, le service de livraison express de la Deutsche Post, a quant à lui effectué des tests le 9 décembre à Bonn avec un prototype de « Parcelcopter » (voir vidéo) qui a pu effectuer une livraison de médicaments depuis une pharmacie de la ville jusqu’au siège de la société.

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En Australie, les manuels scolaires s’envoient en l’air

L’Australie fut le premier pays du monde, dès 2002, à se doter d’une législation fixant des règles pour l’utilisation de drones à des fins civiles et commerciales sur son territoire. Une des dernières initiatives en date concerne très précisément les étudiants du pays continent qui  pourront, très certainement à partir de mars 2014, bénéficier d’un service inédit de commande (via une appli Android) et de livraison de manuels scolaires par drone (voir vidéo). Née d’un partenariat entre Zookal, un service en ligne de vente et de location de livres scolaires, et Flirtey, une toute nouvelle start-up de livraison par drones de l’Université de Sydney, cette option de livraison devrait faire ses débuts dans un premier temps à Sydney avec six drones (non équipés de caméras). Les initiateurs du projet ayant déjà l’esprit tourné vers le futur avec l’intention d’étendre ce service à d’autres villes et à une multitude d’autres produits (alimentation, sang, etc.).   

Image 20 : Drones civils : bientôt indispensables ?

Un drone pour tous !

Né grâce à la plateforme de financement collaboratif KickStarter, PowerUp vient de lancer une nouvelle campagne de financement pour la version 3.0 de son système d’avion en papier motorisé qui peut désormais être rangé dans la catégorie des drones puisqu’il va pouvoir être contrôlé à partir d’un Smartphone. Si vous souhaitez vous aussi participer au développement, il vous en coutera environ 30 euros pour devenir l’heureux propriétaire, dans quelques semaines, d’un kit de base composé d’un module PowerUp 3.0, d’une hélice, de cinq feuilles de papier « certifié » et d’un système de recharge rapide à piles.