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Facebook dans la tourmente pour aide à la discrimination sexuelle à l’embauche

Une association américaine a porté plainte mardi contre Facebook ainsi que certaines entreprises ayant eu recours à ses services pour discrimination à l’embauche en raison du sexe.

Image 1 : Facebook dans la tourmente pour aide à la discrimination sexuelle à l'embauche

 
Une association américaine a porté plainte mardi contre Facebook ainsi que certaines entreprises ayant eu recours à ses services pour discrimination à l’embauche en raison du sexe.
 
Les mois se suivent et se ressemblent pour le géant du numérique Facebook qui prolonge sa série de déboires judiciaires. Cette fois-ci, ce sont trois femmes et l’American Civil Liberties Union, une association américaine de défense des droits et des libertés, qui portent plainte devant la commission américaine pour l’égalité des chances dans l’emploi contre Facebook et une dizaine d’entreprises ayant payé ses services pour faire de la publicité ciblée. 

Le problème de la publicité ciblée pour les annonces d’embauche

Quand vous allumez votre PC portable et que vous vous connectez à Facebook, les publicités que vous voyez sont différentes de celles que votre mère, frère, ami, mari ou collègue voient. Ce sont les entreprises payant ces publicités qui vont choisir une liste de critères parmi des milliers possibles pour que la diffusion de leur message soit la plus efficace possible et s’adresse ainsi aux personnes potentiellement les plus sensibles à leur message. Un annonceur peut donc choisir que son annonce ne cible que des hommes, des femmes, des jeunes, des fans de foot ou des amateurs de yoga, ce qui ne pose pas de problème en temps normal. Pour les annonces concernant des offres d’emploi, en revanche, le problème est simple : si elles ne sont adressées qu’à des hommes, de fait, les femmes sont écartées et n’ont pas la possibilité de postuler à ces emplois. En France, ce ciblage serait considéré comme discriminatoire en vertu de l’article L1132-1 du Code du Travail. Aux États-Unis, aucune loi de ce genre n’existe, mais les plaignants s’appuient sur une décision de la Cour Suprême de 1973 qui avait statué qu’il était illégal et discriminatoire de publier dans les journaux américains des annonces pour un emploi ciblant seulement des hommes ou des femmes. Les domaines pour lesquels la publicité ciblée est utilisée sont majoritairement réservés aux hommes en général : le bâtiment, le transport routier, l’informatique, la police. Inversement, on a pu voir des publicités pour recruter des infirmières réservées aux femmes. 

La réponse de Facebook

Facebook est mis en cause, car il crée et facilite les mécanismes grâce auxquels les employeurs peuvent écarter certaines catégories de population de l’accès aux annonces d’emploi. Il faut rappeler que Facebook a déjà supprimé des milliers d’options de ciblage concernant l’origine ethnique ou la religion sous la menace de sanctions sévères de la part du ministère du Logement il y a un mois ! Pour la défense du groupe, un porte-parole de Facebook a simplement déclaré que la discrimination est interdite dans les conditions d’utilisation du site et qu’ils attendaient d’en savoir plus sur les charges contre eux pour pouvoir se défendre. Il y a quelques mois, le réseau social, qui avait été confronté au même problème pour des questions d’âge (mais sans dépôt de plainte), s’était défendu en comparant ces annonces à des offres d’emploi qui ne seraient diffusées que dans des magazines pour la jeunesse ou pour personnes âgées. Pour Facebook, l’enjeu est majeur puisque l’entreprise a enregistré en 2017 un chiffre d’affaires de 40,65 milliards de dollars dont 98,5% provenaient de la publicité.