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Facebook demanderait à ses modérateurs de risquer leur vie en retournant travailler en présentiel

Le réseau social Facebook ferait face à la colère de ses modérateurs, qui dénoncent des conditions de travail risquées. Des centaines de modérateurs auraient signé une lettre qui condamne l’entreprise pour avoir décidé « de risquer leur vie pour maintenir les profits de Facebook pendant la pandémie ».

En mai 2020, alors que la pandémie de COVID-19 était en plein essor, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a annoncé que la société permettrait à la plupart de ses employés de continuer à travailler depuis leur domicile au moins jusqu’à la fin de l’année. Le but était de contenir la propagation du COVID-19, mais tous les employés ne semblent pas avoir eu cette chance.

Image 1 : Facebook demanderait à ses modérateurs de risquer leur vie en retournant travailler en présentiel
Facebook – Crédit : Kon Karampelas / Unsplash

Adressée à Mark Zuckerberg et à Sheryl Sandberg, directrice de l’exploitation de Facebook, ainsi qu’aux PDG des sociétés d’externalisation Accenture et Covalen, la lettre accuse Facebook de compromettre la santé et la sécurité de ses sous-traitants et de leurs proches en les forçant à retourner travailler en présentiel.

Ce n’est pas la première fois que le réseau social fait face à de telles polémiques. En septembre, un ingénieur de Facebook avait démissionné et accusé le réseau social de « profiter de la haine ». Récemment, Disney et d’autres entreprises ont décidé de boycotter le réseau social en réduisant leurs dépenses publicitaires. En réponse au mouvement « Black Lives Matter », Instagram a aussi décidé de revoir les règles de son algorithme pour éviter toute forme de discrimination envers ses utilisateurs à la peau de couleur noire.

Les modérateurs de Facebook demandent de meilleures conditions de travail

En plus des plaintes dénonçant la fin du télétravail, la lettre, signée par 200 employés, présente quelques demandes. Celles-ci visent à réparer les relations manifestement tendues entre les employés et la direction. Tout d’abord, les employés demandent que tous les modérateurs de contenu qui vivent avec une personne appartenant à un groupe à haut risque au niveau sanitaire soient autorisés à travailler à domicile indéfiniment, quel que soit leur état de santé.

Selon Facebook, la modération de contenu sensible comme la maltraitance des enfants doit se faire en priorité dans les bureaux de la société pour éviter les problèmes de sécurité. En conséquence, la lettre demande que les modérateurs qui régulent ce type de contenu reçoivent une prime de risque 1,5 fois supérieure à leur salaire habituel, et que tous les modérateurs de contenu se voient offrir de « véritables » soins de santé et psychiatriques pour leur travail.

En effet, le travail de modérateur sur Facebook est réputé pour être un des plus éprouvant mentalement, à cause du nombre de photos et vidéos atroces que les employés doivent visionner au quotidien. Selon plusieurs interviews d’anciens employés, le suivi psychiatrique semble, pour l’instant, ne pas être à la hauteur.

Enfin, les modérateurs demandent à Facebook de ne pas externaliser leur travail. En effet, ils soulignent que les tentatives antérieures de Facebook de modérer discrètement sa plateforme avec des solutions basées sur l’IA ont été des échecs qui ont entrainé un nombre grandissant de plaintes de la part des utilisateurs. Facebook était même arrivé au point où il se demandait si son propre algorithme avait des préjugés raciaux.

Crédit : The Guardian