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Free : la 4G à 19,99€, mais avec quel réseau ?

Image 1 : Free : la 4G  à 19,99€, mais avec quel réseau ?
Xavier Niel s’est enfin décidé à parler de la 4G. Après des mois à entretenir le mystère d’interview en interview, le patron d’Illiad a préféré faire une annonce depuis un simple tweet où il donne le détail de son offre. La 4G est dorénavant intégrée au forfait facturé 19,99 euros. Un tarif plancher comme nous y a habitué l’opérateur, d’autant que la remise en cas de cumul des abonnements internet et mobile reste valable. Le prix descend alors à 15,99 euros le tout sans engagement. Jusqu’alors, c’était Bouygues qui menait la guerre des prix sur la 4G, avec un forfait qui débute à 24,99 euros.

C’est surtout la quantité de Fair Use qui entend donner un coup de pied dans la fourmilière : 20 Go ! Soit plus que n’importe quel autre opérateur, tout simplement. Attention ceci dit, ceux qui se réjouisse en se disant qu’à défaut de smartphone compatible 4G, les 20 Go seront accessibles en 3G : ce n’est pas le cas, la limite reste fixée à 3 Go. On se consolera avec l’augmentation du débit 3G, de 14 à 21 Mbit/s, le Dual Carrier (42 Mbit/s) faisant toujours défaut.

Faire de la 4G sans réseau ?

Image 2 : Free : la 4G  à 19,99€, mais avec quel réseau ?L’offre pourrait être parfaite, sauf que dans les détails donnés par le communiqué de presse, ceux concernant la couverture ont de quoi faire réfléchir : au premier décembre, le réseau Free ne compte que 700 sites 4G, pour couvrir « plus de 1 000 communes ». Bouygues par exemple, actuel leader en la matière, compte plus de 1200 sites rien qu’en Île-de-France et couvre plus de 2 100 villes.

Il existe donc une nuance : une ville est une commune de minimum 2 000 habitants, alors que la définition de commune n’impose aucune restriction en terme de nombre d’habitants. Cela peut donc concerner aussi bien un village qu’une grande ville. Quant au débit théorique annoncé, il est équivalent à celui que promet Orange : 150 Mbit/s.

L’opérateur ne prend surtout pas de risque en précisant à ses utilisateurs que « plusieurs facteurs impactent la réception du service 4G » tels que « la proximité d’un site 4G » ou « le nombre d’utilisateurs connectés simultanément sur un site 4G ». Il n’oublie également pas de préciser que « les éventuels obstacles (immeubles hauts, reliefs…) » peuvent perturber la réception. Effectivement le lot de fréquences dont Free s’est porté acquéreur – 2,6 GHz – n’est clairement pas le plus adapté pour pénétrer les immeubles.

Enfin Free évoque « le dimensionnement du réseau de transmission auquel est relié le site ». Un paramètre qui peut en effet peser lourd dans les débits, car d’un point de vue technique, si les sites ne sont pas reliés en fibre, ils feront plus office de goulet d’étranglement qu’autre chose.

Pas de quoi de sauter au plafond

Le trublion des Télécoms nous refait le même coup que début 2012, lorsqu’il a littéralement retourné le marché de la 3G. Mais la différence ici, c’est qu’il est vraiment permis de douter. La qualité du réseau 3G de Free laisse déjà clairement à désirer, un état de fait sur lequel nous nous sommes penchés en début d’année avec l’aide d’IP Label tandis que l’UFC-Que Choisir avait décidé, de son côté, de porter plainte contre l’opérateur. Comment croire en la qualité du réseau 4G, alors que le nombre de sites est pour l’instant très limité et qu’aucun partenariat d’itinérance n’a cette fois été évoqué avec un autre opérateur, comme cela a pu être le cas sur la 3G avec Orange ?