Accueil » Actualité » Télécharger des données publiques n’est pas du piratage

Télécharger des données publiques n’est pas du piratage

Utiliser un logiciel qui ne fait que récupérer des données librement accessibles sur un site Internet est-il un acte de piratage ? La justice américaine dit non.

Image 1 : Télécharger des données publiques n'est pas du piratage

On a bien compris ces dernières années que les données ont une très grande valeur. Elles expliquent la valorisation de Google, Facebook et de la plupart des géants de l’Internet. Alors quand un cabinet d’analyse de données collecte les données disponibles publiquement sur LinkedIn, ce dernier réagit. En vain.

« LinkedIn n’est pas propriétaire des données publiée par ses membres »

Lundi, le réseau social professionnel LinkedIn a perdu son procès en appel contre hiQ Labs Inc. La première reprochait à la seconde de « pirater » ses données à l’aide d’un logiciel. En 2017, elle avait donc lancer une ordonnance de cessation et d’abstention contre le hiQ en insistant sur le fait que la récupération en masse de données était contraire à la loi sur la l’abus et la fraude informatiques votée en 1986, le CFAA.

Seulement ce CFAA est écrit de manière plutôt vague et mentionne qu’il est interdit d’accéder à des « ordinateurs protégés » sans une « autorisation » préalable. De nombreuses interprétations sont possibles. HiQ avait donc répliqué arguant que son activité n’était pas du piratage, tout en demandant au juge d’empêcher LinkedIn d’intervenir dans cette collecte de données. Le premier jugement avait donc été rendu dans ce sens, au grand désarroi du réseau social qui voyait ses données lui échapper.

Mais l’appel a confirmé cette décision. Le juge a en effet considéré que donner aux entreprises un contrôle de ce qui peut être fait des données publiquement partagées par les utilisateurs pourraient, à terme, créer une situation de monopoles d’information, ce qui serait au détriment de l’intérêt public. « LinkedIn n’est pas propriétaire des données publiée par ses membres, et ceux-ci ont rendus ces données publiques justement dans le but qu’elle soit accessibles à d’autres » annonce le juge. Il conclut en disant que le CFAA a été écrit dans les années 80 pour protéger les données financières, militaires ou confidentielles d’ordinateurs de devant pas être en accès public. Par conséquent, il ne s’applique pas aux réseaux sociaux à l’âge d’or de l’Internet. L’avenir nous dira si la France ou l’Union Européenne suivent la décision américaine.