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Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Image 1 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Kickstarter, des projets fous

Kickstarter est devenu en quelques années « la référence » en matière de financements participatifs. Pas un mois ne passe sans qu’un projet ne dépasse le million de dollars, ou qu’il rassemble plusieurs dizaines milliers de participants. Mais Kickstarter, c’est aussi quelques mini-scandales, dans lesquels les auteurs mettent la clé sous la porte ou tentent d’arnaquer les souscripteurs à l’aide de campagnes bien fumeuses. Sans compter les projets qui s’éternisent à coups de promesses plus que douteuses, et qui deviennent totalement surannés au moment de leur mise à disposition.
Nous avons donc compilé dans cet article les campagnes les plus impressionnantes, celles qui ont brassé plusieurs centaines milliers de dollars (voire millions de dollars). Des projets qui, tantôt ont réussi à être commercialisés et ont connu un succès retentissant, et tantôt n’ont pas du tout abouti et ont provoqué un mini-scandale sur la Toile.

Image 2 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Oculus Rift (fini)

L’Oculus Rift est probablement l’un des projets les plus passionnants Kickstarter pour qui s’intéresse un peu aux nouvelles technologies. Ces très grosses lunettes permettent en effet d’immerger totalement son utilisateur dans un univers, grâce à la réalité virtuelle. L’image est restituée en 3D et propose de couvrir totalement le champ de vision de son utilisateur. Cerise sur le gâteau : parmi les personnes qui soutiennent l’Oculus Rift, on trouve John Carmack (Wolfenstein 3D, Doom, Quake…), qui a même adapté son célèbre Doom 3 pour tirer profit de l’appareil. La campagne Kickstarter nécessitait 250 000 dollars pour être menée à bien. Elle a récolté presque dix fois plus. Si la commercialisation de l’Oculus n’a pas encore eu lieu, le projet a été présenté à maintes reprises sur les salons de 2013 et une longue liste de jeux permettant d’en profiter est d’ores et déjà disponible.

Image 3 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Alpha Colony (abandonné)

Voilà l’une des histoires les plus tristes de la plate-forme Kickstarter. Alpha Colony se voulait l’origine un jeu de stratégie pour PC, Mac, iOS et Android. C’était le fruit de 14 années de travail de la part de son auteur, qui souhaitait retrouver l’ambiance « familiale » que ses jeux d’enfance lui procuraient. Pour mener à bien son projet, Christopher Williamson s’était fixé comme objectif la somme de 50 000 dollars, mais il n’a réussi à réunir « que » 49 972 dollars. Alpha Colony a donc échoué à 28 dollars de son but. Quelques-uns des 542 participants ont voulu mettre un peu plus dans la cagnotte, malheureusement trop tard. Les règles de Kickstarter stipulent qu’on ne peut modifier sa mise, une fois la période de financement achevée, tout comme l’auteur du projet ne peut recommencer de zéro.

Image 4 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Arkyd (fini)

L’idée de Planetary Ressources, la société à l’origine d’Arkyd, a de quoi séduire. Son objectif n’est ni plus ni moins que de permettre à tout un chacun de profiter d’un télescope professionnel, similaire au fameux Hubble, lequel est réservé à l’élite des chercheurs et des amateurs de découvertes spatiales. En récoltant plus de 1,5 million de dollars et en fédérant plus de 17 500 internautes, Arkyd a réussi son pari. Si le télescope n’a toujours pas été lancé (la campagne Kickstarter est relativement récente, puisqu’elle date de juin 2013), l’avancement du projet est régulièrement commenté par ses fondateurs. Pour l’instant, ça semble plutôt très bien parti, croisons les doigts.

Image 5 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Ouya (disponible)

La Ouya est l’un des projets qui ont rapporté le plus sur la plate-forme Kickstarter. Jugez plutôt : la petite console ne nécessitait que 950 000 dollars pour être commercialisées, mais elle a tout de même récolté la coquette bagatelle de 8 596 474 dollars ! De quoi donner le vertige. Plus de 63 000 personnes ont participé à ce projet un peu fou, qui consiste à intégrer une console de jeu dans un cube de seulement 7,5 cm de côté. Le tout fonctionnant sous Android, le système de Google habituellement utilisé pour les smartphones et les tablettes. Et le pari a été plutôt réussi. Si la console montrait quelques signes de faiblesses à sa sortie, ils ont finalement été corrigés au fur et à mesure de ses différents firmwares. Plus de 500 jeux sont désormais disponibles sur cette console, et c’est plutôt un bon succès. Tant et si bien qu’une version collector est sortie (photo ci-contre) en blanc et offrant 16 Go d’espace, au lieu de 8.

[Test] Ouya : que vaut la mini-console de salon Android ?

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Amanda Palmer (disponible)

Amanda Palmer est une artiste pas comme les autres, puisqu’elle a décidé en avril 2012 de faire financer son nouvel album et sa tournée à l’aide de Kickstarter. Et son projet a été à bien, il n’y a rien à redire : alors que 100 000 dollars étaient nécessaires, elle en a perçu 1 192 793. La chanteuse souhaite en effet que la musique devienne libre, en Open Source. Et elle s’explique d’ailleurs dans un très long message sur ce que devient l’argent récolté via la plate-forme collaborative. Seulement, l’histoire ne s’est pas arrêtée pas là, car Amanda Palmer a également demandé par la suite aux musiciens prêts à l’accompagner dans sa tournée de venir jouer gratuitement. Et ça, ça a beaucoup déplu sur le Net, car il y a une limite au « bénévolat » du web, n’est-ce pas ?

Image 7 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Broken Age – Double Fine Adventure (retardé)

L’instigateur de ce Kickstarter n’est pas un inconnu dans le monde du jeu vidéo. Derrière lui, il y a en effet un homme très réputé : Tim Schafer. Ce designer américain est à l’origine de gros hits des années 90, puisqu’on lui doit des titres Grim Fandango, Full Throttle ou les incontournables Day of the Tentacle ou The Secret of Monkey Island. Débutée en février 2012 et achevée un mois plus tard, sa campagne a réuni plus de 87 000 participants et a engrangé plus de 3,3 millions de dollars. Seulement, rien ne s’est ensuite passé comme prévu. Le jeu nécessitant davantage de fonds, il sera finalement commercialisé en deux parties. En outre, sa disponibilité a été sans cesse repoussée, tant et si bien qu’il ne sortira pas avant janvier 2014… sous la forme d’une bêta. Car pour profiter de l’édition finale, il faudra encore patienter jusqu’en 2015, soit 3 ans après le lancement du projet Kickstarter. Espérons maintenant qu’il soit à la hauteur de cette si longue attente.

Image 8 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Veronica Mars (fini)

Le film sur l’héroïne Veronica Mars n’est pas encore sorti, et c’est déjà une franche réussite. Le réalisateur est parvenu à réunir les principaux acteurs du casting d’origine, malgré leurs différents parcours depuis l’arrêt de la série en 2006. Et le projet Kickstater a atteint son objectif moins de 11 heures après son lancement. Il fallait réunir à Rob Thomas la somme de 2 000 000 de dollars, il en a obtenu 5 702 153. Près de 3 fois plus ! Le film devrait sortir en début d’année 2014, mais déjà, les souscripteurs ont-ils reçu leur premier cadeau (un t-shirt). Tout devrait donc bien se passer et rendez-vous dans quelques mois pour voir le retour de la jeune enquêtrice sur grand écran.

Image 9 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

The Doom That Came To Altantic City (retardé)

The Doom That Came To Atlantic City se voulait un jeu de plateau classique, comme on en trouve des centaines sur le web. Son auteur demandait 35.000 pour terminer son projet et commencer à fabriquer tous les éléments du jeu (les figurines, surtout)… Il en a perçu plus de 120.000. Mais les événements ont pris une drôle de tournure, car le responsable a finalement posé les armes et abandonné son projet. Il a en effet déclaré s’être ruiné en voulant établir les locaux de sa société à l’autre bout du pays, et n’a visiblement pas très mal mesuré les coûts de fabrication et de distribution de son produit. Sauf que… son projet avait été finalisé sur Kickstarter, et qu’il avait bien perçu les 120.000 dollars en question. Malgré ses plates excuses et ses tentatives d’expliquer aux participants qu’il les rembourserait un jour, un véritable tollé s’en est suivi sur le web. Fort heureusement, l’histoire se termine plutôt bien : une autre société, Cryptozoic, a repris le flambeau. Elle a annoncé plus tard qu’elle fabriquerait le jeu de plateau et le livrerait aux contributeurs malchanceux, à ses propres frais.

Image 10 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Gamestick (disponible)

La Gamestick est un petit appareil, pas plus gros qu’une clé USB. Sa particularité ? Il s’agit en fait d’une console fonctionnant sous Android. L’appareil peut être logé directement sans propre manette lorsque vous le transportez, ce qui se révèle très pratique pour jouer chez des amis ou pendant les vacances. Reste la concrétisation du projet a été très longue, ses concepteurs se heurtant des problèmes inopinés de fabrication. Le projet a été lancé entre janvier et février 2013, mais les premières commandes n’auront finalement été livrées qu’en novembre de la même année. Totalisant 647 658 dollars et comptant 5 691 participants, la Gamestick se révèle finalement très décevante de par ses capacités et le nombre de jeux disponibles à son lancement (une cinquantaine seulement, dont une bonne moitié sans réel intérêt).

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Kobe Red (abandonné)

Les internautes font parfois d’une imagination débordante… et d’une crédulité encore plus impressionnante ! Pour preuve, la campagne Kobe Red faisait miroiter à tout un chacun la production de viande bio, d’une qualité inégalée. Imaginez donc : des bœufs japonais, traités à la bière, puis massés. De quoi les faire atteindre le 7e ciel et de produire de la viande hyper-tendre. Beaucoup sont tombés dans le panneau, puisque la campagne a réuni la modique somme de 120.309 dollars (alors que seulement 2.374 étaient nécessaires). Mais à une heure de la fin de la campagne, le financement a été suspendu. La tromperie a en effet été découverte par un groupe de documentaristes, qui effectuaient un reportage sur la plate-forme collaborative.

Image 12 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Project Godus (fini)

Project Godus est le nouveau jeu de Peter Molyneux, à qui l’on doit des titres comme Populous, Syndicate, Theme Park ou Fable. Vous souvenez-vous également de Curiosity: What’s Inside the Cube, sorti en 2012 ? Oui, dans ce jeu où il faut cliquer sur des cubes sans arrêt pour découvrir de nouveaux cubes, c’est bien Peter Molyneux que l’on trouve aux commandes. Néanmoins, la campagne de Project Godus bien a failli ne jamais récolter suffisamment de fonds. À quelques jours de la fin de la période de financement, il lui manquait encore plus de 125.000 dollars, sur les 450.000 fixés. À grand renfort médiatique, le jeu est parvenu à franchir le cap, et a même rapporté un peu plus. Si une version bêta est sortie disponible depuis septembre 2013, la version finale n’est toujours pas accessible, près d’un an après la campagne sur Kickstarter.

Image 13 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

LUCI (abandonné)

Sur le papier (ou sur la Toile), le projet LUCI a de quoi faire rêver. L’objectif de ce bandeau ultramoderne est de vous aider à contrôler vos rêves. Un peu comme si vous rêviez de manière éveillée, et de quoi en finir avec ces cauchemars qui vous ruinent totalement une nuit de sommeil. Mais du « rêve » à la réalité, il y a souvent un très large fossé, parsemé d’embûches en tout genre. Après avoir réuni plus de 363 000 dollars canadiens, le projet a été abandonné à 2 jours seulement de sa finalisation sur Kickstarter. Étrange, car la somme dépassait largement les 40.000 dollars fixés. Mais alors pourquoi ? Si rien n’a été confirmé ou infirmé par l’auteur du projet, les rumeurs vont bon train. C’est le désistement et la mise en garde d’un internaute qui a tout déclenché. Très peu d’informations sont en effet diffusées sur la page Kickstarter de LUCI. En outre, il semblerait que les quelques photos résultent en réalité d’un montage, et aucun vidéo n’est disponible. Il n’en fallait pas plus plus semer le doute chez les internautes, qui ont commencé peu à peu à retirer leur souscription avant la fin. Ce qui a visiblement fait peur à l’auteur du projet et l’a obligé à fermer sa campagne.

Image 14 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Wish I Was Here (fini)


Ce projet Kickstarter devrait selon toutes vraisemblances être mené à bien. Wish I Was Here est un film de Zach Braff (Last Kiss, Le prix à payer, Le Monde fantastique d’OZ…) et sera la suite de Garden State sorti en 2005. Au casting, on trouvera Kate Hudson, Natalie Portman, Josh Gad, etc. La campagne a atteint son objectif de financement de 2 millions de dollars en seulement 3 jours, et s’est même payé le luxe de le dépasser de plus de 1,1 million. Le réalisateur admet avoir eu l’idée de son financement en voyant le succès retentissant de Veronica Mars, évoqué précédemment. Néanmoins, le film a suscité quelques critiques, car dans l’intervalle, Zach Braff a obtenu un autre financement de la part de Worldview Entertainment. Fallait-il vraiment passer par Kickstarter ?

Image 15 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

The 10-year Hoodie (disponible)

Voilà l’un des kickstarters les plus réussis : the 10-year hoodie nécessitait seulement 50.000 dollars. Et il en a perçu 21 fois plus, soit 1.053.830 millions de dollars au final. Mais qu’est-ce donc ? The 10-year hoodie est un vêtement sensé tenir 10 ans, et ce, quelle que soit les situations dans lesquelles vous le portez. L’idée qui se cache derrière ce sweat est de faire face à obsolescence programmée de nos vêtements et de faire en sorte que tout le monde puisse en profiter à un prix abordable (89 dollars, soit 65 euros environ). Tous les participants au projet ont reçu leur sweat, lequel a été ensuite commercialisé sur le site Flint And Tinder. Une histoire comme on les aime.

Image 16 : Kickstarter : que sont devenus les projets stars ?

Pebble Watch (disponible)

Et pour finir sur une note encore plus positive, voici la Pebble. Cette montre connectée avait en effet récolté plus de 10 millions de dollars sur Kickstarter. Le projet a été rapidement finalisé, les participants ont tous reçu leur précieux sésame. Alors certes, comme nous l’évoquions dans notre test de la Pebble, la montre ne répond peut-être à toutes les attentes et se révèle un peu chère (elle est actuellement commercialisée au prix de 160 euros, frais de port inclus). Mais elle possède un très gros potentiel, surtout si les développeurs s’en emparent. Attendons donc de voir ce qu’elle va devenir, mais elle semble bien mieux partie que sa concurrente, la Galaxy Gear de Samsung.