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La Russie teste son « internet souverain » RuNet avec succès

La Russie vient de tester avec succès RuNet, son internet souverain. Le dispositif doit permettre aux infrastructures réseau russes de continuer à fonctionner normalement, alors qu’il est complètement déconnecté de l’internet mondial. Sous couvert de protéger le pays contre des cyberattaques, RuNet semble également être un formidable outil de censure et de surveillance.

Depuis quelques jours la Russie mène des essais pour isoler le pays de l’internet mondial. Avec le concours des agences gouvernementales et des fournisseurs d’accès, le pays est parvenu à se déconnecter totalement d’internet pour tester RuNet, son « internet souverain » ou plutôt le plus grand réseau local jamais créé.

Image 1 : La Russie teste son « internet souverain » RuNet avec succès

Le détail des scénarios testés et la mise œuvre technique restent secrets, mais les autorités russes affirment que l’expérimentation est un succès. RuNet fonctionne parfaitement sans internet et ses services, notamment les serveurs DNS qui assurent la résolution des noms de domaine. 

Officiellement, ces essais ont permis de démontrer que « les autorités et les opérateurs de télécommunications sont prêts à répondre efficacement aux risques et menaces éventuels ». Pourtant, sous couvert de protéger la population russe de cyberattaques, RuNet inquiète. Certains y voient un outil de censure et de désinformation contrôlé par l’état.

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RuNet, un pas de plus vers un internet cloisonné et surveillé

Les tests font suite à la loi de « l’internet souverain » de novembre dernier. Elle prévoit de permettre au gouvernement russe de déconnecter le pays du réseau mondial en cas de risque de « sécurité nationale », une notion dont il est seul juge. La loi contraint également les opérateurs russes à respecter une infrastructure, et installer des outils fournis par le Kremlin. Le dispositif doit permettre à Roskomnadzor, le gendarme russe des télécommunications, d’effectuer une « inspection profonde de paquets » pour rediriger le trafic au besoin. Pour s’y soumettre, les fournisseurs russes ont jusqu’à 2021, date des prochaines élections législatives.

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RuNet n’est pas sans rappeler le « grand pare-feu » chinois qui permet aux autorités de garder le contrôle sur le trafic internet. Un phénomène qui tend malheureusement à se développer. Internet est régulièrement coupé, et les états qui filtrent le trafic internet sont de plus en plus nombreux.

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Source : ZDNet