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La Silicon Valley se ligue contre la politique de Donald Trump

Image 1 : La Silicon Valley se ligue contre la politique de Donald Trump

Alors que la fin de semaine dernière a été secouée par la récente mesure de Donald Trump d’interdire l’accès aux USA aux ressortissants de certains pays, certains des plus grands acteurs de la Silicon Valley prennent la parole pour dénoncer ce décret et venir en aide aux personnes bloquées dans les aéroports. Ainsi, des Microsoft, Apple, Twitter ou encore Airbnb ont fait entendre leur voix.

Nombreux sont les patrons de grandes entreprises américaines qui se sont élevés contre cette mesure, qui empêche les ressortissants de sept pays du Moyen-Orient et d’Afrique d’entrer sur le territoire américain, créant ainsi des engorgements dans les aéroports. Très rapidement, Brian Chesky, PDG d’Airbnb, a indiqué sur Twitter qu’il fournirait gratuitement des logements « aux réfugiés et à toute personne se voyant interdire l’entrée aux États-Unis ». L’idée a été reprise notamment par Microsoft, qui a par la suite annoncé la mise en place d’un soutien juridique aux personnes touchées par le décret, tout en indiquant « partager les inquiétudes » à son sujet. Du côté d’Intel, on offre également un soutien juridique aux concernés dans la limite s’ils sont employés de l’entreprise, une posture adoptée également par Amazon.

Elon Musk, patron de Tesla et de SpaceX, a de son côté déclaré que ce décret ne serait « pas la meilleure manière de gérer les défis du pays ». Sur Twitter, il a appelé ses abonnés à lui donner des propositions d’amendements concernant le décret en question, et a promis qu’il présenterait des recommandations au président américain dans la foulée. Récemment, Elon Musk avait déjà rencontré Donald Trump lorsque ce dernier avait invité plusieurs patrons avant son investiture.

Front commun face à la politique de Donald Trump

De nombreux autres PDG de la Silicon Valley ont également fait connaître leurs protestations publiquement. Jack Dorsey, fondateur de Twitter, trouve « bouleversant » l’application de ce décret, précisant que « Twitter est créé par des immigrants de toutes les religions ». De son côté, un porte-parole de Google a déclaré à Bloomberg être « préoccupé par l’impact de ce décret et de ce qui pourrait imposer des restrictions aux employés de Google et à leurs familles, ou créer des barrières empêchant de nouveaux talents d’arriver aux USA ». Même son de cloche chez Netflix, pour qui Reed Hastings dénonce « les actions de Trump [qui] affectent les employés de Netflix tout autour du monde et sont tellement non-américaines qu’elles font du mal à tous ». Pour Chris Beard, patron de Mozilla : « il s’agit là d’un mauvais précédent, ignorant l’histoire, et qui fera probablement plus de mal que de bien ».

Enfin, d’autres ont décidé d’agir avec leur portefeuille : Lyft, concurrent d’Uber aux États-Unis, vient d’annoncer le don d’un million de dollars par an à l’ACLU (American Civil Liberties Union), une organisation de défense des libertés individuelles, et ce pour les 4 ans à venir.

S’ils sont nombreux, les patrons de la Silicon Valley ne sont cependant pas les premiers à se soulever massivement contre la politique de Donald Trump. La semaine dernière, c’est la communauté scientifique qui s’organisait, après que l’administration Trump a décidé d’un blocage des communications publiques de certaines d’entre elles, notamment l’US EPA (Environmental Protection Agency), l’agence gouvernementale pour l’environnement, qui s’est vu interdire de communiquer publiquement ses travaux sur Internet ou les réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre. Dans la foulée, de nombreuses agences gouvernementales, dont la NASA, ont créé des comptes Twitter précédés de la mention « rogue » (« rebelle ») non officiels afin de continuer à communiquer auprès du public sans utiliser les canaux habituels. Plus récemment, c’est le staff de la Maison Blanche lui-même qui lance sa propre mutinerie sur les réseaux sociaux, avec la création d’un compte « RoguePOTUSStaff », et qui dénonce notamment les actions de Donald Trump, « qui veut qu’on se rappelle de lui comme d’un roi ».