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L’US Air Force invite des hackers à prendre le contrôle d’un satellite

À la Defcon, l’USAF a mis à l’épreuve un système embarqué du chasseur F-15 qui n’a pas résisté bien longtemps aux hackers. L’expérience sera renouvelée l’année prochaine avec un satellite en orbite.

Image 1 : L’US Air Force invite des hackers à prendre le contrôle d’un satellite

Le mois dernier, l’armée de l’air américaine s’est présentée à la Defcon de Las Vegas pour mettre à l’épreuve le système TADS d’un chasseur F-15. Pour la première fois, une équipe de hackers de la société Synak ont pu accéder physiquement au système chargé de recueillir toutes les données des capteurs de l’avion. Selon le Washington Post, il n’aura fallu que 48 heures à l’équipe pour découvrir de multiples et graves vulnérabilités. On ignore néanmoins si ces failles permettent de le pirater en vol.

L’USAF est si satisfaite du résultat qu’elle a décidé de renouveler l’expérience en allant encore plus loin. À la prochaine édition de la convention, l’élite des hackers sera invitée à s’attaquer à un satellite en orbite ainsi qu’à sa station de contrôle au sol.

Une stratégie en matière de cybersécurité à revoir

Si l’informatique est présente dans les avions de 4e génération, elle est omniprésente dans les nouveaux appareils F-35, augmentant le risque de failles de sécurité. Et l’expérience de la Defcon a montré que les systèmes qui équipent l’USAF n’ont pas été suffisamment mis à l’épreuve. 

Selon Will Roper, le secrétaire adjoint de l’Air Force pour les acquisitions, la logistique et la technologie, les procédures de cybersécurité n’ont que très peu évolué depuis les années 90. Il déclare aussi que « parce que ces technologies sont mises au point dans le plus grand secret, on imagine qu’elles sont sûres ». Il ajoute également que certains éléments sont développés par de petites entreprises qui n’ont pas les mêmes moyens que Lockheed Martin ou Boeing en matière de sécurité.

Will Roper souhaite donc changer de cap. Tout d’abord, en imposant des cahiers des charges plus stricts à l’ensemble de la chaine d’approvisionnement. Puis en levant une partie de l’opacité qui entoure la communauté aéronautique, et même faire appel à des spécialistes extérieures comme à la Defcon.