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Le collectif Anti DRM de Webradio-France lance une pétition

Voici donc la dernière invention des techniciens modernes censée complaire aux majors de l’industrie, et permettant dans le principe de protéger un fichier contre la copie ou une utilisation frauduleuse.
Portant le nom de DRM (pour Digital Rights Management, ou Gestion des droits numériques), ce procédé permet de contrôler un contenu numérique, permettant par exemple d’en empêcher la copie ou la diffusion.
Un fichier protégé par DRM pourra donc avoir un nombre de copies maximal possible sur différents supports, un nombre d’ouverture paramétrable et une durée de validité.
Seulement, les nombreuses limitations que ce procédé peut poser dans le domaine du droit à la copie privée pour l’utilisateur final, par exemple, inquiètent de nombreux acteurs d’Internet comme l’EUCD.info ou encore certaines webradios, qui ont créé un comité et lancé une pétition pour dire non à un projet de loi visant entre autres à les obliger de diffuser leur contenu musical en technologie DRM, ce qui permettrait aux majors un contrôle total du contenu diffusé…

Le collectif nommé « Anti DRM Webradio-France » compte donc environ 25 webradios qui se sont donné la main pour dire non à ce projet de loi qu’ils jugent liberticide sur bien des points, comme le précise Mallis, cofondateur du collectif : « Cette loi prévoit les points suivants :
– Interdire tous les logiciels permettant de mettre à disposition une information protégée par le droit d’auteur et n’intégrant pas un dispositif de traçage et de contrôle de l’usage privé [au passage, cela signifie que votre simple et innocent lecteur multimédia pourrait du jour au lendemain devenir entièrement illégal, ndr]
– Interdire la promotion de tels logiciels
– Assortir ces interdictions de sanctions pénales
– Imposer le chiffrement (codage) des émissions radio numériques et l’utilisation de mesures techniques aux diffuseurs radios
– Mettre en place un système d’écoute généralisée des correspondances privées
– Mettre en place un système de filtrage généralisé en collaboration avec les fournisseurs d’accès. »

Le problème ainsi soulevé est le suivant : bien que les droits d’auteur doivent être protégés et que le piratage doit être, d’une manière ou d’une autre, contrôlé, jusqu’à quel point peut-on retirer des libertés aux utilisateurs et aux diffuseurs ?
Le principe du « tous coupables tant qu’ils ne se seront pas prouvés innocents » n’est en tout cas pas une solution viable.
Rappelons que ce projet de loi doit être examiné par l’Assemblée Nationale vers la fin du mois de décembre, époque à laquelle les bancs de l’hémicycle sont relativement déserts, notamment pour cause de fêtes de fin d’année.
Pour éviter donc que le pire ne se produise et que le monde numérique ne bascule dans une politique du « tout répressif », de nombreux partisans du droit à la copie privée et de la liberté d’expression font donc entendre leur voix, l’élevant contre cette loi, qui pourrait à terme faire couler nombre de webradios amateurs n’ayant pas les moyens de mettre en place les équipements et les logiciels propriétaires permettant de diffuser un contenu DRM contrôlé par les majors.
Des pétitions fleurissent donc aux quatre coins du Web, permettant aux utilisateurs de rejoindre s’ils le souhaitent, s’ils tiennent un minimum à leur liberté d’expression et à une diversité des programmes et des technologies disponibles sur la toile.

Source : WebRadioActu