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Le gouvernement veut filtrer massivement Internet

Le filtrage est dans l’air du temps, ne serait-ce que concernant la loi Création et Internet (ex-Hadopi, ex-Olivennes). Mais le gouvernement voit plus large et tente de faire adopter aux FAI d’ici le 10 juin une charte sur la « confiance en ligne ».

Un filtrage massif en dehors de tout cadre juridique

À la base de ce projet se trouvent Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur, et Philippe Bas, alors ministre délégué à la famille. Ils avaient chargé une commission de définir un label ayant pour but de « renforcer la sécurité sur Internet, notamment pour mieux protéger les mineurs et lutter contre les escroqueries ». Plusieurs points de la charte actuelle vont très loin dans le filtrage qui incombera aux FAI.

La sécurité devra être assurée au maximum aux utilisateurs, aussi bien en terme de virus, spam ou phishing. Mais les FAI auront également la possibilité de fermer les ports d’un utilisateur « mettant en jeu la sécurité du réseau », mais aussi de lui suspendre la connexion. Exactement ce que demandent les syndicats d’ayants droit à propos de la loi Création et Internet. Des quotas d’envoi d’e-mail sont également au programme pour limiter le spam.

Le filtrage devra également empêcher les mineurs d’accéder aux sites pornographiques. Plus surprenant, une suppression des contenus « passifs » sera possible. Tout contenu non mis à jour de quelque manière que ce soit depuis plus de trois mois pourra être supprimé. Incroyable, lorsque l’on sait la mine d’or d’archives que représente le Net.

Enfin, le signalement automatique des infractions devra être la règle pour les FAI. Ces derniers devront donc répondre à toutes les requêtes de demande d’IP ou signaler d’eux-mêmes tout contenu dont le propos est interdit (racisme, pédophilie, etc. ). Les requêtes se feront donc en dehors de toute voie juridique.

Si le filtrage des contenus Internet est louable et même indispensable concernant les enfants exposés à des images pornographiques bien trop facilement accessibles, on peut se poser des questions sur les méthodes proposées ici. L’automatisation de la chose, la suppression de contenus passifs et la sortie du système judiciaire ouvrent la voie à une multitude de dérives.

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