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Les événements météorologiques extrêmes exacerbent les violences contre les femmes, selon une étude

« L'abri de l'enfer », les conséquences sociales de l'Ourgagan Katrina en 2005 © Reuters, Shannon Stapleton
« L’abri de l’enfer », les conséquences sociales de l’Ourgagan Katrina en 2005 © Reuters, Shannon Stapleton

Une étude publiée par l’Université de Cambridge révèle à quel point les événements climatiques extrêmes peuvent entraîner de l’instabilité économique, de l’insécurité alimentaire et, surtout, exacerber les inégalités entre les sexes. « Des événements extrêmes ne provoquent pas de la violence sexiste en eux-mêmes, mais ils exacerbent les moteurs de la violence et créent des environnements qui normalisent ce type de comportement » a notamment déclaré Kim van Daalen, principal auteur de l’étude.

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Un lien de causalité entre la crise climatique et les violences envers les minorités

Entre 2000 et 2019, les inondations, les sécheresses et les tempêtes ont à elles seules touché près de 4 milliards de personnes dans le monde, coûtant la vie à plus de 300 000 personnes. La survenue de ces événements extrêmes représente un changement radical : la fréquence des inondations a augmenté de 134 %, les tempêtes de 40 % et les sécheresses de 29 % en seulement 20 ans. Ces chiffres devraient encore augmenter à mesure que le changement climatique progresse.

Les conséquences de tels événements sont multiples : instabilité socio-économique, inégalités structurelles du pouvoir, inaccessibilité aux soins, rareté des ressources, problèmes de sécurité et d’application de la loi, etc. L’étude révèle ainsi et à quel point les événements météorologiques et climatiques extrêmes ont à chaque coup augmenté la violence contre les femmes et les minorités.

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Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont analysé 41 études explorant différents types d’événements extrêmes récents, tels que des tempêtes, des inondations, des sécheresses, des vagues de chaleur, etc. Certaines se concentraient également sur le harcèlement sexuel, la violence émotionnelle, les mariages forcés, etc.

Elle démontre que la violence fondée sur le genre, pendant et après des événements extrêmes, est une expérience partagée dans la plupart des contextes étudiés, suggérant que l’amplification de ce type de violence n’est pas contrainte géographiquement.

« Cette violence induite par les catastrophes climatiques est normalisée par les structures sociales et patriarcales systémiques » indique l’auteur de l’étude. « Les normes locales et sociales, combinées aux inégalités, conduisent à la marginalisation, à la discrimination des femmes, des jeunes filles et des minorités sexuelles » ajoute-t-il.

Plusieurs exemples mis en avant par l’étude

L’une des études analysées par les chercheurs évoquait notamment les conséquences sociales de l’ouragan Katrina, qui a frappé la côte du golfe des États-Unis en août 2005. Au cours de l’année suivant la catastrophe, les cas de violence interpersonnelle et conjugale auront considérablement augmenté pour les femmes comme pour les minorités.

Les chercheurs évoquent également à quel point la communauté gay de la Nouvelle-Orléans aura été blâmée pour l’ouragan Katrina, la catastrophe étant parfois décrite comme étant « une punition de Dieu ». À titre d’exemple, l’étude indique que les couples homosexuels n’auront pas autant eu accès aux soins et aux secours de l’Agence fédérale des situations d’urgence (FEMA) que les autres. De nombreuses personnes transgenres auront été menacées dans les abris et une vaste majorité de personnes LGBTQI auront subi d’importants sévices physiques.

Source : Université de Cambridge