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Les flops high tech de 2012

Image 1 : Les flops high tech de 2012

Apple Maps

L’heure des bilans a sonné. Pas tendre habituellement, la rédaction de Tom’s Guide n’a pas dérogé à ses habitudes. Dans ce condensé des flops High tech et Internet 2012, les mauvais élèves ont tous réussi à se surpasser !

Il a fait hurler d’horreur les possesseurs d’iPhone, iPod et iPad sous iOS 6 tout en faisant mourir de rire les autres utilisateurs d’OS mobiles concurrents. Apple Maps était censé représenter le summum de la cartographie mobile. Au final l’application GPS de la Pomme n’aura fait illusion que quelques heures. Le temps pour ses utilisateurs de se perdre en chemin, d’afficher des résultats incongrus et de faire l’étalage d’une série de bugs indignes d’un lancement Apple.

Risée de toute la toile pendant des semaines, Apple Maps a fait l’objet d’excuses officielles de la part du constructeur de l’iPhone et à coûté son poste au responsable de son développement, Richard Williamson.

Enfin, comme un clin d’œil, l’épisode iOS Maps n’aura pris fin qu’avec le retour sur l’AppStore de l’illustre concurrent : Google Maps. Cette revanche de Google signe également l’un des plus beaux ratés de l’histoire d’Apple.

Souvenez-vous : les pires ratés d’iOS Maps

Image 2 : Les flops high tech de 2012

Entrée en bourse de Facebook


Dire que l’entrée en bourse de Facebook était attendue est un euphémisme. Malgré les déboires de Groupon quelques mois plus tôt, le réseau social de Mark Zuckerberg ne s’est pourtant pas dégonflé et a même été valorisé à plus de 104 milliards de dollars le jour de son entrée au Nasdaq, le 18 mai.

Si l’ambition était haute, la concrétisation a eu un goût amer pour Facebook. La valeur de l’entreprise n’a eu de cesse de  chuter dans les jours suivants son arrivée sur les marchés financiers. Ainsi, de 38 dollars dans les premiers jours, l’action Facebook a chuté jusqu’à 17 dollars début septembre. Actuellement, la valeur semble se stabiliser entre 25 et 30 dollars.

En cause selon certains, la banque Morgan Stanley qui aurait cédé aux pressions de Mark Zuckerberg pour que Facebook soit évalué à plus de 100 milliards de dollars lors de son entrée en bourse, devenant ainsi l’entreprise la plus valorisée de tous les temps. Tout un symbole.

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PS Vita

Les consoles portables sont largement menacées par l’explosion des smartphones et tablettes. Dans ce contexte, les acteurs traditionnels ont du mal à trouver une place. Nintendo résiste mieux avec une Nintendo DS qui est devenue cette année la console la plus vendue de l’histoire. Sony de son côté souffre plus, avec une Vita lancée en début d’année et qui n’a pas su trouver son public.

La première semaine de son lancement en Europe, la console n’a trouvé que 250 000 acquéreurs, un chiffre plus de deux fois inférieur à celui des ventes de la PSP en son temps (600 000 en 2005). La console portable de Sony comptait pourtant sur de solides arguments : puissante, équipée d’un écran 5 pouces OLED tactile et de deux sticks analogiques favorisant la prise en main.

Sans doute les efforts pour limiter le piratage (format de carte mémoire propriétaire, suppression de jeux permettant des « bidouilles ») ont contribué à son échec. Comme quoi, la qualité d’un produit ne garantit pas toujours son succès.

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Free ADSL

Les problèmes entre les abonnées de Free et les débits sur YouTube ne sont pas nouveaux. D’après une étude réalisée par l’UFC Que Choisir, 84% des utilisateurs ne seraient pas satisfaits de leur accès à YouTube. Mais cette année, l’ombre d’une solution a été entrevue avec l’ouverture d’une enquête de l’Arcep sur la « dégradation de la qualité de service ».  Coïncidence ou pas, le lendemain de l’annonce, une majorité d’abonnés a pu constater une net amélioration du service.

Néanmoins, l’Arcep a entamé son enquête dès le mois de novembre. Désormais, le régulateur attend des détails techniques et financiers de la part d’Iliad et Google pour trancher sur le problème, bien que cette réponse ne soit que consultative. Le régulateur n’a en effet aucun pouvoir sur ces différents acteurs pour les contraindre à faire évoluer leurs positions respectives.

Le problème résiderait dans le refus de Free de prendre en charge le coût de la bande passante supplémentaire nécessaire pour assurer la fluidité du service de vidéo à ses utilisateurs. D’ici à que l’Arcep rende son verdict, les abonnés de Free peuvent suivre le conseil de Xavier Niel, que le patron d’Iliad a donné en début d’année : préférer Dailymotion.

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Windows RT : un gros souci de communication

Microsoft a profité du lancement de Windows 8 pour présenter un second système d’exploitation, Windows RT. Les deux OS se ressemblent comme deux gouttes d’eau : on y profite de la nouvelle Interface Windows (ex Metro), des mêmes possibilités de réglages, des applications du Windows Store, du Bureau, du Panneau de configuration, etc. Et pourtant, il y a une différence de taille entre les deux : Windows RT est destiné aux processeurs ARM, et ne sait pas exécuter les programmes x86. Le principal souci tient dans la communication qui a été faite (et qui continue à être faite) autour des deux OS. À moins de bien se renseigner avant, rien n’indique qu’une tablette sous Windows RT ne pourra pas faire tourner les logiciels de Windows XP, Vista ou 7… Alors que Windows 8 lui, le peut sans problème. Et Microsoft commercialise un appareil à l’unique dénomination (Surface), qui fonctionne tantôt sous Windows 8 Pro, tantôt sous Windows RT. Le comble, c’est que publicitaires et sites marchands ne font rien pour aider les consommateurs, en apposant un logo Windows 8 à côté d’un produit RT, ou réciproquement, en faisant la promotion de Windows 8 à l’aide d’une tablette sous Windows RT. Comment voulez-vous que Madame Michu s’y retrouve, sincèrement ?

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Ingress le MMO par Google

Qui se souvient d’Ingress de Google ? Pourtant ce drôle de jeu multijoueur en ligne (MMO) lancé par le géant du web n’est pas bien vieux… Aparu au début du mois de novembre il n’aura pas vraiment réussi à marquer les esprits. Le jeu conceptuel du studio Niantic Labs se base sur la géolocalisation et sur la réalité augmentée. Deux technologies intéressantes pourtant mais qui ne suffisent pas à faire un jeu et Google l’aura appris à ses dépens.

Ingress : le drôle de MMO de Google

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Archos GamePad

La promesse : une tablette sous Android pouvant faire office de véritable console de jeu ! Le résultat : un terminal assez banal et une bien piètre console.

Archos est véritablement passé à côté d’une occasion de briller avec son GamePad car si les boutons et les sticks ont pu faire illusion pendant un temps, les nombreux bugs, ralentissements et même les plantages rencontrés lors de notre test nous ont amené à déconseiller le GamePad, à moins de le considérer comme une tablette d’entrée de gamme.

Image 8 : Les flops high tech de 2012

Instagram

Alors que le service a profité de 2012 pour débarquer sur Android et se faire racheter par Facebook pour un milliard de dollars en avril, c’est pour une autre raison qu’il se retrouve dans ce classement.

Mi-décembre, Instagram a en effet annoncé une mise à jour de ses conditions générales d’utilisation qui devraient permettre au service d’introduire de la publicité ciblée pour les utilisateurs. Une modification que n’a pas apprécié sa communauté puisqu’Instagram a dû s’expliquer à plusieurs occasions, affirmant qu’il n’allait pas vendre les photos des utilisateurs à des tiers, puis retirant purement et simplement la mention des publicités, la repoussant à plus tard. Fin décembre, un cabinet d’avocat a finalement déposé un recours collectif contre Instagram.

Profitant de ces déboires, Twitter, Yahoo ou Google ont su dévoiler leurs armes pour attirer les utilisateurs d’Instagram.

Instagram s’excuse et se défend de vouloir vendre vos photos

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Au revoir MSN, on t’aimait bien

Qui n’a jamais utilisé au moins une fois dans sa vie MSN, n’a jamais entendu ses messages de notification ou envoyer l’une de ses célèbres émoticônes ? Windows Live Messenger existe depuis 1999, mais il va bientôt falloir apprendre à s’en passer. Microsoft a en effet décidé d’abandonner son logiciel au profit d’un autre outil, que Redmond avait acquis en 2011 pour 8,5 milliards de dollars : Skype. Évidemment, il aurait été compliqué pour Microsoft de conserver deux services aux possibilités similaires (chat textuel, audio et vidéo, outil de collaboration, etc.). Reste que les utilisateurs de Messenger ne sont pas ceux de Skype, et inversement. On se donne rendez-vous ou on se croise sur MSN pour une discussion écrite, alors que Skype continue à être principalement utilisé pour ses fonctions de chat audio. Nul doute que la migration vers une nouvelle interface risque d’en rebuter plus d’un, et que bon nombre d’utilisateurs vont baisser les bras.

Image 10 : Les flops high tech de 2012

Flame : beaucoup de bruit pour rien

Il a été annoncé comme la 3e plus grande menace informatique. Sa dangerosité en a fait un malware dont il a fallu impérativement se protéger, lui qui est passé entre les mailles du filet depuis 2010. Découvert seulement en mai 2012 par Kaspersky, ce virus est en théorie capable de tout faire : prendre le contrôle de la messagerie instantanée du PC, changer les paramètres de la machine, faire des captures d’écran, enregistrer l’audio en déclenchant le microphone, etc. D’autant plus inquiétant que Flame a été soupçonné d’être un cyberespion à la solde des gouvernements et qu’il favoriserait sa réplication sur les postes militaires. Au final, les effets de Flame ont été… nuls. Seulement 600 postes ont été touchés dans le monde, sans que personne ne vienne véritablement témoigner. Le malware s’est désactivé de lui-même un peu après avoir été découvert, et les éditeurs de solution de sécurité ne sont jamais revenus sur le sujet. Ceux qui attendent encore le « retour de Flame » risquent d’être très déçus.

Image 11 : Les flops high tech de 2012

Sopa – Pipa – Acta



2012 a également été l’année des tentatives de régulation d’Internet. Aux États-Unis, le projet de loi Pipa/Sopa avait pour ambition de censurer les sites pointant vers des œuvres soumises aux droits d’auteur. Une responsabilité a priori de l’hébergeur qui n’a pas été du goût de nombreux acteurs d’Internet. En janvier, plusieurs sites dont Reddit, Wikipedia, le réseau Cheezburger ou même Google ont manifesté contre le projet de loi en effectuant un blackout le 18 janvier dernier. Si Google se contentait d’afficher un message et un rectangle noir en page d’accueil, la version anglophone de Wikipedia a purement été fermée pendant 24 heures.

Par ailleurs, dès le début de l’année, les internautes se sont réunis pour lutter contre le traité Acta qui visait à unifier les règles de plusieurs pays contre la contrefaçon et notamment le piratage. Si le texte a été signé par 32 États et organisations différentes, il a finalement été rejeté par le Parlement européen le 4 juillet dernier.

Image 12 : Les flops high tech de 2012

MegaUpload

Le 19 janvier 2012, le monde de l’internet s’ébranle suite à l’arrestation (musclée) de Kim Dotcom. Plus que le personnage en lui-même, c’est l’arrêt de sa création qui va susciter l’émotion chez les internautes : Megaupload. Le service de stockage en ligne était utilisé en partie pour stocker des fichiers protégés par le droit d’auteur, représentant par conséquent l’un des plus grands espaces d’échange du Net : 25 Po (un pétaoctet représente 1 000 téraoctets, soit dans ce cas, 25 000 000 gigaoctets)

À partir de 2011, le service a été la cible des défenseurs de la propriété intellectuelle. Les différentes industries, particulièrement celle du cinéma, ont fait pression pour que Megaupload soit fermé. Bien que ces derniers se soient félicités de son arrêt, les utilisateurs qui y stockaient des fichiers légaux ont tenté de se faire entendre en demandant la possibilité de récupérer leurs données. Malgré cela, tous les fichiers stockés sur les serveurs y ont été supprimés.

Depuis, le fondateur Kim Dotcom travaille sur un remplaçant de Megaupload, sobrement intitulé Me.ga, dont l’ouverture devrait intervenir dans les prochaines semaines : le 19 ou le 20 janvier 2013. Pour ne pas revivre un échec, Me.ga reposera sur un système de chiffrement des données à la volée, dont la clé ne sera connue que de l’utilisateur. Mais à peine annoncé via un site internet dont le nom de domaine était hébergé au Gabon, ce dernier a été suspendu par le gouvernement gabonais lui-même.

Image 13 : Les flops high tech de 2012

Un bilan bien maigre pour la HADOPI

Voilà plus de 3 ans que la HADOPI fait parler d’elle (et même davantage si on prend en compte la loi Dadvsi, qui l’a précédée). Cette loi, qui tente de protéger les droits d’auteur en bannissant en priorité les systèmes de p2p, a en effet été votée par le Sénat le 13 mai 2009. Selon la HADOPI, les répercussions ne se sont pas fait attendre : en 2010, 53 % des internautes qui téléchargeaient illégalement déclaraient avoir réduit ou interrompu leur activé… Et en 2012, ce chiffre est passé à 72 %. Mais peut-on réellement y croire, quand on voit que les sites de recensements de trackers pour BitTorrent n’ont jamais été aussi florissants et réactifs ? Il n’y a qu’à voir les derniers blockbusters qu’on y trouve, les séries TV diffusées le jour même, les albums qui ne sont même pas encore sortis. Les internautes ont-ils vraiment peur d’HADOPI ? En juin dernier, c’était plus de 682 000 avertissements qui avaient été envoyés et 340 dossiers examinés. Et au final, en octobre dernier, la HADOPI remportait un premier procès : le « délinquant » était condamné à une amende de… 150 €. Pour la seule année 2012, le budget consacré à la lutte contre le piratage sur le web a été quant à lui de 10,4 millions. 150 € de récoltés pour 10,4 millions de dépenses, une communauté d’utilisateurs de BitTorrent toujours aussi conséquente : belle réussite.

Image 14 : Les flops high tech de 2012

Bug LinkedIn


En juin dernier, le réseau social orienté vers les entreprises a pu retrouver 6,5 millions de mots de passe de ses utilisateurs dans la nature. Publiés sur un forum russe, les mots de passe ont été dérobés et décryptés par un pirate informatique.

Si LinkedIn a rapidement réagi en forçant notamment les utilisateurs compromis à changer de mots de passe ou en incitant tous ses utilisateurs à changer régulièrement de code d’accès, il n’en demeure pas moins que 6,5 millions de mots de passe compromis sur 187 millions de membres restera comme une cicatrice béante pour LinkedIn.

Image 15 : Les flops high tech de 2012

4G et fibre optique

Malgré l’ouverture de quelques villes à la nouvelle technologie de réseau mobile, 2012 n’a pas été une si bonne année pour la 4G en France. Comparativement à d’autres pays, nous sommes encore à la traîne. Il faudra plutôt compter sur 2013 pour ne pas parler d’un flop, avec notamment l’arrivée sur Paris vers l’autonome probablement. L’avenir de la capitale était encore incertain la semaine dernière avant qu’un accord soit finalement trouvé, les négociations pour le déploiement de nouvelles antennes étant bloquées depuis des mois.

Les terminaux compatibles se comptent sur les doigts d’une main et le problème des fréquences différentes d’un pays à l’autre n’arrange en rien le problème. Sans compter que Bouygues tente d’utiliser une nouvelle bande de fréquence qu’il possède déjà pour supporter la 4G (1 800 MHz, actuellement occupée par la 2G), un an seulement après des investissements de plusieurs milliards d’euros de la part des opérateurs pour les deux bandes autorisés par l’Arcep (800 MHz et 2,6 Ghz).

Un sort similaire à la Fibre, dont le développement et les investissements sont sans cesse ralentis. La faute, pour les opérateurs, incombe aux collectivités locales ainsi qu’aux syndics d’immeubles. Résultat, Free par exemple n’espère couvrir 60% de la population qu’à l’horizon 2022 ! Autant dire que le très haut-débit pour tous n’a pas été pour 2012 et ne sera probablement pas pour 2013 non plus.