Les jeux vidéo violents rendraient plus agressif

Dishonored

Les jeux vidéo violents augmentent l’agressivité d’un individu dans le temps, révèle une étude menée conjointement par l’Université d’Hohenheim (Allemagne) et l’État d’Ohio (États-Unis).

L’expérience a duré trois jours et a mis en scène 70 étudiants. Divisés en groupes, ils ont joué 20 minutes par jour à des jeux violents pour une partie et non-violents pour les autres.

Deux tests

Ils ont dû ensuite se soumettre à deux exercices. Dans le premier, ils ont dû lire une histoire et imaginer la réaction des protagonistes. Ceux qui s’étaient adonnés à des jeux vidéo violents ont décrit des personnages plus hostiles et agressifs que les autres.

Dans une seconde étape, les participants ont été opposés en face à face dans une compétition. Pour punir leurs adversaires, ils ont pu déclencher un choc sonore. De même, ceux qui ont joué à des jeux vidéo violents ont été les plus friands de ce dispositif.

L’étude rapporte que cette agressivité latente chez les joueurs de jeux violents s’est accentuée tout au long de l’expérience. Pour Laurent Bègue, professeur à l’Université de Grenoble, les jeux vidéo sont « un facteur de violence avéré qui ne peut pas être négligé, même s’il ne faut pas s’en servir pour masquer d’autres sources de violence plus importantes ».

Des facteurs humains non pris en compte

Il ajoute en outre que l’étude décrite ci-dessus est « la première au monde qui étudie de manière expérimentale les effets à long terme des jeux vidéo violents ». Trois jours, c’est un peu court pour juger de la nocivité des jeux vidéo violents, surtout lorsqu’aucun facteur humain n’est pris en compte. En 2007, une étude publiée dans le magazine Psychology, Crime & Law concluait alors que seuls les individus possédant une « personnalité instable » étaient affectés par la violence distillée dans les jeux vidéo. Cette étude avait pris en compte le caractère du joueur, sa situation socio-économique ou encore son éducation.