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Les vrais faux super-héros

Image 1 : Les vrais faux super-héros

Les super héros de la « vraie vie »

Les Real Life Super Hero sont dans nos rues et font beaucoup parler d’eux. Ces « super héros » du quotidien sont très souvent fans de comics, parfois très marqués par le film Kick-Ass et souhaitent presque tous rendre le monde meilleur. Vaste programme. On y trouve des adolescents en mal de reconnaissance et d’identité, des citoyens modèles animés par une démarche purement et véritablement altruiste, des justiciers adeptes de l’autodéfense et de méthodes musclées parfois à la limite de la légalité. Les profils sont très variés et ils seraient plusieurs centaines dans le monde, dont près de 300 rien qu’aux États-Unis selon le photographe Pierre-Elie de Pibrac qui leur a rendu hommage dans le livre Real Life Super Heroes. Et si vous souhaitez poursuivre le voyage dans cette étrange dimension, nous vous invitons également à visiter le site The Real Super Hero Project du photographe Peter Tangen. 

En attendant, bienvenue dans l’univers de Supervaclav, le chasseur de crottes abandonnées, de Ragensi, le psychologue spécialiste des phénomènes paranormaux ou de Wheel Clamp Man, l’homme qui libérait les voitures mal stationnées.

Image 2 : Les vrais faux super-héros

L’homme à la disqueuse

Écartons d’emblée toute ambiguïté. Non, ce n’est pas le membre caché des Village People. The Wheel Clamp Man (« l’homme sabot ») sévit à Perth en Australie, affublé de sa combinaison en lycra, d’un slip de bain très seyant et d’une magnifique moustache. Il a pour principale mission de libérer les véhicules immobilisés par un sabot afin d’éviter les frais de fourrière à leur propriétaire car selon lui les sociétés chargées des enlèvements se font beaucoup trop d’argent sur le dos des pauvres automobilistes.  Son arme : une disqueuse qu’il utilise, avec l’accord du propriétaire,  pour découper l’entrave en échange d’une petite somme qu’il reverse à des sans-abris. Il dit s’inspirer de l’Angle Grinder Man (voir vidéo), un RLSH (pour Real Life Super Hero) qui œuvrait de la même manière en Angleterre il y a quelques années. Ce héros des automobilistes australiens n’en reste pas moins recherché par les autorités qui l’accusent très logiquement de dommages à la propriété publique.

Crédit photo : REX                

Image 3 : Les vrais faux super-héros

Halte aux crottes de chien

Il est Supervaclav, il est tchèque, et son truc c’est la lutte contre les pollutions urbaines diverses et (très) variées. Ses combats principaux : les déjections canines laissées sur les trottoirs ou dans les parcs par des maîtres négligents, mais aussi les personnes qui fument aux arrêts de bus. Dans le premier cas, il n’hésite pas à adopter la technique du « retour à l’envoyeur » qui consiste, après avoir constaté le flagrant délit, à ramasser les déjections encore fraîches et à les étaler tant bien que mal sur le propriétaire du chien, avant de s’enfuir pour éviter les représailles (voir vidéo).  Dans le second cas, il emploie une technique radicale pour forcer le fumeur à éteindre sa cigarette en lui renversant un seau d’eau sur la tête. Simple, efficace et très rarement apprécié par ses victimes. Toujours est-il que ce mélange d’activisme écolo et d’humour potache lui a valu une certaine notoriété dans son pays ,car il lui arrive de filmer ses interventions à l’aide d’une petite caméra fixée à son casque.

Image 4 : Les vrais faux super-héros

Une des rares femmes RLSH

Les Real Life Super Heroes féminines sont relativement rares. Nyx, l’une d’entre elles depuis 2007,regrette que cet univers soit très largement dominé par des hommes. Ses territoires sont la ville de New York et le New Jersey. Sa mission : arpenter les rues la nuit afin de venir en aide aux sans-abris. 

Crédit photo: Peter Tangen

Image 5 : Les vrais faux super-héros

Paix et amour

Leur truc à eux ce n’est pas les sans-abris, la lutte contre la criminalité ou les œuvres caritatives. Non. The Transformational Warriorsà un seul et unique crédo : « Sauver le monde des relations ennuyeuses». Ce couple, dont l’approche est résolument fun et artistique, et très probablement commerciale aussi, organise des séminaires, des séances de coaching et autres prestations de conseil censés aider les gens (les clients ?) à s’épanouir dans le cadre de leurs relations personnelles. Des super héros de l’amour… 

Image 6 : Les vrais faux super-héros

Le Kick-Ass australien

Ce bon père de famille australien résidant à Brisbane se transforme la nuit en Captain Australia. Après quelques mois d’inactivité, il vient d’annoncer son grand retour, prévu pour avril 2013. A défaut d’être impressionnant, son équipement est tout ce qu’il y a de plus utilitaire et se compose d’une ceinture dans laquelle il transporte un couteau suisse,  un téléphone avec GPS et caméra vidéo, une alarme sonore et un aérosol d’autodéfense. Sa mission : lutter contre le crime. Principal fait d’armes : avoir réussi à éviter l’agression à une station de taxis d’une femme (ivre) par deux hommes qu’il n’a cependant pas pu retenir jusqu’à l’arrivée de la police. De par son look et son apparente bonhommie, il provoque des réactions mi-amusées mi-agacées des forces de l’ordre. Ces dernières considèrent que la lutte contre la criminalité doit être réservée aux professionnels et qu’ils « préféreraient que Captain Australia n’intervienne pas, n’étant pas tout à fait certains de l’étendue de ses super pouvoirs ».            

Crédit photo : Steve Pohlner             

Image 7 : Les vrais faux super-héros

Banquier le jour, Super héros le soir

On ignore s’il est encore actif, mais The Stateman était  il y a encore peu l’un des rares Real Life Super Heroes anglais. Banquier le jour (voir vidéo), il arpentait, le soir et la nuit, les rues de Birmingham drapé dans l’Union Jack et dissimulé derrière un loup (plus pour le look que pour la discrétion) afin de combattre le crime, venir en aide aux SDF, aider des fêtards ayant un peu trop bu à traverser la rue… Son équipement se résumait à une lampe torche, une trousse de premier secours, un carnet de notes, un téléphone portable et… une quinzaine d’années de pratique de la boxe.   

Crédit photo : Laurentiu Garofeanu- Barcroft Media Ltd

Image 8 : Les vrais faux super-héros

Un super héros qui s’affiche au grand jour

La particularité de Zimmer Barnes est de ne pas se cacher que ce soit à titre privé, il est gay et le revendique, ou dans ses activités de super héros du quotidien, en officiant sous son véritable nom (Zimmer) et à visage découvert. Cet originaire d’une petite ville du Texas a donc décidé de jouer la transparence totale en venant s’installer à Brooklyn pour lutter contre le crime et poursuivre une carrière de journaliste spécialisé dans les technologies. Un accident très grave  en 2010 l’ayant laissé partiellement paralysé  d’un bras, il a été contraint de stopper sa présence sur le terrain tout en continuant à œuvrer pour la communauté des RLSH new-yorkais.          

Crédit photo: The Real Life Super Hero Project – Peter Tangen

Image 9 : Les vrais faux super-héros

Ambiance musclée du côté de Seattle

Avec Phoenix Jones, l’un des plus célèbres super héros du quotidien aux US, on entre dans le « lourd ». Ce propriétaire d’une boutique de BD, pratiquant de combats MMA (Mixed martial Art) sort cinq soirs par semaine toujours équipé d’un gilet pare-balle sous son magnifique costume. Le tout dans un esprit « milice » parfois très limite du groupe d’une dizaine de Real Life Super Hero dont il fait partie, le Rain City Superhero Movement de Seattle. Leur objectif étant très clairement et presque exclusivement la lutte contre le crime et la délinquance, ils se trouvent très souvent les premiers sur place. Et très souvent cela dégénère car ils n’ont bien entendu aucune légitimité. Au grand dam de la police locale.  

Image 10 : Les vrais faux super-héros

Une vraie star !

Très populaire aux États-Unis, Master Legend a fait l’objet de plusieurs articles dans la presse. Il est apparu dans un documentaire de la chaine HBO (aux côtés d’autres RLSH) et a même été décoré par le bureau du Sheriff d’Orange County. Provocateur « cinglé » pour les uns, il est considéré comme un bienfaiteur par beaucoup d’autres  et n’en reste pas moins adepte, lui aussi, des méthodes musclées (très musclées) pour résoudre les conflits et affirme avoir participé plus de 1 000 bagarres, dont de nombreuses batailles contre des gangs et avoir été touché par balle deux fois. Parallèlement, team Justice Inc. dont il fait partievient en aide aux sans-abris avec la fourniture de soins médicaux, la distribution de nourriture et de vêtements, etc.         

Crédit photo : Pierre-Elie de Pibrac

Image 11 : Les vrais faux super-héros

Super Bisounours !

Roger Hayhurst, 19 ans,est jardinier (à mi-temps) le jour à Salford dans la banlieue de Manchester, mais se transforme la nuit pour devenir The Knight Warrior (voir vidéo). Très apprécié de la population de la ville, il patrouille pour lutter contre les comportements antisociaux, fournir de la nourriture aux sans-abris, intervenir dans des écoles, etc. Sa popularité l’a même conduit en mai 2012 à se présenter aux élections municipales de la ville.  

Image 12 : Les vrais faux super-héros

Avenger à ressorts

Urban Avenger est basé à San Diego en Californie et est l’un des membres éminents de la Xtreme Justice Leage. Patrouilles anti criminalité, sensibilisation aux problèmes des sans-abris, aides à la sécurité publique sont les principales activités de collectif qui rassemble quelques dizaines d’activistes façon Kick-Ass. Pas l’ombre d’un véritable super pouvoir pour ces Super héros du quotidien donc si ce n’est que The Urban Avenger, peut parfois faire illusion lorsqu’il sort équipé de ses Power Bocks, une sorte de petites échasses à ressorts.        

Image 13 : Les vrais faux super-héros

Terrifica, la chaperonne masquée

Nom : Terrifica. Terrain de chasse : New-York. Objectif : patrouiller dans les clubs et les bars de la ville pour venir en aide aux femmes seules, et éventuellement ivres, pour leur éviter de tomber dans les griffes de prédateurs sexuels. Armes : un spray au poivre, un téléphone et des bonbons aux chocolats pour refaire le plein d’énergie lorsque cela s’avère nécessaire. Elle à présent retirée des affaires depuis quelques années. Quelqu’un d’autre pour prendre la relève ?

Image 14 : Les vrais faux super-héros

Geek et activiste costumé


Après avoir été un membre actif de la communauté des RLSH américains depuis 2005 dans la ville de Salem, principalement, et un peu partout aux États-Unis à l’occasion de « tournées », Civitron a quelque peu pris ses distances avec cet univers et préfère dorénavant qu’on le considère comme un geek-artiste, aventurier-urbain, activiste-costumé, altruiste-extrême et père d’un petit garçon à qui il veut léguer un monde meilleur et plus solidaire. Vaste programme. Cet ancien membre de la Garde Nationale travaille dorénavant dans le secteur des services sociaux, après de jeunes autistes, tout en continuant à nourrir de nombreux projets dans des domaines très variés avec un seul mot d’ordre, « Explorer le monde et diffuser l’amour et la justice comme du beurre de cacahouètes »…      

Crédit photo: Mike Pecci 

Image 15 : Les vrais faux super-héros

Un super héros du quotidien Made in France

L’Arpenteur est un des rares RLSH français. En activité depuis environ trois ans dans la région de Valencienne, il effectue des patrouilles de jour comme de nuit pour « venir en aide aux gens et partager ses connaissances » et fait partie du collectif Défenseurs de France qui œuvrent principalement en venant en aide aux sans-abris et en tentant de lutter, dans la mesure de leurs possibilités et de la légalité (on l’espère), contre les incivilités, les agressions, le racket, etc.  À l’initiative également de l’École des RLSH, censée fournir les ressources nécessaires à ses homologues français (secourisme, lutte anti crime, psychologie du crime, social, technologies, etc.) l’Arpenteur déclarait sur son blog l’été dernier vouloir donner une nouvelle dimension à son action en se fixant de nouveaux objectifs comme la mise en place de « programmes scolaires d’instruction et devoirs civiques pour enfants » et « l’organisation de patrouilles collectives à l’échelle nationale et européenne ». Rien que ça.

Image 16 : Les vrais faux super-héros

Un enquêteur paranormal dans la Cité des Anges

Ragensi fait partie du collectif Pacific Protectorate, présent sur la côte Ouest des États-Unis de Los Angeles à l’Alaska,  mais se révèle être un membre un peu à part dans la communauté des RLSH. Pas spécialement fan de comics à la base, contrairement à la majorité de ses collègues super héros, il est en revanche un passionné de longue date de tout ce qui touche au paranormal et apprécie le côté un peu « théâtral » de son activité. Il intervient donc, à la demande, sur des missions un peu spéciales où certaines personnes se sentent parfois un peu dépassées par les événements : poltergeist, maisons hantées et autres phénomènes inexpliqués (et inexplicables…). Il s’aperçoit que, souvent, même si certaines situations sont vécues comme bien réelles, le problème est avant tout humain et psychique.         

Crédit photo : The Real Life Super Hero Project – Peter Tangen