Accueil » Dossier » Photos d’exception : mode d’emploi

Photos d’exception : mode d’emploi

Image 1 : Photos d'exception : mode d'emploi

Tilt-shift

L’objectif fondamental de tout photographe est de porter un regard personnel sur le monde et de produire des images différentes. Nous avons donc décidé de faire un tour d’horizon (non exhaustif) des principaux genres photographiques qui sortent de l’ordinaire afin de donner un aperçu des résultats obtenus et des moyens pour y parvenir.  

Tilt-shift

Les images réalisées avec des bascules et des décentrements (tilt-shift en anglais) ont très souvent un effet spectaculaire. Les plans de nettetés transversaux ainsi créés sont peu conventionnels et transforment totalement la perception d’une scène. Cette technique a notamment la particularité de transformer les villes (ou les paysage) en maquette, comme c’est le cas ici. Spécialité des chambres photographiques grand format « à l’ancienne », les bascules et les décentrements sont également réalisables avec certains objectifs pour réflex spécialement conçus à cet effet. A ce jour, seuls Canon et Nikon produisent ces optiques particulières et leur très grande qualité est à la mesure de leur prix compris entre 1500 et 2500 euros.

Image 2 : Photos d'exception : mode d'emploi

Macro

Le monde de la photomacrographie (ou « macro ») est principalement celui du détail. Cette pratique consiste en effet à capter de très près des sujets que la photographie traditionnelle ne peut mettre en avant. Qui dit détail dit minutie, et la macro exige une grande précision car la faible distance entre l’appareil et le sujet impose une profondeur de champ très courte. Il est nécessaire de posséder un réflex et des objectifs spécifiques pour réellement parvenir à ce résultat. Cependant, le prix de ces derniers reste abordable pour les amateurs passionnés : les premières références, dont la qualité est tout à fait respectable, se négocient entre 300 et 400 euros en fonction des magasins et tous les fabricants disposent d’une gamme dédiée.

Image 3 : Photos d'exception : mode d'emploi

HDR

Riche en possibilité, la photographie HDR (« high dynamic range », soit plage dynamique étendue en français) est devenue plus qu’une mode. Il s’agit aujourd’hui d’une pratique à part entière avec ses spécialistes, ses amateurs et ses détracteurs. Reposant sur le principe du montage de plusieurs images au cadrage identique pour en obtenir une seule, la HDR nécessite un APN disposant d’un mode manuel, un pied et un logiciel de traitement d’image au prix abordable (voir notre article sur la photo HDR pour plus de précisions).

Certaines marques d’APN telles que Sony (pour les boitiers réflex), Ricoh et Fuji (APN compact haut de gamme) proposent des modèles avec des modes HDR directement intégrés. Cette solution offre moins de possibilités mais a l’avantage de la simplicité.

Image 4 : Photos d'exception : mode d'emploi

Panoramique

Désireux de photographier dans un autre format que le 2/3 classique, de nombreux photographes choisissent le panoramique. Les raisons de ce changement peuvent varier selon les cas, mais qu’il s’agisse de s’adapter au sujet pour le magnifier ou de s’astreindre à un autre format pour faire évoluer son regard, ce format permet d’obtenir des résultats souvent intéressants. En témoigne cette image de Singapour dont le choix du panoramique permet de bénéficier d’un champ suffisamment large pour couvrir l’ensemble du sujet tout en concentrant suffisamment le regard sur la ville (en évitant d’avoir une part trop importante consacrée aux éléments extérieurs, ciel et mer).

Pour parvenir à ce genre de résultat, il existe deux possibilités abordables : acquérir un appareil qui dispose d’un mode adéquat (de très nombreux compacts le font) ou recadrer ses images en post traitement. Pour les puristes, il existe de très prestigieux appareils argentiques à la qualité époustouflante tels que l’X-pan d’Hasselblad ou le Mamiya 7 II (lorsqu’il est pourvu d’un accessoire adéquat) que vous aurez beaucoup de mal à trouver à moins de 800 ou 1000 euros boitier nu sur le marché de l’occasion.

Image 5 : Photos d'exception : mode d'emploi

Goute d’eau

En raison de sa manière unique de refléter la lumière, l’eau est un véritable régal à photographier. Le contact entre une simple goutte et une surface plane peu ainsi créer un effet graphique de toute beauté pour peu que le cadrage et l’ambiance lumineuse (artificielle ou naturelle) soit au rendez-vous. Pour réaliser ce genre d’image, un réflex est fortement conseillé. La réactivité du boîtier et la rapidité de la vitesse d’obturation sont en effet deux éléments primordiaux de ce genre de prise de vue. Pour l’ambiance lumineuse, de la lumière artificielle permet de créer réellement l’image que l’on souhaite qu’il s’agisse de flashs (c’est très généralement le cas) ou de projecteurs.

Image 6 : Photos d'exception : mode d'emploi

Photo aérienne

Très largement popularisée par Yann Arthus Bertrand et sa Terre vue du ciel, la photo aérienne nous offre le plaisir de découvrir ou de redécouvrir notre monde grâce à un changement radical de notre point de vue. Pour peu que la lumière soit au rendez-vous, le résultat est généralement très spectaculaire. Le jeu des formes et des couleurs permet ainsi de jouer avec des paysages vus et revus et par exemple de venir jusqu’aux limites de l’abstraction comme c’est le cas ici.  

Cette pratique est d’autant plus attirante que son accès est très restreint car elle nécessite des moyens logistiques importants (transport notamment) à moins de trouver des points de vue élevés qui donnent sur des sujets dignes d’intérêt.

Image 7 : Photos d'exception : mode d'emploi

Photo d’astronomie

Longtemps réservée à la seule étude de l’espace, la photo d’astronomie est aujourd’hui sortie du carcan scientifique auquel elle est très longtemps restée cantonnée pour offrir à nos yeux la beauté de l’univers. Les galaxies, les étoiles, et autres supernovas constituent de surprenants éléments graphiques et ouvrent des possibilités créatives étonnantes.

Les télescopes permettant de capturer l’image en gros plan de galaxies situées à des années lumières sont certes inaccessibles. Cependant, les passionnés pourront tout de même faire leurs premiers pas grâce à des bagues qui assurent l’interface entre des télescopes grand public et certains appareils. Attention tout de même à bien vous renseigner avant d’investir car tous les modèles d’APN ne sont pas compatibles avec les bagues d’adaptation (Nikon notamment propose quelques solutions intéressantes).

Image 8 : Photos d'exception : mode d'emploi

Vitesse lente

Si en photographie les résultats spectaculaires s’obtiennent souvent grâce à des vitesses élevées, les obturations lentes permettent de produire des images empreintes de poésie et de sensibilité. Les premiers pas dans ce domaine sont souvent expérimentaux, cependant une réelle expertise est nécessaire pour obtenir les plus beaux résultats. La maîtrise de la profondeur de champ, de la composition et de la lumière nécessaires pour obtenir ce genre d’image ne laisse en effet qu’une place très réduite au hasard. D’un point de vue matériel, les focales fixes montées sur un réflex sont à privilégier car la netteté et le piqué de l’image sont extrêmement importants dans de genre d’image ainsi, bien sur, qu’un pied.  

Image 9 : Photos d'exception : mode d'emploi

Coucher de soleil

Grand classique qu’il est dur de pratiquer sans tomber dans le cliché, il faut y intégrer des éléments moins courants pour que votre photo de coucher de soleil ne ressemble pas aux images déjà existantes. Ici, ce sont les reflets dans l’eau et la forme des rochers qui donnent à l’image toute son assise ainsi que la position de l’horizon sur la ligne imaginaire séparant le deuxième et le troisième tiers de l’image. Le choix de points de vue inhabituels renforcés par un l’emploi d’un objectif adapté à l’effet peu grandement aider. Dans notre cas, le cadrage particulier est rendu possible par un point de vue proche du sol en légère plongée et par un grand angle.

Image 10 : Photos d'exception : mode d'emploi

Photo sous marine

Parce qu’ils regorgent de sujets étonnant, les océans font souvent le bonheur des photographes. La photo sous-marine n’est cependant pas accessible à tout le monde car en plus d’une solide expérience de plongeur, elle est exigeante en matériel. Plusieurs fabricants produisent des compacts APN étanches à des prix compris entre 250 et 400 euros (Olympus, Pentax, Panasonic, …) ou des caissons dédiés à certains modèles (Canon), mais ces solutions ne permettent généralement pas de descendre très bas et leur qualité en faible luminosité est souvent limitée. Or, la perte d’intensité lumineuse est très rapide lorsqu’on s’éloigne un peu de la surface. Les professionnels utilisent donc très souvent des boitiers réflex équipés de focales fixes (plus lumineuses), de caissons étanches spécifiques (compter environ 1500 euros) et des sources de lumière supplémentaires.

Image 11 : Photos d'exception : mode d'emploi

Photo de nuit

Fascinante mais peu lumineuse par essence, la nuit attire autant qu’elle est difficile à photographier. Elle nécessite donc quelques connaissances techniques et, en fonction du résultat souhaité, un appareil qui donne de bons résultats en basse lumière, des objectifs à grande ouverture (bien que les progrès réalisés ces dernières années sur la sensibilité des capteurs facilitent ce genre de prises de vue) et un pied. Il est conseillé de travailler à la sensibilité la moins élevée possible pour éviter la montée du bruit numérique (également appelé « grain » en référence à l’argentique).

Evidemment, il n’y a pas de limite à la créativité et rien n’interdit d’utiliser les contraintes à des fins graphiques. Ici par exemple, le photographe a choisi d’utiliser la lenteur de la pose imposée par la faible luminosité de la scène pour obtenir l’effet filé de lumière.

Image 12 : Photos d'exception : mode d'emploi

Orage

Les intempéries sont généralement très intéressantes du point de vue graphique et présentent l’avantage de ne pas être très exigeantes en équipement. L’accumulation de nuages provoque régulièrement des ambiances lumineuses très particulières et les éclairs donnent naturellement des résultats spectaculaires. Pour capter ces ambiances, n’importe quel APN disposant d’un mode manuel monté sur un pied fera parfaitement l’affaire. Après, tout est histoire de préparation. Il est nécessaire de prévoir son cadrage au préalable et de sélectionner un temps de pose de plusieurs secondes (en n’oubliant pas de fermer le diaphragme afin de ne pas surexposer l’image) pour capter les éclairs. Leur intensité lumineuse impressionne en effet de toute manière la surface sensible malgré leur vitesse. Attention tout de même car à la pluie qui ne fait pas bon ménage avec l’électronique de votre matériel !

Image 13 : Photos d'exception : mode d'emploi

Photo sportive


Les activités sportives regorgent de scènes potentielles dotées d’une puissance visuelle peu commune. Saisir des moments de grâce dans le feu de l’action nécessite souvent la possession d’un matériel fourni et onéreux : téléobjectifs lumineux (l’entrée de gamme se situe autour de 1000 euros et varie beaucoup en fonction des fabricants), réflex rapides en rafale et bons en basse lumière pour les sports d’intérieur (plusieurs milliers d’euros), pieds solides et légers pour supporter le poids de l’ensemble.

La photographie sportive nécessitant essentiellement de bonnes qualités d’anticipation et une certaine expérience pour savoir ou se placer et quand déclencher, elle peut aussi être pratiquée avec moins de matériel pendant les manifestations de sports plus confidentiels ou entre amis. Un boitier réflex reste tout de même indispensable, ne serait-ce que pour des questions de latence lors du déclenchement.

Image 14 : Photos d'exception : mode d'emploi

Photo d’architecture


Riche en éléments géométriques, l’architecture est un sujet très prisé des photographes. Loin d’être inabordable, cette pratique demande tout de même une précision particulière pour que l’effet graphique fonctionne parfaitement. Le travail sur pied, accessoire indispensable dans ce genre de situation, permet d’affiner le cadrage pour obtenir le meilleur résultat. Ici, le choix de l’objectif est fondamental car cette photo nécessite à la fois un minimum de déformation optique et une profondeur de champ très importante (tout est net). Les focales fixes, moins sujettes aux aberrations que les zooms, sont donc majoritairement choisies dans ce genre de cas et utilisées avec une petite ouverture du diaphragme. Afin de renforcer l’aspect graphique du travail sur les éléments géométriques, une amplification du contraste savamment dosée est souvent employée lors du tirage (ou du post-traitement informatique).