Accueil » Actualité » Plus de 20 % des premières galaxies seraient invisibles depuis la Terre

Plus de 20 % des premières galaxies seraient invisibles depuis la Terre

L’univers primitif abriterait beaucoup plus de galaxies qu’on ne le pense, car une grande part d’entre elles sont cachées derrière de la poussière cosmique, révèlent des astronomes danois.

Galaxie M61 - Crédit : ESA/Hubble & NASA, ESO, J. Lee et PHANGS-HST Team
Galaxie M61 – Crédit : ESA/Hubble & NASA, ESO, J. Lee et PHANGS-HST Team

Les cartes du ciel réalisées par les astronomes risquent de devoir être sérieusement révisées : des astronomes danois viennent de conclure qu’une galaxie sur cinq née peu après le Big Bang nous serait invisible depuis la Terre. Éloignées de nous de plusieurs dizaines de milliards d’années-lumière, ces galaxies des premiers temps de l’Univers seraient en réalité cachées par de la poussière cosmique.

La poussière cosmique, un obstacle visuel majeur à l’observation des plus anciennes galaxies après le Big Bang

Il y a quelques années encore, cette découverte aurait été impossible. Mais grâce au développement des technologies d’observation astronomique, notamment en imagerie infrarouge, les astronomes peuvent désormais détecter des exoplanètes situées dans d’autres galaxies, et aussi analyser le déplacement des particules de poussière cosmique. Il s’agit de minuscules particules de matière solide, flottant dans l’espace entre les étoiles. Seul souci : lorsque cette poussière cosmique est trop concentrée, elle occulte la lumière des étoiles qui se trouvent derrière. Des galaxies entières, et même les puissantes explosions des supernovae, peuvent ainsi rester invisibles à nos yeux. C’est donc un sujet de fascination intense pour les astronomes, qui ignorent quels merveilles cette poussière cosmique pourrait cacher.

Deux astronomes danois travaillant à l’Institut Niels Bohr de l’Université de Copenhague viennent de publier dans Nature la découverte de deux nouvelles galaxies. A priori, ce n’est pas un grand exploit quand on sait que l’univers compte deux billions (deux mille milliards) de galaxies. Ce qui est historique, en revanche, c’est que ces galaxies étaient restées invisibles jusqu’à présent, en raison de la poussière cosmique qui les entourait. Suivant la même méthode, une équipe de l’université du Massachusetts a découvert six autres de ces « galaxies primordiales » à l’aide du radiotélescope ALMA (Atacama Large Millimeter Array) situé au Chili.

À lire aussi > On a détecté deux signaux contemporains du Big Bang

Une galaxie sur 5 issue des premiers temps de l’univers nous serait toujours invisible

Pourquoi dit-on que ces galaxies sont primordiales ? Il s’agit de galaxies très anciennes, nées peu après le Big Bang, il y a environ 13 milliards d’années. Pour rappel, l’univers serait vieux de 13,7 milliards d’années selon les calculs les plus récents. Ce qui en fait des galaxies extrêmement vieilles, si anciennes en fait qu’elles sont désormais éloignées de la Terre de 29 milliards d’années-lumière, en raison de l’expansion continue de l’univers. Baptisées REBELS-12-2 et REBELS-29-2 par les astronomes danois, ces galaxies massives, très lumineuses dans l’ultraviolet, font donc partie des plus anciens objets stellaires jamais observés à ce jour.

Mais ce sont surtout les conclusions de leur étude qui sont significatives. Compte tenu de leur découverte, les chercheurs danois ont déduit que jusqu’à 20 % des galaxies issues des premiers temps de l’univers seraient cachées derrière la poussière cosmique. Et manqueraient donc actuellement sur la carte du ciel reconstituée par les astronomes. Cette hypothèse impliquerait surtout que l’univers primitif abriterait beaucoup plus de galaxies qu’on ne le pensait jusqu’alors… ce qui pourrait avoir un impact sur les travaux qui étudient actuellement la période post-Big Bang. L’équipe de Copenhague fonde maintenant ses espoirs sur le télescope spatial James Webb, toujours cloué au sol en Guyane française avant son lancement à haut risque, pour identifier d’autres galaxies voilées par la poussière cosmique, afin de valider leur intrigante hypothèse.

Source : Screenrant