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Si le déploiement du télescope James Webb échoue maintenant tout est fini

Les prochains jours détermineront si le nouveau télescope James Webb va être en mesure d’entreprendre sa mission passionnante d’imager les premières étoiles de l’Univers…ou non.

Les contrôleurs de mission ont entamé mardi le processus risqué de déploiement du pare-soleil du télescope spatial James Webb. C’est une barrière thermique à cinq couches nécessaire pour donner à l’observatoire une vision infrarouge dans l’univers lointain.

Illustration du Télescope James Webb après déploiement du pare-soleil - Crédits : NASA
Illustration du Télescope James Webb après déploiement du pare-soleil – Crédits : NASA

Le télescope James Webb est passé d’un simple concept à un projet d’ingénierie complexe, dont le développement fut souvent retardé et souvent au-dessus du budget. En cause : sa complexité et sa fragilité. Fin novembre dernier par exemple, une simple vibration l’avait cloué au sol et fait prendre de nouveau du retard.

Un pari à 10 milliards de dollars

Mais le jour de Noël, Webb s’est finalement lancé en toute sécurité dans l’espace depuis une rampe de lancement en Guyane française, marquant la fin de la première partie de son histoire de plus de 20 ans. Mais il reste encore plusieurs points à atteindre avant qu’il ne puisse être pleinement opérationnel cet été.

Maintenant, le déploiement du pare-soleil doit absolument  fonctionner comme prévu ou le télescope à 10 milliards de dollars sera dégradé. Des tests extraordinaires ont été effectués sur le terrain pour s’assurer que le déploiement fonctionnerait, mais il n’y a aucune garantie. Début novembre, pas moins de 344 problèmes potentiels ont êtes identifiés juste avant le lancement. Pour autant les tests d’ouverture de l’élément bouclier n’ont pu être réalisés qu’en petits nombres.

« Vous ne voulez pas trop le tester parce que le pare-soleil est très fragile, mais nous avons fait trois ou quatre déploiements et le dernier, nous avons pleinement réussi, nous nous sommes sentis vraiment bien », Bill Ochs, chef de projet de la NASA, dit avant le lancement. « Il n’a plus qu’à fonctionner une fois de plus, et c’est en orbite. »

Le pare-soleil est un élément fragile absolument nécessaire

Le pare-soleil à cinq couches, de la taille d’un court de tennis, est nécessaire pour bloquer le soleil et refroidir les optiques et les instruments de Webb à moins de 50 degrés du zéro absolu. Ce n’est qu’alors que le télescope pourra enregistrer la faible lumière infrarouge de la première génération d’étoiles et de galaxies.

« Si le pare-soleil n’était pas en place pour garder le télescope et les instruments de Webb extrêmement froids, Webb serait incapable d’observer l’univers de la manière dont il a été conçu. »

Si vous vous demandez pourquoi cet événement maintient le monde entier en haleine, c’est à cause de sa difficulté très élevée d’exécution, sans réelle marge d’erreur. En dernier recours, les ingénieurs sur terre peuvent provoquer des secousses pour tenter de libérer les mécanismes s’ils sont coincés.

« Le pare-soleil est comme le parachute d’un parachutiste », explique Krystal Puga de Northrop Grumman, la société aérospatiale américaine qui a assemblé Webb.

Et si le déploiement échoue ?

Les systèmes de sauvegarde et les sécurités intégrées sont des protocoles standards pour les missions spatiales. Malheureusement, une fois qu’un vaisseau spatial a quitté le sol, il existe peu d’options de réparation. Les équipements en basse orbite obtiennent parfois une maintenance ponctuelle d’astronautes, mais James Webb sera beaucoup trop loin. Et si un jour la technologie permet de voyager plus facilement à ces distances, d’ici là, l’état et l’âge du télescope ont peu de chance de justifier ces efforts.

Le bouclier doit se déployer parfaitement « sans accrocs, sans aucun enchevêtrement ».

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Source : Screenrant