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Smartphone Ubuntu : 32 millions de dollars, un montant « pas risqué, mais ambiteux »

Image 1 : Smartphone Ubuntu : 32 millions de dollars, un montant "pas risqué, mais ambiteux"A moins de deux jours de la fin de sa campagne de financement participatif sur Indiegogo, le téléphone Ubuntu, l’Ubuntu Edge, a recueilli près de 12 millions de dollars, un record dans le crowdfunding, mais reste loin de son objectif de 32 millions d’euros. Sans cet objectif atteint, le smartphone ne sera pas commercialisé, malgré les plus de 25 000 soutiens, dont 4 000 qui espéraient en profiter pour précommander le smartphone.

Canonical, l’entreprise qui édite Ubuntu, a choisi le modèle du crowdfunding pour trouver des financements directement auprès de pré-acheteurs. Une démarche originale dans un marché de la téléphonie mobile très conventionnel.

C’est au sujet de ces deux problématiques que nous avons interrogé Marina Engelvuori, chef du marketing mobile de Canonical, à moins de deux jours de la clôture de la campagne Indiegogo. 

Tom’s Guide : Même si la campagne a reçu près de 12 millions de dollars, le projet ne pourra être mis en œuvre que si elle atteint l’objectif de 32 millions de dollars. Pensez-vous pouvoir y parvenir durant les 40 heures restantes ?

Marina Engelvuori : Nous sommes très heureux que l’Ubuntu Edge s’en sorte aussi bien sur Indiegogo. Il a déjà battu tous les records durant les huit premières heures du projet en levant plus de deux millions de dollars de financement. Et maintenant, c’est le projet ayant reçu le plus de financement participatif, ce qui montre le grand soutien dont nous bénéficions de la part de la communauté Ubuntu et des consommateurs. Nous savions depuis le début qu’atteindre 32 millions de dollars était un objectif très ambitieux à atteindre en 30 jours, mais nous restons optimistes.

Pourquoi Canonical a-t-il choisi de financement l’Ubuntu Edge de façon participative et non pas d’en faire son propre projet, comme la plupart des smartphones existants ?

Nous pensons qu’il y a un vide dans l’industrie du mobile qui a ralenti le rythme des innovations matérielles. Les nouvelles technologies sont disponibles mais n’ont pas la possibilité d’être testées avant de les produire  en grand volume. Le financement participatif est une excellente approche pour rallier une communauté d’utilisateurs avertis désireux de technologies nouvelles et qui sont impatients de les tester. Nous pensons que la campagne Ubuntu Edge a démontré qu’il y a une demande pour de nouvelles technologies.

Comment avez-vous établi le montant de 32 millions de dollars nécessaires à la production du Ubuntu Edge ? N’était-ce pas risqué compte-tenu que le projet le mieux financé de manière participative, la Pebble Watch, n’a reçu que 10,27 millions de dollars ?

Nous ne dirions pas que c’était risqué. C’était ambitieux. Nous avons passé beaucoup de temps à élaborer l’aspect financier du projet Ubuntu Edge et à établir le prix à l’unité et le coût pour le consommateur. Si nous étions partis pour moins de téléphones, le prix d’achat aurait été trop élevé pour la plupart des consommateurs. Si nous étions partis pour plus d’unités, nous aurions dû en vendre davantage. Le prix que nous avons établi est comparable aux smartphones disponibles aujourd’hui, mais l’Ubuntu Edge propose un matériel bien plus haut de gamme et est à la fois votre téléphone et votre ordinateur dans le même appareil.

L’Ubuntu Edge sera-t-il commercialisé dans tous les cas ?

L’Ubuntu Edge, dans le format décrit dans notre campagne Indiegogo, ne sera vendu que si le financement complet est atteint. Néanmoins, nous négocions actuellement avec des partenaires industriels pour amener Ubuntu Mobile sur le marché début 2014 (ndlr : en février, durant le MWC, Canonical parlait d’une arrivée sur le marché d’ici le mois d’octobre). Le travail continue. Nous pensons que le succès que nous avons eu avec Ubuntu Edge montre clairement qu’il y a une demande pour Ubuntu sur des smartphones.