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[Test] Parrot Bebop : le nouveau drone à l’essai

Image 2 : [Test] Parrot Bebop : le nouveau drone à l'essai

Parrot Bebop

Verdict :

Le Bebop est vendu 500 €, avec un habillage rouge, bleu ou jaune. Une belle somme qui parait un peu démesurée pour un drone de loisirs. Mais c’est le seul appareil capable d’offrir une image Full HD et stabilisée dans un encombrement si faible, et finalement, c’est le moins cher du marché. Pas mal pour le petit drone français ! La version avec la radiocommande Skycontroller offre une meilleure portée et plus de précision dans le vol, mais ce kit (Bebop + Skycontroller) vaut presque 900 €. A ce prix, il faut mettre en concurrence le Phantom 2 Vision+ de DJI, aux caractéristiques similaires mais profitant d’une meilleure qualité vidéo, vendu environ 1000 €.

plus
Moteurs 4 brushless
Structure ABS et fibre de verre
Émetteur radio Wifi Mimo bibande en 2,4 et 5 GHz
Caméra Fisheye 186° avec capteur 14 mpix
Résolution vidéo 1920 x 1080 pixels en 30 fps
Résolution photo 4096 x 3072 / 3288 x 4608
Mémoire interne 8 Go
Batterie Lipo 1200 mAh 10C
Capteurs magnétomètre, gyroscope, accéléromètre, caméra verticale, capteurs à ultrasons, baromètre
Livré avec 2 batteries, 1 carène d’intérieur, 1 câble MicroUSB, 4 hélices de rechange, un outil de montage des hélices, 1 chargeur multiprises

Les drones décollent partout sur la planète. À vrai dire, les appareils qui connaissent ce succès fou s’appellent des multirotors. Le mot drone est utilisé par commodité… et parce que le constructeur français Parrot a appelé son premier engin volant l’AR.Drone. Un succès mondial ! Le Bebop – aucun rapport avec l’ancêtre urbain des téléphones mobiles (qui s’écrivait Bi-Bop) – est le successeur de l’AR.Drone. Il lui emprunte son principe de pilotage depuis un smartphoneou une tablette. Mais il peut aussi profiter d’une radiocommande pour plus de précision. Plus petit que l’AR.Drone, plus compact aussi, il est surtout doté d’une caméra étonnante…

Image 3 : [Test] Parrot Bebop : le nouveau drone à l'essai

5 raisons de craquer (ou pas) pour Parrot Bebop

Avec ses hélices en place, le Bebop de Parrot mesure 28,5 cm de longueur, 32,5 de largeur et 8 de hauteur. C’est plus petit que le Phantom de DJI, l’autre drone à succès du moment. Pour le transporter, il suffit d’une petite boîte : ses hélices, les parties fragiles de l’engin, se retirent en quelques secondes à peine. La structure du Bebop est faite d’un plastique résistant, la partie inférieure comportant les bras moteurs et les moteurs eux-mêmes étant reliée à la partie supérieure via des amortisseurs en caoutchouc. Cela permet à toute l’électronique de bord de fonctionner sans trop souffrir des vibrations des moteurs. Le contrôleur de vol peut ainsi assurer la stabilité sans être parasité par des oscillations, et le circuit dédié à la caméra peut travailler sans perturbations. L’avant de l’appareil est une coque non amovible dans une sorte de polystyrène.

1 – Oui, pour sa caméra et sa stabilisation de l’image

C’est sans doute le principal intérêt du Bebop : il s’agit d’une caméra volante. Une caméra Full HD, précise Parrot. Techniquement parlant, la vidéo que filme l’appareil en vol est dans une résolution de 1920 x 1080 pixels, c’est donc bien de la HD. Mais on s’aperçoit que la vidéo est bizarre, comme si elle souffrait d’un voile un peu flou. Cela mérite quelques explications. Pour obtenir une belle stabilisation de l’image, les drones sont généralement équipés d’une nacelle stabilisée. C’est un accessoire mécanique, qui compense les mouvements parasites du drone avec deux ou trois moteurs et un équipement électronique. L’avantage ? Ça fonctionne très bien ! Les inconvénients ? Une nacelle stabilisée est lourde et fragile. Le Bebop inaugure une nouvelle technologie qui le dispense de pièces mécaniques : la stabilisation logicielle. On connaissait celle des appareils photonumériques qui permet de compenser les tremblements de la main. Là, il fallait passer à l’étape supérieure : les mouvements d’un drone ont beaucoup plus d’amplitude que ceux de la main. Le principe adopté par Parrot est de filmer en très haute résolution, et de ne conserver que le centre de l’image, incliné et coupé selon l’inclinaison de l’appareil. Le résultat est tout simplement bluffant : l’image ne bouge pas d’un poil même lorsque le Bebop est secoué par le vent ou par un pilotage un peu brusque. Mieux encore, cette technique permet d’orienter virtuellement la caméra sur les côtés. Il suffit de poser deux doigts à l’écran pour gérer l’orientation de l’objectif virtuel.

Notez que l’inconvénient de cette stabilisation, c’est justement qu’elle introduit un léger flou dans l’image. Laquelle, du coup, est loin du superbe piqué des caméras sportives de type Gopro. On profite tout de même d’une vidéo à 30 images par seconde de qualité très correcte. Les photos s’affichent en 4096 x 3072 pixels. Pas mal, mais il faut un éclairage assez fort pour que les images soient réussies, même en jouant sur les réglages pour adapter la luminosité et le contraste. De plus, l’orientation virtuelle de la caméra vers les côtés fait apparaître des crénelages et des frises désagréables. Il est possible de demander à ce que les clichés soient stockés à la fois en JPEG et en Dng (Raw). Ils sont alors au format fish-eye (en 3288 x 4608 pixels), il faut donc les recadrer et les redresser avec Photoshop ou un logiciel équivalent. Les photos et les vidéos sont stockées dans la mémoire interne du Bebop, qui atteint 8 Go. Soit une capacité d’un peu plus de 36 minutes de vidéo. Pour les récupérer, le plus simple est de connecter l’appareil à un ordinateur avec un câble MicroUSB. L’autre méthode consiste à les transférer sur le smartphone ou la tablette, ce qui permet de les partager sur les réseaux sociaux. Notez l’existence d’un mode Timelapse bien pratique : il déclenche la prise de vue à intervalles réguliers – vous choisissez la durée – de manière automatique. Ce qui permet de décoller, laisser le Bebop prendre les photos tout seul pour rester concentré sur le pilotage, puis se poser et espérer trouver de beaux clichés dans la mémoire de l’appareil.

Le Bebop de Parrot en intérieur

2 – Oui, parce qu’il sait voler tout seul

Avant toute chose, il convient de passer dans les réglages. Là, il est important de préciser si l’on vole en extérieur, avec ou sans le carénage, cette protection à placer sur les côtés du Bebop pour éviter de casser ses hélices en cas de crash – ou bien sûr d’abîmer du mobilier en intérieur. Il est conseillé de calibrer l’engin avant une séance de vols. Les réglages permettent aussi de choisir le mode de pilotage, le plafond, exprimé en mètres, que le Bebop ne doit pas dépasser, la nervosité des commandes. Une fois tout bien vérifié, il suffit de toucher « Take Off » pour que l’engin allume ses moteurs et vienne se placer en vol stationnaire à 50 cm du sol. Avec ses accéléromètres, gyroscopes, capteurs à ultrasons et sa caméra verticale, il est supposé ne pas bouger d’un poil, sans besoin d’une quelconque intervention manuelle.

La caméra de la Bebop face à la GoPro

Les hélices du Bebop sont des modèles tripales, à forte portance. Ce qui signifie en théorie que Parrot a privilégié le bruit réduit, la stabilité et l’autonomie en vol au détriment de la maniabilité et de la nervosité. Dans la pratique, l’appareil est effectivement un peu moins bruyant que l’AR.Drone ou le Phantom. Mais si vous entreteniez un quelconque espoir d’aller espionner la voisine à la sortie de sa douche, vous pouvez oublier tout de suite. Une fois en l’air, la stabilité se révèle étonnante : vous pouvez lâcher les commandes et laisser l’appareil voler tout seul… en intérieur. Les hélices, à vrai dire, ne sont pas pour grand-chose dans la stabilité de l’appareil, le mérite revient au contrôleur de vol et aux nombreux capteurs embarqués sur le Bebop. Il oscille un peu, part à droite, se décale sur la gauche, avance de quelques dizaines de centimètres, revient sur ses pas. Mais pendant toute la durée du vol, soit 10 minutes et 30 secondes, il parvient à se maintenir toujours au même endroit sans aucune intervention manuelle. Lorsque l’indicateur de la batterie passe sous les 13 %, il se pose tout seul. A 20 cm à peine de là où il avait décollé. Conclusion : vous pouvez parfaitement le faire décoller au milieu du salon et l’y oublier. Il se posera tout seul une fois la batterie vide… Pas mal : c’est l’un des seuls drones capables de cette prouesse en intérieur.

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3 – Oui, parce qu’il sait bien se gérer en cas de problème

La distance à laquelle on peut envoyer le Bebop est très variable selon l’environnement ! En théorie, elle doit pouvoir approcher des 300 mètres. Mais dans la pratique, elle est sérieusement réduite par la portée du WiFi du smartphone ou de la tablette, par des obstacles, par des perturbations d’autres signaux sans fils. Que se passe-t-il quand la connexion est rompue ? En intérieur, l’appareil reste en vol stationnaire jusqu’à ce que la batterie rende l’âme où que vous en repreniez le contrôle. En extérieur, au bout de 2 minutes sans connexion, le Bebop monte à 10 mètres de hauteur et revient automatiquement à son point de départ en se servant de la position GPS. Le vent perturbe le Bebop, mais il est possible de le contrer. Pas en le laissant livré à lui-même : le vent le pousse rapidement sans qu’il parvienne à revenir. Il faut piloter pour venir à bout des bourrasques. La vidéo filmée par la caméra à bord est envoyée en temps réel sur l’écran de votre smartphone ou de votre tablette. En temps réel ? Presque. Il y a un petit décalage qui s’accentue lorsque le Bebop s’éloigne. La vidéo, fluide lorsque l’appareil est proche, devient saccadée après 30 mètres, puis affiche des images de manière irrégulière ensuite, jusqu’à perdre totalement le retour vidéo à plus de 50 mètres.

Image 4 : [Test] Parrot Bebop : le nouveau drone à l'essai

4 – Non, parce que ses réglages initiaux sont un peu pénibles

Avant de commencer, il faut avoir chargé la batterie de Bebop. Bon point : Parrot fournit pour cela un chargeur secteur et des embouts pour tous les pays – vous pourrez partir à l’autre bout de la planète avec votre drone. La recharge complète requiert environ 50 minutes. La batterie vient se placer sur la plateforme principale. Mais le branchement en lui-même est un peu pénible : il faut tirer une petite ficelle pour récupérer la prise de Bebop, et y enficher la batterie, puis repousser le tout vers l’avant. Et ne pas oublier de sangler la batterie une bande Velcro sous peine de la voir se décrocher en plein vol. La batterie du Phantom 2 de DJI, par exemple, est autrement plus simple à brancher. Ensuite, il faut  appuyer sur le bouton on/off à l’arrière, qui clignote quelques secondes puis passe au vert fixe. Un ventilateur se met à route dans le Bebop. Ensuite ? Il faut avoir téléchargé le logiciel FreeFlight 3 de Parrot sur l’Appstore ou Google Play. Puis il faut aller dans les préférences WiFi du smartphone ou de la tablette et lancer la connexion avec le Bebop. Pas de mot de passe, pas de clé Wep ou Wpa : c’est open-bar. Tout le monde peut donc se connecter à votre Bebop s’il est plus rapide que vous ! Enfin vous pouvez lancer le logiciel FreeFligh3, puis lancer le module Vol Libre. Ouf, on y est.

Image 5 : [Test] Parrot Bebop : le nouveau drone à l'essai

5 – Non, parce qu’il est parfois très capricieux

Lors de nos tests, nous avons fait les frais d’une petite expérimentation bien malheureuse. Après un petit crash, le Bebop indiquait « moteur calé ». Reposé au sol, après avoir appuyé sur Take Off, il a décollé, s’est positionné en stationnaire… puis il a poussé les moteurs à fond ! Il s’est retrouvé collé au plafond pendant plusieurs longues secondes, puis il a fini par se déséquilibrer et tomber. La touche Emergency n’a eu aucun effet, alors qu’elle aurait dû couper les moteurs. La limite de hauteur était pourtant fixée à 2 mètres. Si l’appareil s’était trouvé en extérieur, il serait probablement parti loin, très loin. C’est un peu flippant. Des points de détail du Bebop étonnent. Par exemple, si on appuie sur l’arrière de l’appareil, la rotation du ventilateur est interrompue avec un bruit peu engageant. Bizarre. Dommage qu’il n’y ait pas plus d’options dans les réglages. On aurait apprécié pouvoir débrayer la stabilisation de la vidéo, avoir un témoin d’enregistrement des vidéos plus visible, être prévenu de la qualité de la connexion radio pour ne pas dépasser la portée réelle. On aurait aussi aimé pouvoir paramétrer le comportement du Bebop lorsqu’il perd la connexion WiFi : retourner à son point de départ au bout de 2 minutes comme il le fait, se poser là où il se trouve, ou rester en l’air là où il est.

Image 6 : [Test] Parrot Bebop : le nouveau drone à l'essai

Le logiciel FreeFlight 3 a tendance à planter assez souvent sur iOS, et même très souvent sous Android. C’est un peu pénible quand ça arrive, même si on reprend le contrôle… après avoir reconnecté le WiFi, relancé l’application, attendu qu’elle se connecte et lancé le module « Vol libre ». Enfin, on regrette que les fonctions de programmation de vols automatisés ne soient pas présentes dans le logiciel, alors qu’elles existaient pour l’AR.Drone avec le pack Flight Recorder. Il semblerait que la fonction soit disponible plus tard, sous la forme d’un achat in-app.