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[Test] Tesla Model S : électrisante !

Image 1 : [Test] Tesla Model S : électrisante !Lorsque l’on parle de voiture électrique, une marque revient dans toutes les conversations : Tesla. La firme californienne qui célèbre cette année ses 10 ans est parvenue à rentrer dans l’esprit collectif. Tesla est également synonyme de performances. Son premier essai a été la Roadster, basée sur une Lotus Elise agrémentée de puissants moteurs électriques — 288 chevaux et 40 m/kg de couple — et de batterie démesurée de plus de 400 kg autorisant une autonomie inédite pour ce type d’énergie : 370 kilomètres. Mais surtout, ses accélérations sont capables de laisser de nombreuses voitures de sport, Porsche ou Ferrari, sur le carreau (0 à 100 km/h en 3,7 secondes).

Cet essai gagnant et la renommée grimpante ont permis à la société de se concentrer sur un autre modèle, plus « grand public » et moins cher : la Model S. Cette berline haut de gamme ne se présente pas uniquement comme une automobile électrique. Elle concurrence clairement les berlines Allemandes éprouvées telles que les séries 7 de BMW, les Mercedes Classe E ou encore Audi A6.

5 raisons de rouler en Tesla Model S

La Tesla Model S a été lancée en 2012 aux États-Unis et arrive progressivement en Europe. Débordante de gadgets en tout genre dans un raffinement digne d’une limousine et des performances qui n’ont pas à rougir face aux Allemandes les plus perfectionnées, l’Américaine formule de nombreuses promesses. Nous nous sommes glissés à son volant pour nous assurer qu’elle les tient.

Essai Tesla Model S P85

Certaines images ont été capturées à l’aide de caméras GoPro.

1 – Parce que vous sourirez en voyant une Porsche

La Model S est déclinée en trois versions : 302, 362 et 416 chevaux. Nous avons eu l’opportunité d’essayer la définition la plus haut de gamme P85, qui développe un couple — constant ! — de 60 m/kg. Des valeurs vertigineuses que l’on ne soupçonne pas en la voyant de l’extérieur, son aspect privilégiant la sobriété. Seul le petit becquet de coffre en carbone vient suggérer un tel pedigree.

Image 2 : [Test] Tesla Model S : électrisante !La ligne de la Model S est plutôt discrèteSur la route, la Tesla fait parler la poudre : l’accélération de 0 à 100 km/h est expédiée en 4,4 secondes, soit plus promptement qu’une Porsche Panamera S E-Hybrid à la puissance identique, mais nécessitant encore quelques investissements chez les pétroliers. Sauf que contrairement à un moteur thermique, la puissance développée par l’électrique est instantanée. Lorsque l’on appuie sur la pédale, la cavalerie débarque sans prévenir et colle au fauteuil. Une sensation grisante, qui provoque un sourire indélébile.

Elle enchaine les virages avec facilité malgré ses 2,1 tonnes (!), grâce à un centre de gravité très bas. Une spécificité que l’on doit aux batteries, qui sont directement intégrées dans la partie inférieure du châssis. Mais la Model S ne maltraite pas pour autant ses passagers, avec un amortissement confortable sur coussin d’air, qui abaisse d’ailleurs la voiture lors des accélérations pour améliorer l’aérodynamisme, au profit des performances et de l’autonomie. Dans cette même idée, les poignées se rétractent dans les portières et n’en sortent qu’à l’approche du conducteur. Autant dire que devant les passants, qu’ils soient touristes ou Parisiens, le dispositif fait son effet.

2 – Parce qu’on peut attaquer en virage ET écouter les oiseaux chanter

En bonne voiture électrique, la Model S ne produit aucun son comparable au reste du parc automobile équipé de moteurs thermiques. Oubliez les tracteurs diesel ou même les grosses cylindrées essence ronflantes. Désormais, la performance ne rime plus avec le bruit. En écrasant l’accélérateur, seul le gentil grésillement des moteurs électriques se fait entendre. Un silence qui permet de se concentrer pleinement sur les sensations caractéristiques de la Tesla.

Image 3 : [Test] Tesla Model S : électrisante !La Model S se fond dans le paysage, sans un bruit de moteur et une GoPro sur le toitContrairement à Renault qui a équipé la Zoé de haut-parleurs diffusant une mélodie distinctive à basses vitesses, l’Américaine joue la carte de la discrétion. L’insonorisation est remarquable, un point crucial sur une voiture électrique. Une force sur les grands axes, qui permet de limiter les bruits de roulement et apprécier d’autant plus la discussion avec ses passagers ou la musique à bord.

Mais le meilleur dans tout cela, c’est qu’une fois l’immense toit ouvrant déployé (le plus grand existant sur une berline), on peut tranquillement écouter le chant des oiseaux ponctuant les enchainements de la côte aux 17 tournants que nous avons décidé d’arpenter à l’aide de la Model S. De quoi garder la tête froide pour ne pas confondre vitesse et précipitation, sans polluer ne serait-ce qu’une seconde.

3 – Parce qu’on n’a plus peur de partir en weekend

Au risque de se répéter, la puissance et l’autonomie de la Tesla n’ont rien de comparable avec le reste de la production automobile. L’inquiétude de la panne qui règne à bord des autres voitures électriques n’existe tout simplement pas dans la Model S. Une fois Paris dans le rétroviseur, l’indicateur d’autonomie dépassant les 400 kilomètres rassure et on n’hésite même pas à se lancer sur autoroute. Ces dernières ne lui font pas peur, mieux ; elle en raffole ! Un petit weekend en Normandie n’a plus rien d’utopique, bien au contraire. Et nous ne parlons pas seulement d’aller jusqu’à Deauville, mais également d’en revenir, le tout avec un seul et unique « plein ».

Image 4 : [Test] Tesla Model S : électrisante !Sur une prise classique, la charge prend jusqu’à 20 heures !Malheureusement, avec 480 kilomètres annoncés pour une charge (plus du double de n’importe quelle voiture électrique actuelle de la concurrence), les vacances sur la Cote d’Azur ne sont pas pour tout de suite. Il faudra attendre le développement du système de recharge rapide de Tesla en France, les Supercharger. Elles sont en mesure de remplir 80 % de la batterie en seulement 30 minutes… le tout gratuitement. Ces bornes arriveront progressivement en Europe, la première sera réservée à la Norvège. Aux États-Unis, le dispositif commence à être conséquent et pourra bientôt permettre aux conducteurs de traverser le pays en sautant de borne en borne.

Image 5 : [Test] Tesla Model S : électrisante !La batterie de la Model S, 700 kilos sur la balanceDe notre côté de l’Atlantique, il faut se contenter pour l’instant d’un système de charge conventionnel : soit à la prise classique, ce qui prend beaucoup trop de temps (20 heures !), soit avec un boitier spécifique à installer chez soi, mais facturé 2 000 euros réduisant la durée à 5 heures. Les batteries lithium-ion fournies par Panasonic affichent tout de même 85 kWh sur le modèle de notre essai (700 kilos sur la balance), amusant à comparer aux 22 kWh d’une Renault Zoé. Mais contrairement à cette dernière, la Model S peut se brancher absolument partout, y compris sur les bornes Autolib.

Image 6 : [Test] Tesla Model S : électrisante !Entre les Autolib et cette Tesla, il existe un point commun : elles peuvent se brancher à une même priseSi une telle puissance peut inquiéter d’autant plus que l’on est littéralement « assis dessus », sachez qu’en cas d’accident, l’alimentation est automatiquement coupée pour anticiper tout problème. Et pour éviter toute surchauffe, les « piles » sont gardées au frais par un système de refroidissement liquide.

4 – Parce qu’un écran de PC remplace le tableau de bord

Une fois confortablement installé dans les fauteuils en alcantara de notre Model S, il est impossible de rater l’immense écran 17 pouces qui trône en lieu et place de la console centrale. Depuis cette tablette géante, il n’est pas simplement question de navigation ou de régler la radio : c’est l’ensemble de la voiture qui y est configurable. Elle s’utilise de la même manière qu’un iPad, dans une fluidité moins évidente par contre. Un modem compatible 4G s’occupe les interactions avec le web, de l’explorateur internet au GPS.

Image 7 : [Test] Tesla Model S : électrisante !L’immense écran de 17 pouces trône au milieu de l’habitacleLes menus sont au moins aussi vastes que sur une tablette Android tandis que son inclinaison portrait permet de faire cohabiter jusqu’à deux applications simultanément. Le multitâche ne souffre d’aucun ralentissement, tant que l’on ne touche pas au navigateur web. Ce dernier est à la traine dès que l’on quitte Google, les sites plus chargés mettent à mal le matériel, pourtant propulsé par deux puces Tegra 3 de Nivida.

Les autres applications sont accessibles en permanence en raccourci sur la partie supérieure de l’écran. Elles sont développées en interne et Tesla n’a pour l’instant pas l’intention d’ouvrir la plateforme aux développeurs. On note la présence de gestionnaire de média (radio, musique, etc.) tandis que la navigation GPS est confiée à Google Maps. On regrette d’ailleurs que la carte ne soit pas inclinable, avec une orientation au nord statique, et qu’une connexion internet soit indispensable pour paramétrer un itinéraire.

Image 8 : [Test] Tesla Model S : électrisante !Le menu de réglage de la voitureParmi les menus plus exotiques, l’un est dédié à la gestion de l’énergie en mesurant les dépenses et les économies réalisé grâce au système de récupération d’énergie. Une caméra de recul implantée sur l’arrière est accessible à tout moment, une fonction bien pratique compte tenu de la faible visibilité de la lunette arrière.

Mais le plus fascinant vient des réglages de la voiture. Tout est contrôlable depuis l’écran : la climatisation, la hauteur des suspensions, la puissance de la récupération d’énergie, l’ouverture du toit ouvrant, l’intensité des phares… Différents profils sont accessibles pour adapter ces préférences selon le conducteur. De la même manière que sur un smartphone, un système de notification alerte lorsqu’un élément nécessite son attention. Typiquement pendant de notre essai, le faible niveau du liquide lave-glace nous a été indiqué.

5 – Parce qu’elle se met à jour plus régulièrement qu’un téléphone

L’application mobile Tesla Model S

Image 9 : [Test] Tesla Model S : électrisante !Une application est disponible pour Android et iOS aux possesseurs de Model S. Elle leur permet de prendre le contrôle à distance de la voiture et d’activer certaines fonctions telles que l’ouverture du toit ouvrant, le préchauffage de l’habitacle ou plus simplement la fermeture des portes. L’application garantie également un contrôle de la charge et de vérifier le temps restant avant remplissage des batteries.

Cerise sur le gâteau et au même titre que les appareils qui ponctuent notre quotidien, le logiciel qui anime la Model S est régulièrement mis à jour via le réseau mobile, apportant son lot de nouvelles fonctionnalités au passage. Dernièrement, un dispositif de mémorisation de la position du fauteuil conducteur a été implanté. Et puisque l’ensemble de la voiture est géré par l’électronique, les possibilités d’évolution sont encore importantes.

D’ailleurs, la tablette centrale n’est pas le seul écran à bord. Le traditionnel bloc d’instrument et vieillissantes aiguilles (compteur, etc.) sont remplacés par un large affichage regorgeant de données. Au milieu, un cercle donne accès aux informations principales telles que la vitesse ou la puissance exploitée / récupérée (en kW sur notre modèle de test). Autour se trouvent des aperçus des différentes applications que l’on sélectionne en tournant les molettes placées de chaque côté du volant. Malgré la quantité impressionnante d’informations, l’ensemble reste parfaitement lisible grâce à une taille généreuse et une fluidité de fonctionnement irréprochable.Image 10 : [Test] Tesla Model S : électrisante !Encore un écran, qui fait ici office de compteur

On regrette simplement qu’il n’y ait que deux ports USB pour y connecter ses appareils, d’autant plus que la Model S regorge de rangements grâce aux placements des moteurs électriques et des batteries. Ainsi, ce n’est pas un, mais deux coffres qui seront à remplir à l’avant et l’arrière pour les affaires de la famille. Lorsque l’on monte pour la première fois à bord, l’espace entre le conducteur et le passager étonne et se révèle surtout pratique pour y vider bien plus que le contenu de ses poches.

Conclusion

On pourrait encore passer du temps à décrire les spécificités de la Model S. Elle ne se conduit par exemple pas de la même manière que d’autres voitures, à cause à un système de gestion de l’accélérateur atypique : lorsqu’il est relâché, la voiture est automatiquement freinée grâce à une configuration spécifique de la récupération d’énergie. Alors bien sûr, pas autant qu’avec la pédale dédiée, mais suffisamment pour l’oublier sur un rythme urbain. Puisque tout le monde pourrait ne pas apprécier, ce dispositif est désactivable depuis les menus. Et que dire de la clé, qui n’est ni plus ni moins qu’un modèle réduit de la Model S ? C’est toute la manière d’interagir avec cette auto qui est novatrice, de ses réglages sur les immenses écrans, à ses performances et son autonomie. 

Reste tout de même la question du tarif : la Model S débute à 64 760 euros pour la version 60 kWh et atteint les 89 400 euros pour le modèle P85 de notre essai. C’est tout de même moins cher qu’une berline Porsche aux prétentions moins avant-gardistes. Le prix à payer pour expérimenter la voiture du futur, qui procure des sensations pour certaines inédites et qui peut aspirer à vraiment changer le monde de l’automobile.