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Trop de censure sur Digg.com !

L’intérêt du Web 2.0 est qu’il donne plus que jamais la parole aux internautes. Chacun peut créer, partager et enrichir l’information. Digg.com fait partie de ces sites sur lesquels les internautes sont rois, et publient l’information qu’ils jugent intéressante. Les autres internautes peuvent alors voter selon l’intérêt porté au sujet, et voilà comment on devient populaire sur la toile. Seulement voilà, les utilisateurs de Digg.com sont sensibles, et le site vient d’apprendre à ses dépens qu’il ne fallait pas les irriter…

Une censure trop facile

La semaine dernière, un billet était posté sur le site Digg.com. Il décrivait comment, par un heureux hasard, un internaute américain a découvert une clé de déchiffrage de l’AACS, le système de protection équipant le Blu-Ray et le HD DVD. Bien sûr, posséder cette clé peut conduire au contournement de la protection des disques, et ouvrir toutes les portes au piratage (ou à la copie privée, suivant le nom que l’on décide d’employer). Et bien entendu, la clé de chiffrement était indiquée en toutes lettres au milieu de l’article, ce qui a mis les modérateurs de Digg.com dans une situation bien embarrassante.

Le site a alors aussitôt retiré la clé de chiffrement présente sur son site. La raison de cette censure arbitraire ? La crainte de représailles de la part des majors de l’industrie du cinéma, qui pourraient voir d’un très mauvais oeil qu’une telle information circule librement sur Internet. Mais voilà, la machine Internet était lancée et avait déjà commencé à faire son office. Les utilisateurs de Digg.com ont multiplié les messages contenant ladite clé, de telle manière qu’il soit impossible à Digg de tout supprimer. En quelques heures, le site s’est trouvé submergé de cette fameuse clé, qui se trouvait dans chaque article de la page d’accueil. Digg a fini par céder, et a donc donné raison aux internautes.

Les internautes font plier Digg

« Après avoir vu des centaines d’articles et lu des centaines de commentaires, vous avez rendu le message très clair », explique Kevin Rose, fondateur de Digg. « Vous préférez voir Digg fermer en combattant, que de voir le site courber l’échine face à une plus grosse entreprise. Nous vous avons entendu, et dorénavant, nous ne supprimerons plus les articles et les commentaires contenant le code, et nous gèrerons toutes les conséquences quelles qu’elles soient » a-t-il terminé. L’ampleur de la démarche a bien entendu largement débordé de Digg.com, puisqu’aujourd’hui, même des sites Internet sont dédiés au fameux numéro, et le portent en tant qu’adresse d’accès.

Voilà qui relance de fort belle manière le débat de la liberté d’expression sur Internet, en même temps que celui sur la copie privée, deux sujets dont vous n’avez pas fini de parler.